Réunification de la Bretagne : anatomie d’une carabistouille

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Pas de surprises, en ce 17 décembre 2018. Le conseil départemental de Loire atlantique vient de rejeter la demande de consultation de la population de notre département sur le lancement de la procédure de réunification, au mépris de la pétition formulée par plus de cent mille électeurs. C’est ce que l’histoire retiendra. Car enfin, c’est tout ce que les cent mille, dont je fais partie, lui demandait ! une consultation et rien que la consultation de ceux dont l’histoire a organisé le démembrement de la Bretagne historique et de manière totalement arbitraire.

A toute carabistouille, son mensonge. Mr le Président Grosvalet est pris en flagrant délit de
mensonge dans son interview donné à ouest France, le matin même du vote. Jamais les cent mille ne lui ont demandé de voter pour ou contre le droit d’option comme il le prétend, mais sur la seule consultation. Pour la première de leur histoire, les habitants de Loire-Atlantique allaient pouvoir se prononcer sur le point de savoir s’ils voulaient ou non retrouver la Bretagne. Et bien non ! C’en était trop pour la conception de la démocratie que partagent Mr Grosvalet et la plupart des élus de son Conseil départemental. Et cela sans vergognes, alors même que l’actualité souligne avec fracas la faillite de la démocratie française avec des gilets jaunes en quête de référendum d’initiative citoyenne.
L’histoire ne retiendra pas le vote de son assemblée en défaveur du droit d’option car plus personne n’ignore l’inanité de la-dite procédure, en raison du droit de véto accordé à la région démembrée.

Nul ne s’étonnera davantage du fossé abyssal entre les élus professionnels qui votent conformément au système et le peuple qui n’en fait pas partie et qui lui, aspire à retrouver la Bretagne. On appelle ça l’exercice normal d’une démocratie française décidément bien malade.

A toute carabistouille, son enfumage. Oui, Mr le président Grosvalet est un grand démocrate ! Pour écarter la consultation du peuple dans le cadre d’une procédure prévue par le droit, il appelle de ses vœux l’organisation d’un référendum initié par le chef de l’Etat dans le cadre d’une procédure qui n’existe pas. Ou si l’on préfère, pas encore. Car il faudra attendre une modification de la Constitution, rien que ça, à condition bien sûr que l’idée de ce Référendum d’initiative citoyenne prospère au plus sommet de l’Etat, une fois passée la vague gilet jaune, et que la procédure choisie ne comporte pas trop de chausses trappes. Bien sûr, ce n’est pas le président Macron qui la déclenchera puisqu’il reviendra aux citoyens de le faire. Du travail en perspective pour nos militants de Loire-Atlantique et d’ailleurs. Gageons qu’ils relèveront le défi, si toutefois le droit le permet. Le
Sisyphe breton est plus fort que toutes les bassesses.

Joli tour de passe-passe, Mr Grosvalet ! Que dire de plus. La Bretagne n’en sort pas gagnante, c’est une évidence. La démocratie non plus. Le respect que l’on doit à nos élus, encore moins. C’est peut être ça le plus grave, au fond. Ce triste 17 décembre 2018 viendra s’ajouter à la déjà longue liste des démissions successives de nos élus pourtant chargés de défendre le peuple et de faire remonter ses aspirations. Et c’est encore un socialiste qui remporte le panier garni ! Le Sisyphe breton n’oubliera jamais ce lundi 17 décembre et ses responsables. Ce triste jour restera le symbole d’une démocratie
dévoyée et bien à plaindre.

1 COMMENTAIRE

  1. Mais Gros Valet comme d’autres ne veut pas couper la branche sur laquelle il est assis ! Ils mettent au jour leurs contradictions et incohérences qui révèlent effectivement leurs magouilles politiciennes. Ils ne se rendent même plus compte que les citoyens ne sont pas dupes. Pour quand le grand mouvement Breton qui submergera tous ces incapables qui insultent la voix du peuple ? C’est à désespérer, et le désespoir n’est pas bon pour la démocratie…

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