Collectivités locales, rebellez-vous !

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mercredi 4 juillet 2018, Unser Land salue l’audace et le bon sens de la présidente du conseil départemental de la Creuse qui refuse toute participation, financière, technique ou humaine, du département à la fabrication et la pose des panneaux de limitation à 80 km/h, limitation décidée unilatéralement et imposée de manière indifférenciée par le gouvernement. Unser Land est en effet très réservé face à une mesure dont l’efficacité dans la lutte contre la mortalité routière est discutable et qui pénalise les zones rurales : les routes dites « secondaires » sont les principaux axes utilisés par la population. En choisissant l’exécution zélée des ordres de Paris, les présidents des conseils départementaux alsaciens ont manqué une occasion de défendre leur territoire.

Ils illustrent le rôle imparti aux collectivités locales dans la France jacobine : exécuter et payer. Certes un fonds de remboursement est prévu par l’État pour janvier 2019, mais « ce fonds sera pris sur le produit des amendes de police versées au département, des sommes que l’on versait aux communes pour financer des travaux de mise aux normes en termes de sécurité routière », a rappelé la présidente du conseil départemental de la Creuse (La Nouvelle République, 19.6.2018). Car c’est bien évidemment Paris qui engrange le produit des amendes et le gère à sa guise ! 1,97 milliard d’euros ont ainsi été récoltés en 2017, dont 438,8 millions affectés au paiement de la dette de l’État. Avec la limitation à 80 km/h, 400 millions de recettes supplémentaires devraient prendre le chemin des caisses parisiennes.

 

Les collectivités locales sont également utilisées comme « laboratoires ». Mais il ne s’agit pas d’expérimenter une gouvernance locale répondant aux vœux de la population ou aux réalités du terrain. Ainsi, les collectivités alsaciennes auraient pu repérer un certain nombre de tronçons accidentogènes et déterminer la meilleure manière d’y améliorer la sécurité des usagers. Que nenni ! La notion de « laboratoire » à la française est de toute autre nature : Paris applique à une portion d’hexagone une mesure discutable, voire franchement impopulaire, pour la généraliser ensuite, à petit feu, suscitant ainsi une opposition moindre. En l’occurrence, au prétexte de la sécurité routière, on introduit des voitures-radars privées, d’abord dans l’Eure, puis dans toute la Normandie et, enfin, en 2020, dans toute la France métropolitaine.

 

Unser Land s’insurge contre une régression à marche forcée vers l’Ancien Régime, avec le retour des fermiers généraux ou encore des brigands de grand chemin rançonnant les voyageurs.

 

La Collectivité d’Alsace réclamée par le parti alsacien (voir notre projet de collectivité à statut particulier : www.unserland.org) aura les moyens de s’affranchir de la tutelle abusive de Paris. Elle gérera elle-même tous les axes routiers et mettra en place une politique routière adaptée aux territoires, privilégiant la sécurité des usagers, et non la rentabilité des radars embarqués.

 

Andrée Munchenbach,

Présidente d’Unser Land

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