L’odyssée pour le futur d’Energy Observer à Athènes

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Mercredi 20 juin 2018, Energy Observer, le premier navire propulsé aux énergies renouvelables et à l’hydrogène, est arrivé à Athènes en Grèce, vingtième étape de son tour du monde. Depuis son départ de Saint-Malo en juin dernier, Energy Observer a déjà parcouru plus de 7000 milles nautiques, sans émission de gaz à effet de serre ni particules fines à la rencontre des pionniers qui innovent pour la transition écologique. Après une navigation houleuse à travers la mer Egée, le navire atteint le Péloponnèse. Il fera escale dans la Marina de Flisvos pour rencontrer les Athéniens jusqu’au 23 juin 2018.

Cap sur Athènes

© Energy Observer

Depuis le 28 mars, Energy Observer navigue en Méditerranée. Après la Tunisie, Israël et Chypre, le navire a voyagé à travers  les îles grecques, de la Crète au Dodécanèse jusqu’aux Cyclades, pour tourner sa série documentaire « l’Odyssée pour le futur » à la rencontre des pionniers qui œuvrent pour une planète plus propre et plus solidaire. Parti de Mykonos lundi 18 juin à 15h, l’équipage a rejoint Athènes le mardi 19 juin à 12h00 après avoir parcouru 90 milles nautiques au cours d’une navigation de 21 heures. Le navire  restera 5 jours à Athènes pour faire découvrir au public les technologies embarquées du premier navire hydrogène autour du monde, laboratoire des énergies de demain, et pour rencontrer des pionniers locaux de la transition écologique, et ainsi faire le bilan sur les innovations découvertes lors des navigations en Grèce.

La Grèce, un archipel aux nombreuses initiatives vertes et solidaires.

Le pays qui fait face à la plus grave crise économique de son histoire doit aujourd’hui faire face à des enjeux environnementaux majeurs –  stress hydrique, pollution, tourisme de masse, trafic maritime intense, préservation d’une Méditerranée plus vulnérable que jamais. Comment faire valoir la cause environnementale dans le contexte actuel ? Un défi complexe à relever pour les acteurs de la transition, et illustrant bien pour l’équipage les interconnexions entre les 17 objectifs de développement durable adoptés par l’ONU et dont le navire est le premier ambassadeur français. Car beaucoup sont en effet convaincus que la protection des écosystèmes, la transition énergétique, et la reconversion d’anciennes entreprises peuvent permettre de tisser un nouveau lien social, créer de la valeur et à terme améliorer sensiblement la situation du pays. Ce sont ces thématiques qu’a souhaité explorer l’équipe d’Energy Observer menée par Victorien Erussard et Jérôme Delafosse pendant la traversée des îles grecques.

« Notre Odyssée dans les iles grecques nous a permis de prendre la mesure du potentiel incroyable des énergies renouvelables, en particulier à Tilos une île de 700 habitants bientôt autonome grâce à une unique éolienne et quelques panneaux solaires. Cet exemple qui devrait être reproduit dans tout l’archipel montre que la révolution énergétique est bien à portée de main, sans pour autant faire l’impasse sur des politiques sociales et solidaires engagées», explique Victorien Erussard.

« En Grèce nous avons découvert un peuple qui, malgré la crise apprend peu à peu à se réinventer. En développant de nombreux projets environnementaux et sociaux à l’échelle locale,  ils ont amorcé le retour d’une activité économique souvent plus solidaire,  qui prouve bien qu’un autre monde est possible », raconte Jérôme Delafosse.

Tilos, la petite ile grecque avant-gardiste

Tilos est l’île des avant-gardes et des prises de risques politiques. Depuis 2017, l’ile d’à peine 65 kilomètres carrés est la première en Méditerranée à produire la quasi-totalité de son électricité à partir d’énergies renouvelables. L’enjeu aujourd’hui est de pouvoir étendre la production de l’énergie verte à toute l’ile, et pour tous les habitants de l’île en 2019.  En parallèle, la municipalité a engagé une politique d’accueil des migrants temporaire pour les 7500 d’entre eux qui sont passés par l’île depuis le début de la crise migratoire, mais aussi permanente avec l’installation définitive de 5 familles aujourd’hui pleinement intégrées à la population locale.

