Solitaire Urgo-Le Figaro : Tampon à La Corogne

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Dimanche 9 septembre 2018, Après une journée de mer, les trente-six solitaires commencent vraiment leur traversée du golfe de Gascogne après une ascension laborieuse le long des côtes galiciennes la nuit dernière. Et si les humeurs d’Éole ont favorisé l’un après l’autre les petits décalages à raser les falaises, la situation s’est réellement décantée lorsqu’il a fallu choisir son camp en abordant la baie de La Corogne. Fred Duthil et Pierre Leboucher mènent désormais la flotte dans une brise légère de Nord-Nord Est.

 

Les Figaros lors de la 3eme etape de la Solitaire URGO Le Figaro 2018 entre Portosin (Esp) et Saint Gilles Croix de Vie – le 09/09/2018E

Toute la nuit a été marquée par des avancées plus ou moins sensibles et des arrêts plus ou moins brutaux lorsque la flotte s’est vue contrainte de longer les côtes dès le cap Finisterre : il n’y avait aucune opportunité de prendre le large dans une brise de moins de cinq nœuds de secteur Nord… Et les solitaires ne purent se reposer dans ces ténèbres profondes, sans lune et sans repères pour visualiser les maigres risées. Alors au cap Villano qui remplaçait la bouée Radio France, Éric Péron (Finistère Mer Vent) pointait en tête grâce à son option un peu plus au large.

 

 

Un golfe à trous
L’effet était éphémère puisque les leaders se succédaient ensuite au gré des bouffées d’air venues progressivement du Nord-Est : Benjamin Dutreux (Sateco-Team Vendée), Corentin Douguet (NF Habitat), Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), Vincent Biarnes (Baie de Saint-Brieuc) se remplaçaient en tête jusqu’à l’entrée de la baie de La Corogne, devant l’île A Gagada Grande. C’est alors que la flotte se scindait en petits groupes, certains prenant le large, d’autres tardant à virer de bord, d’autres enfin persévérant sur la route directe.

Éric Péron reprenait ainsi la main quand le vent de Nord-Nord Est d’une petite dizaine de nœuds se mit à souffler plus régulièrement lorsque le jour pointât au travers d’une brume à couper au couteau. Et il fallut attendre le bon matin pour que le ciel se découvre d’un coup et indique clairement que la solution passait par le Nord… Le nouveau leader était ensuite rejoint par un groupe affûté où se rassemblait Frédéric Duthil (Technique Voile), Pierre Leboucher (Guyot Environnement), Gildas Mahé (Breizh Cola), Alexis Loison (Custo Pol), Xavier Macaire (Groupe SNEF) ou Sébastien Simon…

En revanche, tous ceux qui patientèrent avant de prendre du Nord rétrogradaient au classement et ceux qui perduraient sur le chemin le plus court, s’enfonçaient dans les profondeurs avec un nœud de moins en vitesse tels Sophie Faguet (Corben Porsche), Benjamin Dutreux ou Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS). Ce coup de tampon devant La Corogne, se répercutait encore plus lorsqu’il fallut continuer de tricoter dans un vent mou et encore instable afin de parer la porte d’entrée du golfe de Gascogne, le cap Ortegal.

Encore une nuit délicate
Désormais sortie des nasses des côtes espagnoles, de cet effet tampon qui ralentit le vent et le dévie quand il frappe les falaises galiciennes, des courants de marée non négligeables le long des rives, la flotte va devoir composer avec un flux de secteur Nord qui va basculer à l’Est au petit matin, tout en restant très modéré et irrégulier. Il ne sera pas aisé de se reposer lors de cette deuxième nuit, toujours aussi longue (onze heures) et aussi noire (nouvelle lune).

