La souveraineté, c’est comme la richesse, ça se partage !

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Lundi 21 janvier 2019, Les élections européennes sont bel et bien lancées, le Rassemblement National, ex-Front National, a décidé de lancer une campagne ‘‘souverainiste’’ afin de défendre la ‘‘souveraineté française’’. Pourtant, les souverainistes ne sont pas ceux qu’on croit.

par Roccu GAROBY

Porte-Parole de Régions et Peuples Solidaires

 

 

‘‘Le monopole de la souveraineté’’

 

Les souverainistes de droite, de gauche, d’extrême-droite ou d’extrême-gauche nous font croire que l’État (français) aurait un ‘‘monopole de la souveraineté’’. Pourtant, rien n’est plus faux ! Tout d’abord, chaque individu est maître de lui-même, souverain de son âme et de son corps.  Ce simple argument montre qu’il n’existe pas de monopole de la souveraineté. Mais allons plus loin, un couple, ou une famille, dans le cadre de sa vie privée, est souverain de ses choix dont bon nombre d’entre eux n’est soumis à aucune loi tant que le droit des individus est respecté.

Dans une copropriété, dans un village ou dans une commune, il existe une souveraineté partagée entre les co-propriétaires ou les habitants. Les choix libres et collectifs pris par les membres de la copropriété ou de la commune peuvent bel et bien s’imposer à tous afin d’assurer la vie en communauté.

 

Enfin et évidemment, il existe la communauté nationale, possédant ou non son propre État, qui fait partie des espaces où la souveraineté est partagée et donc vivante. Tous ces exemples rendent à prouver qu’il n’existe pas de monopole de la souveraineté.

En réalité, il existe un hold-up intellectuel puisque les ‘‘souverainistes’’, ou du moins ceux qui s’en attribuent le titre ou bien ceux qu’on surnomme ainsi, ne défendent pas la souveraineté du peuple mais au contraire la bradent et nul n’en a le monopole.

 

‘‘Recouvrement ou transfert de souveraineté ?’’

 

Où est la souveraineté de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique , dans la lutte contre les paradis fiscaux ou les multinationales qui fuient l’impôt ? Poser la question, c’est déjà y répondre… nulle part ! La France, ou même l’Allemagne, première puissance économique de l’Union Européenne, n’a aucun moyen d’exercer sa souveraineté dans ces domaines comme dans d’autres d’ailleurs !

 

Autrement dit, bon an mal an, du fait de la mondialisation, les États n’ont déjà plus leur souveraineté dans certains domaines. Et ceux qui prétendent défendre la souveraineté des États, pour la plupart eurosceptiques voire europhobes, condamnent ceux-ci et les peuples y vivant à une perte irrémédiable et irréversible de cette souveraineté. Paradoxalement, ce sont ceux qui défendent la construction d’une Europe politique qui défendent la souveraineté des peuples non pas, comme le prétendent certains eurobéats, en assumant un transfert de souveraineté mais en promouvant un recouvrement de souveraineté.

 

Aujourd’hui, soit nous mettons en commun le peu de souveraineté qu’il nous reste pour pouvoir l’exercer ensemble au niveau européen afin de dominer le monstre économique et financier qui accroît chaque jour sa puissance, afin de répondre au changement climatique qui devient chaque jour plus difficile à arrêter et lutter contre toutes les formes de régressions politiques et sociales qui apparaissent dans le monde, y compris au sein de pays démocratiques, soit nous perdrons définitivement notre souveraineté en croyant la défendre dans le cadre des vieux États-nation ;

Et quelle est la légitimité de la France quand il s’agit d’exercer une quelconque souveraineté sur la langue corse, bretonne ou basque ? Quelle est sa légitimité quand il s’agit d’exercer une quelconque souveraineté sur le développement économique, social ou culturel au niveau local ou régional ? Encore une fois, poser la question c’est donner la réponse… aucune !

Le véritable transfert de souveraineté est à exercer à cet endroit. En effet, les Etats-nation n’ont aucune légitimité pour exercer certaines compétences, a fortiori contre l’avis et la volonté des peuples. C’est ainsi que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes doit s’exercer. Ce sont les peuples qui doivent choisir sous quel ordre institutionnel et/ou constitutionnel ils veulent vivre.

 

‘‘La souveraineté partagée’’

 

Parce qu’il n’existe pas un monopole de la souveraineté malgré les dires des ‘‘souverainistes’’ et parce que le monde est tel qu’il est, la véritable souveraineté, tout comme la richesse, se partage. Alors que ceux que l’on surnomment les ‘‘souverainistes’’ ne font que l’affaiblir voire la réduire, paradoxalement les vrais ‘‘souverainistes’’, au sens où ils défendent la souveraineté du peuple, sont ceux qui proposent de la partager pour l’accroître, ou du moins ne pas la diminuer.

 

Oui, la souveraineté se partage. Elle se partage verticalement entre les différents niveaux de pouvoir (Régions/Nations- États-Europe) mais aussi horizontalement entre des entités de même niveau (différentes Régions/Nations ou États…).

Si l’élection européenne pouvait au moins clarifier cela, ce serait une très belle campagne électorale. En démocratie, la souveraineté est fondamentale et entre les eurobéats qui défendent le statu quo néolibéral et les ‘‘souverainistes’’ qui défendent le retour en arrière jacobin, il existe une autre voie, celle de la souveraineté partagée, c’est-à-dire celle de la souveraineté retrouvée.

 

Roccu GAROBY

Porte-Parole de Régions et Peuples Solidaires

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