Autour de Thessalonique, les énergies renouvelables face au charbon

Autour de la ville de Thessalonique, deux projets contradictoires illustrent la volonté de transition écologique face à la réalité économique de la Grèce. À Larissa, le projet de Greenpeace « solaire social » expérimente un réseau énergétique novateur : des panneaux solaires installés sur une école qui permettent d’alimenter un foyer pour mineurs non loin de là, répondant ainsi à la fois aux ODD 7 pour une énergie propre et d’un coût abordable, et 4 pour une éducation de qualité.
A quelques kilomètres, la mine de charbon de Ptolemaida témoigne d’une tout autre réalité. Dévorant terre et village, polluant l’air, cette usine tue à petit feu les hommes qui y travaillent. Beaucoup y sacrifient leur santé pour un maigre salaire de 680 euros par mois alors que d’autres ont dû abandonner leurs terres et leurs maisons engloutis par la mine en expansion. Un exemple poignant illustrant que l’accès à l’énergie au détriment d’un travail décent et de la bonne santé des habitants, est un défi majeur encore à relever par bon nombre de pays Méditerranéens.

Des initiatives à l’image du renouveau économique grec

Sur l’ancienne base militaire de Karatasou, aux portes de la ville de Thessalonique, s’étendent sur plus de 700 000 mètres carrés les jardins Perkas. Après l’abandon de la base en 2003 et suite à l’augmentation de la demande de produits locaux et respectueux de l’environnement, le réseau Homotrapesis (littéralement “manger à la même table”) a eu l’idée de créer des jardins communautaires sur place. Concombres, choux, carottes et autres légumes y poussent sans intrants chimiques, dans une culture parfaitement biologique, et seules les variétés paysannes, libres de toute propriété intellectuelle, y sont autorisées. Les légumes cultivés sont partagés entre les membres du collectifs et les plus démunis : rien ne se vend tout se partage. Ces jardins Perka permettent aux jardiniers, pour la plupart retraités ou chômeurs, de garder une activité mais aussi de recréer du lien social. L’association espère pérenniser ses activités et les étendre à d’autres jardins, qui constituent l’exemple marquant d’un renouveau social permettant un travail décent (ODD 8), contribuant à l’objectif de faim zéro (ODD2) tout en s’inscrivant dans un cycle de consommation et production responsables (ODD 12).

L’équipage a également rencontré Vio Me, une usine auto gérée qui vend aujourd’hui des savons et des produits ménagers écologiques dans toute la Grèce, ou encore Oraion Depo, un espace social de liberté, parfait exemple d’autogestion collective qui se positionne comme le relais des luttes sociales grecques.

Archipelagos : une rencontre sous le signe de la biodiversité

Le voyage d’Energy Observer à travers les îles grecques a également permis à l’équipage de découvrir un patrimoine naturel marin époustouflant qu’Archipelagos s’efforce de protéger. L’ONG Institut de Conservation Marine se consacre ainsi à la recherche et à la défense de la biodiversité des mers et des îles grecques, et de l’ensemble du bassin méditerranéen. Depuis 1998, Archipelagos effectue des travaux de conservation multidimensionnels associant des expéditions de recherche, des enquêtes sur le terrain et des travaux de laboratoire, en étroite collaboration avec les communautés locales, les décideurs politiques nationaux et européens et les médias dans leur ensemble :
– Recueil des données sur le comportement marin
– Etude sur les conséquences de la pollution plastique mais aussi sonore
– Projet de création d’un sanctuaire de la vie marine égéenne pour la réhabilitation de la flore marine
– Sensibilisation des populations locales à travers des actions de science citoyenne

Ces actions démontrent une vision globale de la protection de la biodiversité, en impliquant l’ensemble des acteurs et des savoirs faire.

Athènes, dernière escale Grècque

La capitale de la Grèce marquera le point final d’une Odyssée de près de trois semaines à travers le pays, l’une des plus longues de l’expédition. L’escale sera donc placée sous le signe de la rencontre avec le public, mais aussi avec les autorités locales, les acteurs économiques locaux et les partenaires, qui se sont tous réunis pour accueillir Energy Observer et rappeler leur soutien à cette initiative.

