foodwatch exige la fin du sponsoring par Coca-Cola de la présidence de l’Union européenne

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Lundi 25 février 2019, Coca-Cola sponsorise la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne et ne s’en cache pas. Ce faisant, le géant des sodas se place au cœur du pouvoir, des instances européennes. foodwatch dénonce aujourd’hui ce parrainage officiel qui vaut à Coca-Cola le titre de « partenaire platine » : une pratique inacceptable alors que la malbouffe et l’alimentation figurent parmi les sujets débattus à l’agenda européen. Pour foodwatch, Coca-Cola est allée trop loin en tentant d’acheter ses entrées politiques de la sorte. Pétition et lettre ouverte à l’appui, foodwatch exige de Donald Tusk, président du Conseil européen et de la Première ministre roumaine, Viorica Dăncilă, qu’ils cessent immédiatement ce partenariat et adoptent des règles claires contre ces conflits d’intérêts.

Paris, le 26 février 2019. L’organisation européenne de défense des consommateurs foodwatch critique vivement le partenariat de Coca-Cola avec la présidence roumaine du Conseil de l’Union européenne. Dans une lettre ouverte et une pétition, foodwatch appelle le président du Conseil européen, Donald Tusk, et la Première ministre roumaine Viorica Dăncilă, à cesser immédiatement ce partenariat. Alors que la malbouffe et ses conséquences désastreuses sur la santé constituent un vrai sujet de société, il est tout à fait inadmissible que la présidence du Conseil de l’Union européenne soit sponsorisée par Coca-Cola. En outre, cette collusion entre les instances de l’UE et les intérêts des entreprises mine encore davantage la confiance des citoyens dans la politique et les décideurs européens, alors qu’il est au contraire indispensable de renforcer la transparence et la démocratie en Europe.

Avec une pétition lancée en France, en Allemagne et aux Pays-Bas où foodwatch est présente, l’ONG demande au président du Conseil européen, M. Tusk, de mettre en place une politique fixant des règles claires pour les futures présidences afin de garantir que de tels parrainages et potentiels conflits d’intérêts ne se reproduisent pas.

Sur ces photos : le sponsoring de Coca-Cola est criant, notamment lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bucarest. « The Coca-cola system proudly supports the first Romanian EU Council presidency » ou encore « The Coca-Cola system welcomes you to beautiful Romania ». Sources : tweets des journalistes allemands Stefan Leifert, (ZDF, correspondant à Bruxelles) et Markus Preiß (ARD).

La Roumanie exerce la présidence du Conseil de l’Union européenne depuis janvier 2019, pour six mois. Des journalistes allemands de la ZDF et de l’ARD ont déjà exprimé leur surprise de voir Coca-Cola bien en vue en tant que sponsor, notamment lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne à Bucarest le 31 janvier dernier. Les participants ont été accueillis avec des panneaux indiquant que « Le système Coca-Cola soutient fièrement la première présidence roumaine du Conseil de l’UE ». Il y avait aussi des poufs Coca-Cola, des pancartes publicitaires et bien sûr des boissons. Coca-Cola est l’un des rares partenaires « platine » de la présidence roumaine de l’Union européenne ; une relation que la Roumanie décrit comme un ‘partenariat’. L’organisation des brasseurs de bière roumains Berarii et d’autres entreprises sponsorisent également la présidence. Coca-Cola n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle avait sponsorisé la présidence polonaise en 2011.

« Ce parrainage par Coca-Cola de l’une des principales instances politiques d’Europe est tout simplement choquant. Les conflits d’intérêts et l’influence d’un tel sponsoring par un poids lourd de la malbouffe sur l’agenda politique européen et, en fin de compte, sur le contenu de nos assiettes sont inacceptables », s’insurge Karine Jacquemart, directrice générale de foodwatch France.

La stratégie de Coca-Cola, qui a fait l’objet d’une fuite en 2016, montre qu’elle a l’intention de riposter à des mesures d’intérêt général qui iraient contre ses intérêts, comme une éventuelle taxe sur le sucre en Europe. Or justement au cours des prochains mois, les responsables politiques de l’Union européenne doivent examiner par exemple la révision de la législation alimentaire, ainsi que l’importante question de l’étiquetage nutritionnel sur les emballages des denrées alimentaires. Pour foodwatch, ce type de parrainage s’inscrit dans une stratégie de lobbying pour contrer la mise en œuvre de telles mesures.

« foodwatch milite pour une politique européenne vraiment démocratique. Il est temps de donner la priorité aux intérêts des citoyens. Le lobbying, le parrainage et l’influence de l’industrie alimentaire doivent donc cesser, d’autant plus en cette période où la confiance dans la politique et les décideurs est de plus en plus remise en question », poursuit Karine Jacquemart.

foodwatch demande donc de mettre fin au sponsoring avec Coca-Cola et d’autres entreprises privées pour la présidence roumaine, et de mettre en place pour les futures présidences une politique comportant des règles claires pour garantir que de tels parrainages et conflits d’intérêt ne se reproduisent pas.

 

 

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