Catalogne : le jour où l’Europe a soutenu la matraque plutôt que les urnes !

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Lundi 1er octobre 2018, Il y a un an, le 1er octobre 2017, les Catalans se sont rendus pacifiquement et démocratiquement aux urnes afin d’exercer leur droit à l’autodétermination. L’Europe, plutôt que de choisir la démocratie, a soutenu les coups de matraque de Madrid, une honte qui ne sera jamais oubliée.

Un droit universel !

 

Doit-on rappeler le préambule de la Charte des Nations Unies (ONU) qui déclare que ”Nous, peuples des Nations Unies (…) résolus (…) à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites” ?

 

Doit-on rappeler que l’article 1.2 de cette même Charte qui définit les buts et les principes précise qu’il faut ”Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre tout autre mesure propre à consolider la paix dans le monde.” ? Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est donc un but et un principe fondamental de l’ONU !

 

Doit-on enfin rappeler que le 22 juillet 2010, dans le cadre de la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, la Cour de Justice Internationale a rendu un avis d’une clarté cristalline sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes en s’appuyant sur la résolution 2625 de l’ONU qui déclare «le principe que les Etats s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force … contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat» et en estimant que «la portée du principe de l’intégrité territoriale est … limitée à la sphère des relations inter-étatiques» ? Autrement dit, quand une nation sans État exerce son droit à disposer d’elle-même, l’application de ce dernier principe est supérieure au principe d’intégrité territoriale.

 

Pas de coup d’État, seulement des coups de matraque

 

Mais Madrid, et surtout le Partido Popular (PP, droite conservatrice et encore nostalgique du franquisme) et son ex-Premier Ministre Mariano Rajoy, n’a jamais accepté les velléités d’autodétermination de la Catalogne, ni celles du Pays Basques ou des autres nations sans État du Royaume.

 

Et c’est par la violence que Madrid réprimera le référendum catalan. Une violence qui a fait plus de 1000 blessés ce 1er octobre 2017. Une violence aveugle qui a touché les plus fragiles comme des femmes et des anciens. Une violence inutile quand on sait le calme et le pacifisme dont on fait preuve les Catalans, qu’ils aient voté pour ou contre l’indépendance.

 

On pensait que ces images de violence étaient bannies de l’Union Européenne voire qu’elles appartenaient à l’Histoire mais c’est sans compter sur le jusque-boutisme de Madrid. Mariano Rajoy, son gouvernement et son parti ont essayé de faire croire qu’il y avait eu un coup d’État. En réalité, ce jour-là, il n’y pas eu de coup d’État, seulement des coups de matraque donnés de façon gratuite, violente et aveugle sur ordre d’un gouvernement qui avait perdu le sens des réalités ou plutôt qui montrait aux yeux du monde son vrai visage.

 

La responsabilité historique de Bruxelles

 

Mais tout cela aurait pu se terminer autrement. Si la Commission européenne, le Conseil européen ou certains États importants avaient sifflé la fin de la ‘‘récré’’ dès le 1er octobre au soir. Pour cela, il aurait suffi que Madrid soit sous le risque de sanctions pour violation des valeurs fondamentales (la fameuse procédure dite de ‘‘l’article 7’’ du Traité) pour arrêter ces violences et contraindre Madrid à discuter avec Barcelone pour trouver une voie démocratique et acceptée par les deux camps afin de sortir par le haut, comme en Écosse ou au Québec.

 

Mais non, les États membres ont préféré défendre un membre du club (l’Europe des États) et la Commission s’est retranchée derrière l’inique argument que c’était une affaire intérieure espagnole alors que c’était devenue une affaire intérieure européenne.

 

Bref, le 1er octobre 2017, cette Europe a choisi le camp de la matraque plutôt que celui des urnes. Et c’est ce choix qui a permis à Madrid de continuer, avec une hargne et une haine sans limite, son acharnement contre le peuple catalan.

 

Si cette Europe est incapable de faire la différence entre un démocrate pacifiste et un franquiste violent, il faut la changer ! Et nous en aurons l’occasion le 26 mai prochain, lors des prochaines élections européennes. Alors, votons et faisons voter pour ceux et celles qui défendent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la démocratie, la solidarité et la diversité. Une autre Europe est possible, une autre Europe est nécessaire : une Europe des peuples !

 

Roccu GAROBY

 

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