A l’occasion de la conférence de presse organisée au bateau ce mardi 19 juin, l’Ambassadeur de France Christophe Chantepy a salué le caractère audacieux et exemplaire du projet qui incarne l’avenir grâce à ses technologies écologiques innovantes. Il a notamment souligné combien l’initiative Energy observer s’inscrivait dans le contexte des efforts entrepris par la France pour contribuer de manière concrète à la lutte internationale contre les effets du changement climatique.

D’autres acteurs, partenaires du projet, ont également tenu à venir accueillir le navire, tels que Engie Hellas, Toyota ou encore Trygons, dont l’écorunner est venu escorter le navire à son arrivée.

“ENGIE s’engage pour des progrès harmonieux. A l’instar de Energy Observer, nous voulons montrer, notamment à travers les solutions que nous développons, que l’humanité peut progresser, financièrement, technologiquement, dans le respect de l’innovation, sans affecter l’environnement. Les Grecs sont profondément attachés aux mers et s’efforcent de trouver des solutions pour lutter contre la pollution des mers et des océans. Nous souhaitons avoir plus de bateaux et d’initiatives comme Energy Observer et nous, ENGIE, sommes fiers d’être partenaires de cette odyssée unique. ”

George Daniolos, ENGIE HELLAS CEO

“Nous sommes vraiment heureux d’avoir l’opportunité d’accueillir dans notre pays, et plus particulièrement à Flisvos Marina, le navire Energy Observer, un projet qui vise à évoluer vers des villes et des communautés durables et à améliorer la qualité de vie des gens. Toyota est une entreprise qui a 90 ans d’histoire et un engagement dans le développement de la mobilité au profit des sociétés du monde entier. L’adoption de solutions alternatives de mobilité durable fait partie intégrante de notre stratégie, comme le prouve la production en série de voitures électriques hybrides sur les marchés du monde et les progrès constants de la technologie des piles à hydrogène. Notre soutien à Energy Observer repose sur la vision commune des deux entreprises pour l’avenir de la mobilité et sur le fait que cette opération représente un projet particulièrement ambitieux et extrêmement innovant, directement lié à la vision globale de Toyota ”

Aristeidis Aravanis – Chairman & CEO Toyota Hellas sa

À Athènes, d’autres rendez-vous avec les autorités locales et des lycées viendront rythmer l’escale, qui se déroulera à la Marina de Flisvos. Le navire y sera visible mais non accessible au public jusqu’au 23 juin, avant de reprendre la mer en direction de l’Albanie.

Le premier ambassadeur français des Objectifs de Développement Durable continue son périple en Méditerranée pour une planète solidaire

Les rencontres réalisées en Grèce seront mises en image dans le cadre de la réalisation de la série documentaire « L’Odyssée pour le futur », diffusée par le groupe Canal+ à la rentrée 2018. Mais aussi dans une web série sur les solutions concrètes et applicables, pour témoigner de la mise en œuvre des 17 Objectifs de Développement Durable adoptés en 2015 par l’ONU, partout dans le monde, et dont Victorien Erussard est le premier ambassadeur pour la France.

 

À propos d’Energy Observer
Energy Observer est le premier navire hydrogène autonome en énergie sans émission de gaz à effet de serre ni particules fines. Ce navire du futur à propulsion électrique fonctionne grâce à un mix d’énergies renouvelables et un système de production d’hydrogène décarbonée à partir de l’eau de mer. Ce défi technologique et scientifique a pour ambition de tester en conditions extrêmes des technologies de pointe préfigurant les réseaux énergétiques de demain, applicables en milieu terrestre.

Energy Observer accomplit actuellement une Odyssée pour le futur de six ans (2017-2022), 50 pays, 101 escales, menée par Victorien Erussard, fondateur et capitaine, et Jérôme Delafosse, chef d’expédition et réalisateur de documentaires. Un tour du monde pour devenir une vitrine des innovations en matière de transition écologique, afin de sensibiliser le plus grand nombre sur les énergies renouvelables, la biodiversité, l’agroécologie, la mobilité ou encore l’économie circulaire, lors des escales sur son village itinérant, sur les réseaux sociaux et à travers une collection documentaire. Cette expédition du 21ème siècle a pour cap permanent la mise en œuvre des 17 objectifs de développement durable de l’ONU, dont Energy Observer est le premier ambassadeur pour la France.

Energy Observer a reçu le Haut Patronage de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française, ainsi que le soutien officiel de l’Union Européenne, l’UNESCO et l’IRENA.

 

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