Entre Alexandre Benalla et Jean-Yves Le Drian, le torchon brûle-t’il ?

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Jeudi 3 janvier 2019, après les révélations du journal Médiapart sur la possession de deux passeports diplomatiques par l’ex-garde du corps, Alexandre Benalla, le Quay d’Orsay ( Ministère des Affaires étrangères ) s’est fendu d’une déclaration tentant de mettre une distance entre les plus hautes personnalités de l’Etat et le sulfureux ancien protégé de l’Elysée, lequel persiste à déclarer qu’il avait maintenu des liens étroits avec la Président Emmanuel Macron depuis son éviction.

Quai d’Orsay – Déclaration de la porte-parole – 27 décembre 2018

Le passeport diplomatique est un titre de voyage, visant à faciliter les déplacements de son titulaire, dans le cadre de ses fonctions officielles. Il ne confère à son titulaire aucune immunité, que ce dernier se trouve sur le territoire français ou à l’étranger.
Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères a demandé à M. Benalla, par lettre recommandée du 26 juillet 2018, de restituer les deux passeports diplomatiques en sa possession (émis respectivement le 20 septembre 2017 et le 24 mai 2018).

Cette lettre a été retirée le 6 août 2018, par une personne munie d’un pouvoir de M. Benalla.

En outre, celui-ci s’était engagé par écrit le 23 mai 2018 à restituer ces documents à la fin des fonctions qui en justifiaient l’attribution.

Toute utilisation depuis lors de ces passeports aurait été faite en dépit des engagements pris par l’intéressé.

A la vue des informations de presse tendant à indiquer que M. Benalla aurait continué à utiliser ces documents, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères examine les suites à donner, y compris judiciaires.

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Si d’un côté, Alexandre Benalla devrait bientôt faire l’objet de poursuites judiciaires, le député LR Guillaume Larrivé estime que  M. Jean-Yves Le Drian devrait également être entendu devant la Cour de justice de la République.

Celui-ci a saisi François Molins, procureur général près la Cour de cassation, afin de demander la “mise en mouvement de l’action publique à l’encontre de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères” devant la haute juridiction, seule compétence pour poursuivre un ministre pour des faits accomplis dans l’exercice de ses fonctions.

Le député Guillaume Larrivé, qui était co-rapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Benalla, reproche au ministre Jean-Yves Le Drian d’avoir délivré à tort deux passeports diplomatiques à Alexandre Benalla, et de ne pas les avoir fait désactiver après son départ de l’Elysée.

Il paraît pour le moins étonnant qu’ il ait fallu attendre les révélations du journal Médiapart pour que le ministère de Jean-Yves Le Drian réagisse…

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