Solitaire Urgo-Le Figaro : Chemin de croix vers Saint-Gilles ?

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Vendredi 7 septembre 2018, Grand classique météo d’une Solitaire URGO Figaro, la troisième manche entre l’Espagne et la Vendée va se jouer au louvoyage dans des conditions météo très incertaines. Un vaste système de hautes pressions s’est invité sur le proche atlantique pour les jours à venir, associé à une dépression thermique qui se ballade de la Galice au pays Basque. Dans cette tenaille météorologique, rallier la Vendée pourrait s’apparenter à un chemin de croix. Si les écarts au classement général sont conséquents, cette troisième manche a en tous cas la physionomie parfaite de l’étape chamboule-tout.

© Alexis Courcoux

Quand les modèles divergent, lorsque les barbules de vent se font si discrètes à l’écran que la route retour vers Saint-Gilles prend des allures de chemin de croix, faut-il invoquer les dieux ? Certains skippers en visite ce matin à Saint-Jacques de Compostelle ont peut-être brûlé un cierge pour y voir clair dans un scénario météo dont le baroque n’a rien à envier au fronton de la cathédrale.

 

 

De retour dans l’après-midi, après un premier rendez-vous avec leur cellule de routage, les 36 concurrents avaient rendez-vous au Real Club Nautico de Portosin pour le traditionnel briefing animé par Cyril Duchesne de Météo Consult.

 

Un golfe pas clair du tout
Pour le prévisionniste, « le vent risque d’être très faible au départ et devrait rentrer petit à petit dans l’après-midi lorsque le thermique va prendre le pas sur le vent synoptique de Nord-Est.  C’est ensuite une navigation au près, coincés entre une bordure anticyclonique pas très nette et la dépression thermique sur l’Espagne qui attend la flotte. Le vent sera très irrégulier et la mer de Nord-Ouest pourra rendre la progression difficile ».
Voilà les skippers prévenus même si le plus inconfortable ce soir est de constater que les modèles météo divergent largement. Lorsqu’Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire) questionnne au briefing sur la possibilité de passer la pointe de l’Espagne au portant, il fait implictement référence au modèle européen qui contredit ce soir encore le GFS américain. Alexis Loison à qui cette possibilité n’a pas non plus échappé explique : « La pointe espagnole escarpée modifie tellement le champs de vent que ça crée un tourbillon. Je crois que les modèles vont finir par se mettre d’accord sur un retour au Nord Est  mais après une phase de portant en dessous du cap Finisterre. En tous cas, ça peut faire une belle transition. »

Situation propice aux décalages
Quelle que soit la situation locale au passage de la pointe de Galice, c’est ensuite du près qui attend les concurrents pour rallier Saint-Gilles Croix de Vie. « On va louvoyer dans une étroite bande de vent. J’espère que les conditions permettront de se battre en vitesse et que ce ne sera pas trop aléatoire » déclarait au sortir du briefing Loïs Berrehar (Bretagne CMB Espoir), treizième au général et deuxième bizuth, tout proche de Thomas Cardrin. Personne ne se frotte les mains à l’idée d’une étape lente et sans doute pénible. A une première nuit sans doute blanche le long des côtes succèderont de longues heures de barre sous le soleil, bref les 10 litres d’eau autorisés à bord ne seront pas de trop. Pour ceux qui sont situés en deuxième partie de classement et n’ont plus grand chose à perdre au général,  cette  bagarre aléatoire sonne aussi comme une éventuelle promesse d’échappées pas simples à contrôler. Enfin, les incertitudes de l’arrivée vendéenne avec un coefficient de marée de 110 et la composante thermique du vent très variable selon l’heure de l’atterrissage peuvent rebattre bien des cartes. La Solitaire URGO le Figaro en a vu d’autres, mais le sort de cette 49ème édition pourrait bien se jouer quelque part au milieu de ce golfe pas très clair.

Ils ont dit :
Vincent Biarnès (Baie de Saint Brieuc), 23ème au classement général
« C’est un shéma assez flou, il y a cette dorsale qui va peut-être nous rattraper, très peu de vent pour finir à partir de mardi et un départ assez aléatoire demain. Certains fichiers annoncent du Sud, d’autres du Nord-Est, ce n’est pas simple d’y voir clair. Le début de course va être très tactique, c’est de la micro météo, il fadura bien comprendre ce que fait la dépression dont le centre est très proche d’ici aujourd’hui. Ce soir, on aura le fichier de minuit qui va préciser les choses et demain matin, on verra bien s’il ya du vent ou pas pour le parcours spectacle. Les reliefs sont importants et ceinturent la baie, ça peut jouer des tours. Il ne faut pas avoir pris de retard à la sortie. Il faudra être devant à mi-parcours si la dorsale nous rattrape car les premiers seront moins touchés et ça peut creuser énormément »

Alexis Loison (Custo Pol), 18ème au classement général
« C’est clair que ce ne sera pas clair ! Les modèles ne sont pas d’accord sur l’angle de vent au Finisterre et on parle de 180° de différence. On prendra ce qu’il y aura et on verra très vite quel fichier a raison. Ca c’est pour le début. Mais ensuite la traversée est très complqiuée car c’est que du louvoyage dans du très petit temps. Parfois, tu prends la bascule à l’ednroit mais le vent est très faible et tu n’es pas gagnant. C’est une histoire de compromis. L’arrivée est aussi incertaine. Si elle est en journée, il faudra attendre que ça chauffe bien sur la côte vendéenne. Certains peuvent toucher avant d’autres le thermque et partir avace, ça peut aussi être propice aux regroupements …»

Loïs Berrehar (Bretagne CMB Espoir), 13ème au classment général, deuxième bizuth
« On a hâte de voir les fichiers de demain pour avoir plus de certitudes. Il faut s’attendre à plein de rebondissements, j’ai l’impression que c’est l’ADN de cette Solitaire. On va louvoyer dans une étroite bande de vent. Je serais pas contre des conditions un peu régulières et une bataille de vitesse, mais on prendra ce qu’il yaura. J’aime bien le près, donc je suis pas trop trop inquiet. Je suis content de ma place au général, il y a des gars très forts derrière donc rien n’est joué. Ensuite, il y a le classement bizuth où rien n’est figé non plus. C’est vrai qu’il peut y avoir pas mal de changements à Saint Gilles. Le classement bizuth était un objectif mais se voir bien classé au scratch change un peu la donne. Evidemment, si je peux gagner sur tous les tableaux, je serai aux anges »

 

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