Or grimper dans le Nord s’avère dangereux avec des bulles sans vent au programme ; rester au Sud est une prise de risque avec une brise d’Est qui s’étiole au fond du golfe ; jouer le centre est ainsi une quasi-certitude, mais encore faudra-t-il négocier ces bascules de vent et ces calmes qui s’égrèneront sur la route de Saint-Gilles Croix-de-Vie. Jusqu’ici les treize premiers sont en moins de trois milles avec quelques décalages latéraux peu sensibles (un mille). Mais qu’en sera-t-il lorsque l’obscurité totale enveloppera la flotte ?

Ils ont dit
Frédéric Duthil (Technique Voile) :
« La nuit dernière, il fallait être bien concentré sur les choix de bord. J’ai été un des derniers à aller plus au large et ça a payé. Nous sommes en bordure de dorsale et le vent vient de la gauche. Il faut bien se positionner à chaque fois au-dessus de la flotte pour le garder. Il est modérément soutenu mais nous mène dans la bonne direction. Nous allons conserver ce vent une bonne partie de la journée. Après, il sera plus Nord-Est selon les fichiers météo annoncés. Il nous faut avancer un maximum sur la route. Je suis assez content car j’ai une bonne vitesse. Mais le golfe de Gascogne nous réserve plein d’embûches et de pièges. »

Justine Mettraux (TeamWork) :
« Cela va plutôt bien. Je suis dans le coup. Ce n’était pas facile au tout début car j’étais derrière. Finalement, je me suis retrouvée devant au cap Finisterre. Il y avait plein de pièges tout au long de la route. C’est bien d’être dans le bon paquet. On sait maintenant comment cela va se passer, mais il va falloir bien réfléchir pour les virements pour bien se caler. »

Charlie Dalin (Skipper MACIF 2015) :
« Ce matin, je n’étais pas très véloce et maintenant c’est mieux. En fait, j’avais des filaments de je ne sais pas trop quoi collés sur la quille et qu’il était impossible de retirer avec la corde à nœuds. La seule solution était d’aller faire trempette. J’ai attendu le jour et qu’il n’y ait pas trop de vent. J’ai prévenu la direction de course que j’allais plonger. J’ai mis le bateau face au vent pour que le bateau ralentisse. J’ai sauté à l’eau depuis l’avant du bateau avec mon masque de plongée. Comme le bateau avance toujours un peu sur nous, on saute et on choppe la quille en passant. Une fois celle-ci nettoyée, on remonte par l’échelle derrière. En sécurité, je mets toujours ma corde à nœuds à traîner à l’arrière du bateau au cas où je rate l’échelle. Actuellement, il y a peu de vent dans notre Sud. Dans la fin de journée, il va tourner vers la droite. Il faut trouver le bon compromis en faisant à la fois de l’Est et du Nord pour le conserver. »

Thomas Dolan (Smurfit Kappa) :
« Je suis plus heureux en ce moment qu’hier soir. J’ai fait un départ catastrophique comme d’habitude. Toute la nuit, avec Justine (Mettraux), Éric ( Delamare) et Xavier (Macaire), on s’est bien refait en restant au large. Ma nuit a été blanche mais je suis content d’être dans le paquet de tête, cela fait plaisir. A un moment, il va falloir aller chercher la bascule, sans trop descendre dans le Sud parce qu’il n’y aura pas d’air. Je vais faire en sorte de rester entre Thomas Cardrin et le groupe de tête si je peux. »

Cécile Laguette (Éclisse) :
« Je suis bien sortie de la baie de Portosin. J’ai dû rater une transition et je me suis retrouvée cinq milles derrière. Mais j’ai bien travaillé toute la nuit pour recoller, j’en suis contente. On fait des virements en fonction du vent. En se plaçant pour contourner une zone de molle à la pointe de l’Espagne. Il y a de petites rafales à 12 nœuds mais c’est plutôt uniforme sur le plan d’eau. J’essaye de rester le plus haut possible car la pression vient par là. Maintenant, il est aussi important de travailler la vitesse. Je fais attention aussi de bien m’occuper de moi, avec des petites siestes et en mangeant bien. Je suis donc en forme. »

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