Jacobin : Lorsque Benoit Vaillot veut manipuler l’histoire…

Dans un article paru dimanche 18 août 2019 dans les DNA, Benoit Vaillot persiste à propager de fausses informations sur l’histoire de l’Alsace.

Par la voix de son président, Eric Ettwiller, docteur et agrégé d’histoire, Unsri Gschìcht s’étonne de l’ignorance de M.Vaillot et dénonce sa tentative de manipulation.

Non ! l’Alsace n’est pas une invention de Louis XIV !
Contrairement à ce qu’affirme M. Vaillot, l’Alsace constitue une vraie région, bien avant que le roi Soleil ne se l’approprie dans les larmes et le sang. Dans son article, M.Vaillot reconnait d’ailleurs que l’Alsace est une réalité géographique bien avant sa conquête progressive par la France. S’il n’y a pas d’identité alsacienne à proprement parlé, c’est tout simplement parce que les Alsaciens sont alors… allemands ! Des Allemands au demeurant très fiers de leur région, comme en témoigne la légende qu’inscrit Daniel Specklin en 1576 sur sa carte de la région : « L’Alsace est la plus belle vallée de Germanie » ! Quant à justifier les massacres perpétrés par les armées de Louis XIV – Turenne en tête – par la nécessité de mettre « bon ordre » (?) en Alsace, cette analyse trahi en réalité une posture politique, indigne d’un historien, fut-il agrégé et doctorant…

La naissance de l’identité alsacienne en France et Allemagne
Contrairement, encore, à ce que prétend M. Vaillot, la province d’Alsace n’a pas créé une « identité commune prononcée » car Louis XIV n’a pas détruit le puzzle territorial. L’identité culturelle alsacienne, fondée sur l’attachement à la culture allemande dans le cadre français, n’apparaît qu’au XIXe siècle avec des poètes comme Ehrenfried Stoeber. L’identité politique alsacienne naît après 1871, lorsque le peuple alsacien constitue la composante majoritaire d’une nouvelle entité territoriale, le Reichsland : la revendication d’une véritable autonomie pour l’Alsace-Lorraine dans le cadre de l’Empire allemand concerne rapidement toutes les forces politiques régionales. L’objectif est presque atteint avec la constitution de 1911 qui place l’Alsace-Lorraine au quasi rang d’Etat de la confédération allemande. Une posture politique M. Vaillot quitte encore la posture de l’historien lorsqu’il juge que ceux qui ont obtenu ce statut et ceux qui voudront le retrouver après sa suppression en 1918 « ont fait le malheur de l’Alsace ». Une assertion historiquement incompréhensible. Qu’est-ce que le « malheur de l’Alsace » ? S’il s’agit des morts des deux guerres mondiales, M. Vaillot devrait savoir que les autonomistes alsaciens n’ont joué de rôle ni dans le déclenchement de ces guerres, ni dans l’incorporation de force. En revanche, l’historien ne peut que constater la concomitance entre la disparition de l’autonomisme et l’éradication des dialectes alsaciens.

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