Energie : les acteurs de la transition s’incrustent à l’Elysée

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Jeudi 25 octobre 2018, Les patrons des entreprises de l’énergie parmi les plus polluantes étaient reçus par le Président, tandis que les acteurs qui œuvrent au quotidien pour rendre possible la transition énergétique – entreprises des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, associations, collectivités, syndicats – n’étaient pas conviés par le chef de l’Etat. Ils ont fait valoir leurs propositions et leurs inquiétudes lors d’une contre-réunion organisée simultanément dans un lieu public proche de l’Elysée, sous la forme d’un happening.

 

Participants à cette “contre-réunion” : Greenpeace France / FNH / Réseau Action Climat / CLER / Réseau Sortir du Nucléaire / France Energie Eolienne / Territoires à Energie Positive / Surfrider / Global Chance / France Nature Environnement / Agir pour l’environnement

L’époque de la gouvernance environnementale à plusieurs collèges (entreprises, syndicats, ONG, collectivités…) semble révolue. Pour préparer ses annonces de novembre sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le président de la République a décidé de recevoir uniquement les grands patrons et les chercheurs du secteur de l’énergie.

Les acteurs de la transition alertent aujourd’hui le président de la République sur le risque qu’il y aurait à ne rien changer en matière d’énergie et que la PPE reste une coquille vide. Pourtant, il y a urgence à transformer notre système énergétique pour être à la hauteur de l’enjeu climatique et réduire les coûts futurs qui finiront par toucher tous les Français•es. Pourtant, 400 citoyen•ne•s interrogé•e•s dans le cadre du Débat national sur la transition énergétique ont appelé de leurs voeux une accélération de l’essor des énergies renouvelables en France. Ils étaient également une majorité (71%) à vouloir d’autres fermetures de réacteurs nucléaires que Fessenheim.

Lors de cette contre-réunion publique, les acteurs de la transition énergétique ont rappelé leurs principales attentes pour une Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ambitieuse et respectueuse des objectifs de la loi de transition énergétique :

Faire des énergies renouvelables la clé de voûte, et non plus la variable d’ajustement, de notre système énergétique. Cela signifie se donner tous les moyens pour atteindre voire dépasser les objectifs de la loi, soit au minimum 32 % d’énergies renouvelables dans notre consommation d’énergie en 2030, dont 40 % dans la production d’électricité renouvelable.
Décider et engager maintenant la fermeture de réacteurs nucléaires pendant le quinquennat et à horizon 2028 (en plus de ceux de Fessenheim) pour faire de la place aux énergies renouvelables et limiter les coûts et les risques croissant associés à cette énergie.
Booster l’efficacité et la sobriété énergétiques, en particulier dans le secteur du bâtiment, en leur dédiant plus de moyens pour arriver à 700 000 rénovations annuelles. Le nombre de logements rénovés est encore trop faible et les rénovations menées, trop peu performantes. Résultat : la consommation d’énergie est repartie à la hausse en France depuis 2014.
Fermer les centrales à charbon sans les reconvertir en centrale à biomasse. Il n’est pas envisageable d’ouvrir la porte à de nouvelles centrales comme à Gardanne ou La Mède et de faire reposer la transition énergétique de la France sur des importations massives de biomasse, issues de la déforestation et fortement émettrices de gaz à effet de serre.
Aujourd’hui, les acteurs de la transition énergétique (associations, professionnels des énergies renouvelables, collectivités, PME, citoyen.ne.s) savent que les emplois de demain sont dans la transition écologique. Ils et elles attendent du Président qu’il accorde toute son attention à leurs propositions concrètes et rationnelles.

1 COMMENT

  1. On assiste à une alliance entre mouvements politiques dont la raison d’être est la sortie du nucléaire et les lobbies industriels des énergies renouvelables qui essayent de tirer profit de la situation.
    Le gouvernement a fini par comprendre qu’il faut accompagner toutes les mesures permettant d’économiser de l’énergie, dont l’isolation thermique de tous les bâtiments. Mais il faut multiplier par 10 les aides jusqu’ici accordées.
    En contrepartie, les énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque) reçoivent “un pognon de dingue” (7 Ma€ par an), alors qu’elles n’apportent strictement rien sur le plan écologique, car l’électricité en France est produite avec de l’hydraulique et du nucléaire ce qui ne dégage pas de CO2.
    Cet argent manque pour les actions réellement efficaces.
    Le gouvernement, en évitant de fâcher les écolos politiques dont il a besoin, a compris tout cela et discute avec ceux qui lui permettront de réduire les émissions de CO2, c’est à dire avec les industriels de la filière nucléaire.
    Logique et sain.

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