Gilets Jaunes : Un malaise en cache un autre

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Mardi 27 novembre 2018, Les « jacqueries » à répétition démontrent l’impossibilité de réformer la France dans le cadre institutionnel actuel.

 

Commencée il y a une semaine, la forte mobilisation des gilets jaunes n’est pas passée inaperçue en Alsace. Ce mouvement « citoyen » contestataire et multiforme cache un malaise profond dans la société.

Il n’aura échappé à personne que les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables, et que, du fait de la raréfaction de celui-ci, le carburant sera inévitablement plus cher dans les années à venir, et cela, indépendamment du niveau de taxes prélevées par l’État. De ce fait, la transition écologique est inévitable, mais elle ne peut se faire uniquement par la répression fiscale. Elle doit être conduite de façon cohérente en proposant des alternatives de transport en commun notamment. Il y a d’ailleurs un paradoxe à vouloir d’un côté construire le GCO et de l’autre d’affirmer taxer le carburant pour limiter l’usage de la voiture.

Le mouvement des bonnets rouges, puis des gilets jaunes, met en avant le malaise grandissant d’une partie de la population vis-à-vis de ses représentants, à plus forte raison lorsque ces derniers sont conduits à prendre des décisions impopulaires. Au XXIe siècle, les décisions — a fortiori les plus difficiles — ne peuvent être acceptées par la population que si cette dernière est associée directement au processus de décision. L’absence totale de contre-pouvoir en France (notamment sous forme de démocratie directe) et la sclérose de la vie démocratique inhérente au centralisme exacerbé du régime de la 5e république créent un blocage total et empêchent toute réforme. La déresponsabilisation, la défiance et la révolte sont les fruits maudits du jacobinisme français.

 

Ce n’est pas un hasard si l’un des organisateurs du blocage à Zabern/Saverne a fait part à la presse de sa révolte contre le Grand Est et contre le GCO. Il s’agit de deux produits du même jacobinisme, assaisonné à la sauce libérale, ne laissent aux Alsaciens que le « droit » de payer et de se taire. Que ce soit pour un Grand Est qui engendre une augmentation des dépenses publiques ou pour un contournement autoroutier qui remplira les caisses de Vinci au détriment de notre cadre de vie. La forte présence de drapeaux alsaciens démontre qu’il est de plus en plus clair pour le peuple alsacien qu’il y a un lien entre les difficultés économiques et l’organisation jacobine de ce pays.

 

Unser Land réclame justement l’autonomie parce qu’elle permet une politique fiscale régionalisée, juste, équilibrée et consentie. Unser Land réclame la démocratie directe parce qu’elle permet aux citoyens de prendre leurs responsabilités et d’équilibrer la vie démocratique. Seule une Alsace autonome, une véritable collectivité à statut particulier, gérant elle-même sa fiscalité, sera capable de mettre fin au gaspillage, de gérer efficacement l’argent public et de conduire de vraies réformes.

 

Jean-Georges Trouillet

Secrétaire général et porte-parole

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