Energy Observer en Tunisie

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Vendredi 27 avril 2018, Energy Observer, le premier navire électrique propulsé aux énergies renouvelables et à l’hydrogène, a fait escale en Tunisie, première étape sur la rive sud de son Odyssée  Méditerranéenne et premier contact avec le continent Africain. L’occasion pour l’équipe Energy Observer – menée par Victorien Erussard, fondateur et capitaine, et Jérôme Delafosse, chef d’expédition –d’explorer ce pays en pleine mutation et  première démocratie post Printemps Arabe, à la découverte d’initiatives locales. Leur but : sensibiliser citoyens, entrepreneurs, politiques aux enjeux environnementaux de la Méditerranée.

PREMIERE ESCALE AFRICAINE D’ENERGY OBSERVER

© Energy Observer

Après  50 heures de navigation au départ de Cagliari en Sardaigne, et après avoir doublé l’ïle de Zembra, réserve de Biosphère de l’Unesco, le navire a touché la Tunisie à Gammarth le 19 avril dernier.

« La Mer Méditerranée est un laboratoire du changement climatique, car elle concentre les enjeux environnementaux majeurs du XXIème siècle. La Tunisie était une étape essentielle pour nous permettre de découvrir une réalité climatique  territoriale, et sociale nouvelle » explique Victorien Erussard.

« Comme la plupart des pays méditerranéens, la Tunisie subit une forte pression environnementale. Pollutions multiformes, montée des eaux, destruction du littoral, désertification liée au changement climatique et à l’activité humaine, tels sont les défis à relever par ce pays magnifique » poursuit Jérôme Delafosse, chef d’expédition d’Energy Observer.

 

UNE ESCALE DEDIÉE A LA RENCONTRE D’INITIATIVES LOCALES ET DE PERSONNALITES ENGAGÉES POUR LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE.

Depuis l’avènement de la démocratie, la Tunisie a vu émerger des associations qui se sont fixé pour objectif de relever les défis environnementaux et protester contre les sources de pollution massives. Ce sont ces initiatives locales que l’équipage est allé découvrir dans le cadre des tournages de la collection documentaire l’Odyssée pour le Futur,  diffusée à partir à l’automne 2018 sur Planète+.

Dans la zone humide de Ghar El Melh, Bizerte, les acteurs locaux du WWF se mobilisent pour préserver cet écosystème fragile et menacé par la montée des eaux et l’urbanisation sauvage. Elle recèle une technique ancestrale d’irrigation des cultures « El Gattaya » qui utilise le phénomène des marées. Elle est également une zone de prédilection pour les pêcheurs locaux qui pratiquent leur activité dans le respect  de l’environnement mais dont l’avenir est menacé par le déversement des eaux usées dans la lagune.

L’équipe Energy Observer s’est ensuite rendue dans la région de Gabès pour découvrir l’action de sauvegarde de l’Oasis maritime de Chenini, en compagnie de Mabrouk Jabri, Président de l’association Terre et Humanisme et proche de Pierre Rabhi, qui œuvre pour la transmission des techniques d’agroécologie et l’autonomie alimentaire. Il est l’une des grandes voix du développement durable, muselée sous la dictature de Ben Ali.

Des rencontres inspirantes, pour les explorateurs du futur : « Mabrouk Jabri nous a fait découvrir cette Oasis, lourdement impactée par l’épuisement des nappes phréatiques, et les efforts de citoyens pour tenter de sauver l’un des piliers de la culture tunisienne. Il fait preuve d’un optimisme modéré, quant à l’espoir de sauver cette culture oasienne, mais  il refuse de baisser les bras et continue, avec une autre association l’ASOC, la lutte pour sauver ce patrimoine et le transmettre aux jeunes générations. » raconte Jérôme Delafosse.

« Nous avons été conquis par l’hospitalité, l’ouverture d’esprit et la conscience politique et écologique  des femmes et des hommes que nous avons rencontré. Les Tunisiens ont accueilli Energy Observer comme un navire porteur d’espoir et c’est un véritable honneur pour nous, » ajoute Victorien Erussard.

Energy Observer a quitté les côtes tunisiennes le mardi 24 avril à 14H pour rejoindre l’Ile de Malte, qu’il a atteint jeudi 26 avril au soir. Le navire reviendra en Afrique du Nord en septembre prochain pour aller à la découverte du Maroc et de l’Algérie.

L’étape tunisienne d’Energy Observer, en chiffres
> 1000 km parcourus de Tunis à Tataouine aux portes du Sahara
> 1 zone de biosphère de l’Unesco visitée :  l’île de Zembra.
> 6 jours sur place à la rencontre des initiatives locales
> 2 lieux menacés visités : l’Oasis de Chenini, et les zones humides de Garh el Melh.
> 1 prédiction : sans action immédiate, les Nations Unies estiment que d’ici 2045, 135 millions de personnes devront émigrer à cause de la désertification – la région du Sahara-Sahel sera la plus touchée.

À propos d’Energy Observer :
Energy Observer est le premier navire hydrogène autonome en énergie sans émission de gaz à effet de serre ni particules fines. Ce navire du futur à propulsion électrique fonctionne grâce à un mix d’énergies renouvelables et un système de production d’hydrogène décarbonée à partir de l’eau de mer. Ce défi technologique et scientifique a pour ambition de tester en conditions extrêmes des technologies de pointe préfigurant les réseaux énergétiques de demain, applicables en milieu terrestre. Energy Observer accomplit actuellement une odyssée pour le futur de six ans (2017-2022), 50 pays, 101 escales, afin de sensibiliser le grand public aux thèmes majeurs de la transition écologique, notamment les énergies renouvelables, la biodiversité, la mobilité et l’économie circulaire, lors de ses escales sur son village itinérant, sur les réseaux sociaux et à travers une collection documentaire. Ce tour du monde est mené par Victorien Erussard, fondateur et capitaine, et Jérôme Delafosse, chef d’expédition et réalisateur de documentaires.

 

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