Transat AG2R : Sébastien Simon « On y a cru jusqu’au bout »

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Vendredi 11 mai 2018, Ce vendredi, à 1h57 heure de Paris, Sébastien Simon et Morgan Lagravière ont franchi la ligne d’arrivée de la 14eTransat AG2R La Mondiale, terminant ainsi en deuxième position, une heure et neuf minutes derrière le duo Adrien Hardy – Thomas Ruyant. Indiscutablement l’un des grands animateurs de la course pendant ces 18 jours de mer, le tandem de Bretagne – CMB Performance termine l’épreuve avec la satisfaction du travail bien fait et le sentiment d’avoir tout donné. De fait, après avoir été en tête dès le début du golfe de Gascogne, le binôme a longtemps dominé les débats avant de tenter une option pour le moins audacieuse en piquant vers l’île la plus occidentale des Canaries alors que le gros de la concurrence filait plus au sud pour accrocher les alizés. Un choix payant, même si la paire d’AGIR Recouvrement a finalement remporté la mise en persistant plus dans l’ouest. Le point à chaud.

Sébastien, quel sentiment domine à l’arrivée ?

© Alexis Courcoux

« J’avais dit au départ que le but, c’était d’arriver à Saint-Barth sans aucun regret. C’est le cas. Avec Morgan, si on devait refaire la course, on reprendrait exactement les mêmes décisions. On termine deuxième, ce qui est une jolie performance. On est content. La transat a vraiment été harassante mais on n’a jamais rien lâché. On s’est relayé le plus souvent possible, à un rythme pas du tout régulier mais simplement en s’écoutant l’un et l’autre, afin de garder un maximum de fraîcheur. On s’est vraiment battu comme des malades et les sargasses ne nous ont pas simplifié la tâche. Il y en avait partout et ça a franchement été l’horreur par moments. Au final, on n’a pas eu une minute pour nous. On est bien content d’arriver car mine de rien, une traversée de l’Atlantique en Figaro, c’est long. L’accueil que l’on a reçu en arrivant Gustavia a été génial. On a même eu des gens pour nous accueillir sur l’eau. Ça a été assez fort en émotions. »

 

Qu’avez-vous trouvé le plus difficile pendant cette course ?

« Ça a été dur car la flotte s’est beaucoup étalée en latéral. Ce n’est jamais simple de contrôler les autres quand on n’est pas au contact et c’est pire quand on ne les voit jamais. On n’a aucun élément de comparaison mais il faut garder le rythme. Les trois derniers jours ont également été assez difficiles. On termine dix milles derrière Adrien et Thomas mais on s’est battu comme si on avait 200 mètres d’écart avec eux. On y a toujours cru. Quand on est sur l’eau, on y croit toujours. On a vraiment gardé espoir jusqu’au bout. On se disait qu’avec les algues et l’instabilité de l’air, ça pouvait changer la donne. En ce qui nous concerne, on a chopé énormément de grains pendant la nuit. Malheureusement, ça a rarement été à notre avantage puisqu’on a toujours été ralenti alors que plus au nord, Adrien et Thomas nous ont dit que ça n’avait pas été leur cas et qu’ils n’en avaient quasiment pas eu. »

 

Que retiendrez vous de cette transat ?

« Qu’on est resté dans le trio de tête constamment et qu’on a joué nos options. Aux Canaries, ça n’a pas été facile parce qu’on est resté pendant une quinzaine d’heures avec peu de vent et l’impression d’être nettement moins rapide que les autres. Ça a été une période très frustrante. Globalement, on a joué la carte de la prudence en restant un peu toujours sur des trajectoires intermédiaires. On a vu l’option nord aussi, mais on la trouvait trop risquée et on est resté assez conservateur. Comme je l’ai dit, on ne regrette pas. On a tout donné. On a dépensé beaucoup d’énergie pour gagner le petit dixième de mille qui va bien du début à la fin. A présent, on va profiter du temps qu’on a à passer à Saint-Barth et de l’accueil qui nous y est réservé. »

 

Les mots de Morgan Lagravière : « L’accueil à Saint-Barth est incroyable. Les gens sont vraiment au top. Ça fait du bien d’arriver et d’arriver dans ces conditions. Avec Seb, on termine vraiment avec le sentiment d’avoir fait au mieux et si on devait réécrire notre copie, on referait les mêmes choses au niveau stratégique en jouant de nouveau la prudence sur une position centrale. On a joué la gagne et on y a cru jusqu’à la fin. On finit en s’étant donné à 100% et une deuxième place, c’est très bien. »

 

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