Route du Rhum : Transition alizéenne

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Jeudi 8 novembre 2018, La situation météorologique n’est désormais plus du tout la même pour les deux trimarans leaders, en bordure méridionale de l’anticyclone, et les derniers Rhum Mono, encore dans le golfe de Gascogne… Or une nouvelle dépression est attendue ce jeudi soir : il faut sortir du golfe de Gascogne au plus vite.

– François Gabart s’échappe inexorablement
– Nouvelle dépression ce soir sur le golfe de Gascogne
– Convergence chez les IMOCA au Nord de Madère
– Escales techniques pour plusieurs solitaires

 

© Christophe BRESCHI

Si en tête de la flotte, les deux ULTIME de François Gabart et Francis Joyon peuvent « souffler » un peu avec des conditions proches d’un alizé, il n’en est pas de même pour les derniers monocoques Rhum encore dans le golfe de Gascogne. À l’image de Dominique Dubois qui ferme la marche des solitaires en mer, à plus de 3 000 milles de la Guadeloupe ! Car cet entonnoir atlantique est encore particulièrement mouvementé pour cause de deux dépressions passées en trois jours, générant une mer très forte et très désordonnée qui ne permet pas de progresser très vite vers le Sud.

 

Sortir de la nasse

© DR

Et la configuration météorologique n’est pas faite pour arranger les choses : ce jeudi soir, une troisième dépression arrive au Nord des Açores pour balayer une nouvelle fois tous ceux qui n’ont pas encore franchi la latitude du cap Finisterre. Et ils sont encore une bonne vingtaine dans ce cas… Pour les autres, les conditions de navigation sont dures puisqu’il y a trente nœuds de Sud-Ouest à Ouest avec des vagues de plus de quatre mètres, pas toujours bien ordonnées. On comprend mieux pourquoi nombre de skippers ont préféré se réfugier dans un port breton, ou en Espagne et au Portugal pour laisser passer cet enchaînement venté.

Alors quid de la suite ? Cette journée de jeudi devrait être relativement agréable pour les deux trimarans en tête qui bénéficient d’alizés certes peu toniques, mais tout de même établis au Nord-Est d’une douzaine de nœuds. François Gabart a en sus réussi à décrocher Francis Joyon dans cette phase transitoire avec une centaine de milles de marge. Quant aux monocoques IMOCA, ils convergent vers le même point avec probablement un contact entre le Britannique Alex Thomson, le plus à l’Ouest, et le duo Paul Meilhat-Vincent Riou qui a fait le break. Déjà sous la latitude des Açores, ces trois-là vont pouvoir enlever les polaires et les cirés tout en contournant les hautes pressions qui sévissent à l’Ouest de Madère.

Tricotage espagnol

Le Multi50 d’Armel Tripon est aussi dans les parages et devrait ainsi augmenter son avance sur Lalou Roucayrol, collé aux côtes portugaises, mais surtout vis-à-vis du groupe du Nord qui va encore devoir tricoter dans une mer pourrie… Une mer qui doit sérieusement ralentir le peloton des Class40, encore enferré dans ce golfe de Gascogne, même si certains comme le leader Yoann Richomme ou le Méditerranéen Kito de Pavant peuvent espérer sortir de la nasse dès ce jeudi soir.

Enfin, n’oublions pas les deux catégories Rhum qui peinent à s’extraire de ce golfe de Gascogne très mouvementé : Loïck Peyron continue de tirer des bords le long de la côte Nord espagnol, suivi par Yann Marilley et Gilles Buekenhout, quand François Corre, Étienne Hochédé ou Jean-François Lilti affrontent des conditions de mer très dures. Quant à Sidney Gavignet en Rhum Mono, il a réussi à coller aux basques des meilleurs Class40 et peut lui-aussi viser des alizés en cours de structuration, au Sud d’une ligne Açores-cap Saint Vincent…

 

 

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