Social et Ecologie : l’illusion macronienne

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Mardi 27 novembre 2018, Peu après le rapport alarmant du GIEC sur le climat et en pleine crise des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron a tenté aujourd’hui, de répondre à l’appel de Nicolas Hulot, son ancien ministre de la transition écologique, en traitant concomitamment « les problèmes de fin de mois et  les problèmes de fin du monde ».

Lucide quant aux carences des politiques publiques de lutte contre le réchauffement climatique, le président de la République a annoncé plusieurs mesures concrètes et positives:

Sortie de la dépendance aux énergies fossiles d’ici 2050, fermeture de la production d’énergies fossiles avec arrêt des centrales à charbon d’ici 2022 ;
Investissement annuel de 7 à 8 milliards d’euros pour la transition énergétique ;
Hausse de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique ;
Territorialisation des politiques énergétiques.
La sortie du nucléaire n’est, en revanche, pas d’actualité. Ce qui est contradictoire avec la hausse des énergies renouvelables et leur nécessaire financement massif. Pour Emmanuel Macron l’atome, et l’EPR en particulier, représente l’avenir. La réduction à 50% de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique est repoussée à 2035. Fessenheim qui devait être fermé en 2017 va continuer à fonctionner jusqu’à l’été 2020. Plus qu’une erreur d’appréciation stratégique, c’est une faute grave. Les générations futures paieront à coup sûr le prix fort de l’entêtement :

Le nucléaire ne permet pas d’acquérir la souveraineté énergétique. L’uranium qui sert de combustible est introuvable dans l’Hexagone. La France restera dépendante de pays tiers notamment africains qu’elle continuera de piller et de maintenir dans une situation néocoloniale d’autant plus grave qu’ils sont souvent sous l’emprise d’organisations terroristes extrêmement menaçantes.
Le nucléaire est extrêmement dangereux. Le risque zéro, même dans un pays développé comme la France, n’existe pas. Un accident nucléaire aurait des conséquences catastrophiques pour les habitants et pour l’environnement sur une très grande partie du pays.
Le nucléaire produit des déchets hautement radioactifs dont ne sait que faire à part enfouir, comme à Bure, à des kilomètres sous terre sans pouvoir évaluer les risques pris pour demain.
A l’exception du rétablissement d’une « fiscalité environnementale » dotée d’une variabilité à définir sur le prix des carburants, rien n’a été annoncé en faveur du pouvoir d’achat. Les mesures visant à résorber la fracture sociale et territoriale sont, quant à elles, floues, imprécises et dépendantes des conclusions d’une grande consultation qui aura lieu dans les trois mois. La baisse générale des dépenses publiques, également annoncée aujourd’hui, ne présage rien de bon pour la transition écologique dont la réussite dépend en grande partie de l’instauration de politiques sociales et territoriales.

 

La solution concomitante des problèmes de fin de mois avec les problèmes de fin du monde est pour l’heure une illusion.

 

Gustave Alirole, président de Régions et Peuples Solidaires

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