Les mandats d’arrêt européens contre les politiques catalans levés

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Vendredi 20 juillet 2018, Le juge Pablo Llarena a retiré les mandats d’arrêt européens contre Carles Puigdemont et le reste des politiques catalans exilés. Ils risquent toujours d’être arrêtés s’ils se rendent dans l’Etat espagnol.

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De nombreuses manifestations ont eu lieu en Catalogne pour la liberté des politiques catalans prisonniés et exilés. (@assemblea)

Le Tribunal suprême espagnol a refusé que Carles Puigdemont soit extradé pour être jugé seulement pour un détournement de fonds. Il a ainsi été contraint de retirer les mandats d’arrêt européens contre tous les responsables politiques catalans exilés en Europe.

Le juge, Pablo Llarena du Tribunal suprême espagnol, a dû prendre une décision tout en sachant qu’aucune des options était bonne pour lui. Etant donné que les juges allemands ont accepté d’extrader Carles Puigdemont seulement pour l’accusation de détournement de fonds, le magistrat n’a eu que deux possibilités. D’un côté, accepter l’extradition uniquement sur cette accusation, ce qui l’obligeait à retirer l’accusation de rébellion non seulement à C. Puigdemont mais aussi au reste des accusés. D’un autre côté, retirer le mandat d’arrêt européen contre C. Puigdemont et renoncer à le juger tant qu’il ne sera pas capturé sur le territoire espagnol. C’est finalement cette possibilité qui a été retenue. Tous les mandats d’arrêt européens ont ainsi été retirés.

Dans la pratique, les différents politiques catalans exilés pourront voyager dans n’importe quel pays sauf en Espagne, où ils seraient alors arrêtés. Les personnalités concernées sont Carles Puigdemont en Alemagne, Meritxell Serret, Lluís Puig et Toni Comín en Belgique, Clara Ponsatí en Ecosse et Marta Rovira en Suisse. C. Puigdemont a déjà annoncé qu’il va revenir s’installer à Bruxelles.

En plus des conséquences immédiates sur le sort des exilés et le coup contre la crédibilité de la justice espagnole, cette décision aura sans doute une influence sur le sort judiciaire des politiques catalans actuellement emprisonnés dans l’Etat espagnol. La justice espagnole, loin d’adoucir ses points de vue après ce camouflet, a même prétendu que le refus d’extradition est une raison qui renforce la pertinence de la privation de liberté des emprisonnés, car s’ils étaient libérés, ils pourraient s’enfuir en Europe et ne pas être jugés pour rébellion.

Dans son écrit de 21 pages, le juge P. Llarena déclare son mécontentement et sa frustration envers ses collègues belges et allemands. Il commence par critiquer le tribunal belge qui a refusé d’extrader M. Serret, L. Puig et T. Comin pour un vice de forme plutôt que d’avouer sa faute. Mais c’est aux tribunaux allemands que le juge réserve ses attaques les plus virulentes. Ainsi, il les accuse de “tenir compte de la déclaration de l’accusé (C. Puigdemont)”, c’est-à-dire de l’écouter. Il les attaque aussi sur leur décision d’étudier le dossier au lieu de simplement procéder à une extradition automatique comme il l’aurait souhaité. A la fin de son écrit, P. Llarena se plaint amèrement de ces décisions, car elles affaiblissent les accusations qui sont faites aux politiques catalans, accusés de rébellion, un délit qui peut entraîner jusqu’à 30 ans de prison.

Il faut rappeler qu’un tribunal de Schleswig-Holstein a refusé d’extrader C. Puigdemont sur l’accusation de rébellion, car ce délit implique une composante violente qu’il n’a pas jugé s’être produite.

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