57-le parti des Mosellans face aux déclarations du président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle

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Mardi 21 août 2018, dans une interview qui a suivi son communiqué de presse concernant la publication du rapport du préfet MARX,  Mathieu KLEIN, président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle  suggère une fusion des départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle. De manière péremptoire, il soutient qu’une entité Alsace-Moselle est « parfaitement inadaptée aux enjeux de la Lorraine du XXIème siècle » . Il n’apporte toutefois aucun argument à cette affirmation. Une telle entité n’aurait pas vocation à répondre aux « enjeux de la Lorraine du XXIème » mais bien à défendre et promouvoir, à long terme, les intérêts mosellans tant négligés par le Conseil régional de Lorraine contrôlé pendant deux mandatures successives par les camarades socialistes de Monsieur KLEIN.

La priorité de Mathieu KLEIN est claire : pérenniser le GrandEst. Il a soutenu la réforme territoriale de Hollande/Valls et la création d’une méga région artificielle contre la volonté des citoyens et sans la moindre consultation de ces derniers.  Aujourd’hui, il se verrait bien président d’un super département et prend prétexte des revendications alsaciennes pour tirer la couverture à lui. On attend la réaction de Patrick WEITEN.

 

Mathieu KLEIN refuse un statut particulier pour l’Alsace au motif que tout le monde doit jouer à armes égales.  Il omet le sens même de la différenciation territoriale qui n’a pas vocation à coller à des limites administratives régionales, a fortiori complément artificielles comme celles du GrandEst.  Il minimise aussi la volonté exprimée par une majorité d’Alsaciens d’avoir une collectivité à statut particulier en dehors du GrandEst. Le respect de la volonté des citoyens, même relayés par leurs élus, n’est pas le fort des socialistes. Les rapporteurs du Conseil de l’Europe ont naguère dénoncé l’absence de consultation des collectivités locales lors de la réforme territoriale de 2015 et conclu à une violation de l’article 5 de la Charte européenne de l’autonomie locale pourtant ratifiée par la France.

 

L’argument des coopérations interdépartementales avec le Luxembourg et l’Allemagne pour justifier l’idée d’une fusion Moselle/Meurthe et Moselle est spécieux. Nul besoin de fusionner pour avoir une stratégie luxembourgeoise commune. En outre, l’Est et le Sud mosellans ont autant besoin de coopérer avec l’Alsace que les parties du sillon lorrain entre elles. Une coopération de l’Alsace et de la Moselle avec leurs voisins allemands serait tout aussi efficace que celle d’un super département 57+54. La région Alsace et le département de la Moselle n’avaient d’ailleurs pas attendu M. KLEIN pour la développer.

 

Le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle fait le vœux pieux de mettre en place la première région trilingue de France. La politique de l’enseignement des langues de l’ère Hollande a été désastreuse et a sapé l’enseignement de l’allemand au niveau national. Au niveau régional, la majorité socialiste lorraine n’a pas fait mieux. Alors que le Conseil régional d’Alsace développait l’enseignement bilingue paritaire, la majorité socialiste lorraine a refusé pendant 10 ans de développer les classes bilingues paritaires malgré la demande. On n’a guère entendu Mathieu KLEIN dénoncer l’inertie de M. MASSERET sur ce dossier. Il est facile et démagogique, une fois dans l’opposition régionale et nationale, de promettre des choses que l’on a pas faites quand on le pouvait.

 

L’avenir de la Moselle n’est certainement pas dans une fusion des départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, suggérée par un élu animé par des ambitions personnelles. Les intérêts mosellans seront mieux défendus en dehors du GrandEst, dans une région Alsace-Moselle qui aura à cœur de développer, notamment, une vraie démocratie locale participative, la coopération transfrontalière, le bilinguisme paritaire et le droit local du XXI siècle.

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