Journée mondiale du diabète : l’OMS et foodwatch pressent les autorités françaises de protéger les enfants de la malbouffe avec une loi de plus en plus urgente

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lundi 12 novembre 2018, A l’occasion de la journée mondiale du diabète, le 14 novembre, foodwatch insiste sur la nécessité de protéger la santé des enfants, malades de la malbouffe. L’organisation exige une réglementation interdisant le marketing pour des produits trop gras, trop sucrés, trop salés ciblant les plus jeunes. L’Organisation mondiale de la santé, dans un récent rapport, estime également que la stratégie de santé publique actuelle en France est insuffisante et qu’il faudrait légiférer. Des milliers de consommateurs appuient ces demandes par le biais d’une pétition lancée par foodwatch. Les experts en santé et les députés s’accordent pour dire qu’il y a urgence. “Alors, à quand une loi ?”, presse foodwatch.

Paris, le 12 novembre 2018. Le diabète de type 2 et même celui de type 1, plus rare, affectent de plus en plus les enfants et les adolescents. « La vitesse de croissance du diabète est parmi les plus importantes des pathologies chroniques », selon le professeur Jérôme Salomon, directeur général de la santé au ministère des solidarités et de la santé. En France, un enfant sur six est en surpoids ou obèse et risque de le rester à l’âge adulte. En 2015, le diabète représentait un coût de 8 milliards d’euros pour l’Assurance maladie.

Alors qu’un enfant sur trois en France consomme une quantité plus importante de boissons sucrées que celle recommandées, l’industrie de la malbouffe a toujours nié sa part de responsabilités dans l’explosion des maladies chroniques. Les fabricants signent des chartes volontaires non-contraignantes, sorte de poudre aux yeux où ils jurent qu’ils ne ciblent pas les enfants avec leurs produits mal équilibrés, histoire de calmer le jeu politique. Mais ces chartes ne sont pas contraignantes et les experts s’accordent désormais à dire qu’elles n’enrayent pas l’explosion des maladies chroniques. Un récent rapport de l’OMS, sévère à l’encontre de la France, enfonce le clou : les chartes volontaires des industriels ou du CSA mais aussi le PNNS sont inefficaces. L’OMS n’hésite pas à dénoncer l’inefficacité de la politique de santé publique française à protéger la santé des enfants.

« Il y a aujourd’hui un large consensus – exception faite pour les industriels – face au problème : les mesures volontaires ne protègent pas les enfants de l’impact de la malbouffe sur leur santé. Rapport de l’OMS, Stratégie nationale de santé publique ou encore rapport d’enquête parlementaire, tous recommandent une loi interdisant le marketing qui cible les enfants pour des produits trop gras, trop sucrés, trop salés. Il est grand temps d’agir et de faire primer la santé des enfants sur les intérêts financiers des industriels de la malbouffe », insiste Mégane Ghorbani, responsable de campagne chez foodwatch.

foodwatch sait que les marchands de malbouffe ne cesseront pas de promouvoir leurs produits auprès des enfants s’ils n’y sont pas contraints par une règlementation. L’organisation a en effet interpellé plusieurs fabricants à coups de pétition signées par des dizaines de milliers de consommateurs pour dénoncer leurs offensives auprès des jeunes publics. De LU (Mondelez) en passant par Capri-Sun (Coca-Cola) ou encore Nestlé, tous nient promouvoir leurs produits auprès des enfants. Dans les faits, ils ne manquent pas d’imagination pour les cibler dans leur communication : organisation de fêtes d’anniversaire pour les tout-petits (Lulu l’Ourson), campagnes de promotion publicitaire (Burger King pour qui grandir passe par la consommation de ses burgers), étiquetage ayant recours à une mascotte (Capri-Sun), des personnages animaliers ou de dessins animaliers (lapin de Nesquik), offre de jeux gratuits (Kellogg’s), advergames (Oréo), sponsoring ( McDonald’s), placement de produits (Coca-Cola dans le jeu vidéo FIFA), recours aux Youtubeurs (Fanta), etc.

Plusieurs parlementaires ont déjà montré leur volonté de faire adopter une telle loi, que ce soit lors du projet de loi agriculture et alimentation (EGA) ou de la Commission d’enquête sur

l’alimentation industrielle. Ces chiffres alarmants doivent maintenant les pousser à l’action. Les enfants diabétiques aujourd’hui sont les grands malades de demain.

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