Déforestation importée : les petits pas du gouvernement ne répondent pas à l’enjeu climatique

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Mercredi 14 novembre 2018, La France se dote aujourd’hui d’une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée (SNDI) peu contraignante. Les timides avancées du gouvernement ne compenseront pas l’autorisation qu’il a donnée à Total d’importer 550 000 tonnes d’huile de palme par an pour sa bio-raffinerie de La Mède, ni son blocage de la suppression de l’avantage fiscal aux agrocarburants à l’huile de palme.

« Comment un tel texte, qui ne prévoit aucune interdiction ou mesure réglementaire, pourra-t-il freiner la déforestation engendrée par la production d’huile de palme ou de soja ? Avec si peu de moyens pour la protection des forêts, il est évident que la France ne pourra pas respecter ses engagements internationaux, en particulier ceux de l’Accord de Paris sur le climat », analyse Clément Sénéchal, chargé de campagne Forêts chez Greenpeace France.

La stratégie produite par le gouvernement se veut uniquement incitative et reposera donc principalement sur le bon vouloir des acteurs privés, alors que les entreprises qui ont déjà pris des engagements Zéro Déforestation se montrent incapables de les tenir. La SNDI mise trop sur des logiques de certification sur les matières premières comme l’huile de palme, alors que ces certifications sont inopérantes pour lutter contre la déforestation, notamment parce qu’elles ne protègent que certaines forêts et sont rarement mises en oeuvre de façon robuste sur le terrain.

La schizophrénie du gouvernement sur les agrocarburants est patente, comme le prouve à nouveau la SNDI. Tout en reconnaissant que les agrocarburants à base d’huile de palme et de soja sont néfastes pour le climat, la SNDI se garde bien d’en organiser une sortie claire à échéance 2020. « Pour recouvrer une quelconque crédibilité sur les enjeux environnementaux, le gouvernement ne peut se contenter d’une vague feuille de route, sans réglementation contraignante : il doit en finir de toute urgence avec la fiscalité favorable aux agrocarburants et empêcher la production de biodiesel à l’huile de palme, comme dans l’usine de Total à La Mède», affirme Clément Sénéchal.

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