Quand on aime l’Alsace, on ne l’enterre pas sous le bitume et le béton !

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Mercredi 26 septembre 2018, Lettre ouverte à MM. Bierry, Reichhardt, Schuler et quelques autres.

Unser Land s’est félicité de vos prises de position récentes en faveur de l’Alsace institutionnelle. Vos déclarations les plus fortes s’inspirent directement des revendications que nous portons depuis toujours et plus précisément depuis que l’Alsace a été rayée de la carte des régions de France.

Nous étions enclins à l’indulgence face à une conversion tardive. Tout en regrettant que vous n’ayez pas dès la première heure employé la visibilité et les moyens que donne votre position d’élu pour résister et stimuler une résistance collective. L’Alsace aurait, comme la Corse et la Bretagne, échappé au coup de gomme du Gouvernement socialiste. Tout vous y engageait alors, notamment parce que vous étiez dans le principal parti d’opposition à ce gouvernement.

Mais quand on aime VRAIMENT l’Alsace, on s’oppose au GCO !

La signature du président du département du Bas-Rhin associée à celles des protagonistes de la disparition de l’Alsace, MM. Rottner et Herrmann, au bas d’une page de propagande dans le quotidien local en faveur du Gco nous interpelle. Tout comme nous interroge la signature du conseiller régional et maire de Reichstett, associée à celles des maires des communes voisines, en faveur de l’autoroute à péage concédée à l’insatiable Vinci et aux prédateurs du BTP.

Il manque sans doute un sondage qui aurait révélé qu’une majorité écrasante (83 %…) de leurs concitoyens — et électeurs — préfèrent une réponse adaptée aux enjeux actuels, climatiques, environnementaux, sanitaires et vitaux, à un projet archaïque d’autoroute. Dans un État démocratique, un tel sujet aurait été soumis à un débat ouvert et débouché sur une consultation populaire, une votation…

Quel crédit pouvons-nous dorénavant apporter aux avocats de la cause institutionnelle alsacienne, lorsque ceux-ci cautionnent la destruction de centaines d’hectares d’espaces naturels, de forêts et de terres agricoles et la dégradation irréversible de notre plaine d’Alsace en un couloir de transit pour les poids lourds européens, eine LKW-Lawine ? … lorsqu’ils acceptent des schémas et des politiques d’aménagement qui mitent et dénaturent « le beau jardin » conquis par Louis XIV, battant tous les records d’artificialisation de l’Hexagone ?

Nous songeons plutôt à leur filiation avec les élus qui ont appuyé des prétendus projets d’utilité publique, mais dont la nocivité se révèle après coup, comme actuellement l’enfouissement des déchets toxiques (arsenic, cyanure, mercure…) dans les galeries des mines de potasse par Stocamine, menaçant d’une catastrophe majeure la plus grande nappe phréatique d’Europe. Nous n’osons évoquer les conséquences d’un accident fatal lié au prolongement déraisonnable, mais également encouragé par la classe politique, de l’activité nucléaire à Fessenheim.

Quand on aime l’Alsace, on se mobilise certes pour son retour et son évolution institutionnels, mais on se bat aussi pour la préserver dans son intégrité physique et transmettre aux générations futures un espace de vie sain et viable. Ce sont les objectifs conjugués poursuivis par Unser Land, par lesquels décidément le parti autonomiste se démarque des élus du « vieux monde ».

Andrée Munchenbach,
Présidente d’Unser Land

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