Le Conseil régional prépare-t-il un abandon du soutien à la langue bretonne ?

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Samedi 22 décembre 2018, Les grandes lignes de la “nouvelle politique linguistique” du conseil régional de Bretagne ont été dévoilées. Sur le papier, ses orientations semblent ambitieuses et rejoignent souvent les revendications de l’Union démocratique bretonne. L’Etat et les autres collectivités (départements en tête) sont appelés à prendre leur juste part d’une politique de revitalisation linguistique, ce qui est en effet indispensable au regard des compétences et du budget relativement limités de la Région.

Hélas, ces appels sonnent faux. Pour lancer un effet d’entraînement, le conseil régional devrait être exemplaire et installer le bilinguisme dans tous ses domaines de compétence, en augmentant progressivement le budget dédié à la langue bretonne. C’est un mouvement contraire qui est à l’œuvre : comme le souligne avec justesse le collectif Ai’ta, la langue bretonne est absente des nouveaux bus du réseau régional, exceptionnelle dans la communication de la Région, et le budget “langue bretonne” a même baissé en 2018, alors qu’il était déjà anecdotique au regard du budget total de la Région Bretagne. Les effets de cette baisse risquent de se faire sentir en 2019…

 

En comparant les paroles et les actes, tout semble indiquer que la majorité régionale prépare le désengagement de sa politique linguistique en faveur de la langue bretonne, en renvoyant la balle aux autres collectivités et à l’Etat. Cette tendance est en contradiction totale avec les résultats de l’enquête sociolinguistique publiée cet automne, qui montrent une envie de se réapproprier la langue bretonne dans une grande partie de la population bretonne, sur l’ensemble du territoire.

 

L’UDB appelle les conseillers régionaux sincèrement favorables à la langue bretonne à se mobiliser pour inverser la vapeur et faire à acter une croissance progressive du budget de la politique linguistique pour le breton, sans prendre prétexte de la croissance légitime du budget du gallo pour bloquer le soutien au breton à un niveau très insuffisant.

 

Comme le climat, la langue bretonne est dans une situation d’urgence, chaque année compte, chaque délai pèse lourd. Les pouvoirs publics doivent sortir de leur immobilisme pour éviter une perte irréparable.

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