Soutien aux 15 lycéens de Diwan Carhaix qui ont rendu leur copie de math en Breton au bac.

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Carhaix, samedi 30 juin 2018, Soutien aux 15 lycéens de Diwan Carhaix qui ont rendu leur copie de math en Breton au bac.

Jeudi 21 juin, Diwan a été convié à écouter le discours du président de la République sur le parvis de la cathédrale de Quimper. Emmanuel Macron a parlé d’un « respect attentif à l’héritage breton et donc aux langues de Bretagne » avant de s’engager à trouver « les bonnes solutions, peut-être les réformes institutionnelles ou d’organisation qui permettront de pérenniser ces enseignements » et d’annoncer qu’il sera « là aussi présent au rendez-vous ».

 

Quand, le lendemain, 15 lycéens ont révélé avoir composé leur épreuve de baccalauréat en mathématiques en langue bretonne, nous avons pris la mesure de l’engagement personnel qu’ils ont mis dans cette aspiration partagée par des centaines de lycéens actuels ou passés.

 

Leur cran nous a donné des frissons, certes. Mais au lendemain du discours présidentiel, nous avons imaginé qu’ils avaient trouvé au plus haut niveau de l’Etat, un soutien solide.  D’autant plus solide que passée l’émotion, les arguments rationnels ne manquent pas.

 

La loi permet aux élèves de composer en langue régionale. L’article L 121-3 du Code de l’Education stipule clairement que :

« La langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d’enseignement est le français. Des exceptions peuvent être justifiées :

« 1° Par les nécessités de l’enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères ; »

De plus, dans une République qui a fait du principe d’égalité un des piliers de son ordre juridique, il n’est pas admissible qu’on interdise à Carhaix ce qu’on permet à Bayonne. Depuis 2012, les lycéens de Seaska ont la possibilité de répondre à l’épreuve de mathématique en langue basque et de se faire corriger par des professeurs compétents à la fois en mathématiques et en langue régionale. La demande des lycéens de Diwan, demande qu’ils portent depuis plusieurs années, est donc légitime.

 

C’est ce point de vue que nous défendons intangiblement auprès des recteurs de l’académie de Rennes et c’est donc celui-là que nous avons défendu de nouveau, auprès de la nouvelle rectrice Armande Le Pellec-Muller, lorsque nous l’avons rencontrée pour la première fois en ce mois de juin.

 

Mais ces échanges feutrés de points de vue ne valent rien quand on est lycéen.

 

Quand on est lycéen, on vit les refus systématiques comme une injustice. Il faut l’entendre.

 

Oui, nous pouvons envisager la surprise, peut-être le courroux, de l’administration devant l’audace de ces jeunes.

 

Mais non, nous ne pouvons envisager que cette administration leur refuse ce ce que la loi permet.

 

Non, nous ne pouvons envisager que l’on refuse aux lycéens bretons ce qu’on organise au bénéfice des lycéens basques.

 

Non encore, nous ne pouvons accepter que les services rectoraux annoncent, selon la presse régionale, que « les parties de l’examen en breton ne seront pas corrigées ».

 

Et non, nous ne pouvons accepter que l’administration refuse de solliciter ses professeurs de mathématiques bretonnants pour mettre en place une correction équitable de 15 copies au baccalauréat.

De nombreuses voix se sont déjà élevées pour réclamer la correction de ces 15 copies. Diwan les remercie et en appelle à la raison et à l’équité pour que chaque candidat au baccalauréat obtienne la note que mérite son travail. Ni plus. Ni moins.

Pour la Bretagne,  Breizh War Raok !

1 COMMENTAIRE

  1. Pour avoir corrigé des centaines de copies de mathématiques d’étudiants de 1re année d’université, donc venant d’avoir leur bac, il faudrait que ces élèves du lycée de Carhaix aient une culture mathématique très au-dessus de la moyenne pour qu’on fasse la différence entre une copie de math rédigée en français et une copie de maths rédigée en breton.
    En effet, la part réservée à l’argumentation, qui se rédige (en français ou en breton), est pratiquement inexistante dans la très grande majorité des copies, au profit des équations qui, à ma connaissance, sont identiques en français et en breton !…
    Or la capacité des lycéens à argumenter en mathématique, d’une part est rarement sollicitée, et d’autre part, même quand elle est sollicitée, est rarement exhibée !…
    Bref !
    Beaucoup de bruit pour rien !…

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