Brest : inauguration des nouveaux locaux de Sked « c’est le refus de disparaître, digérés dans une globalisation de l’artificiel et du superficiel, coupée des racines et de la réalité des peuples.

Brest, vendredi 20 septembre 2019, les responsables de Sked inauguraient les nouveaux locaux de leur fédération au 201 rue Jean Jaurès après 11 ans passés dans le « bas de Siam ». En présence du maire de Brest, François Cuillandre, et de nombreux élus municipaux (Reza Salami), départementaux ( Hosni Trabelsi) et régionaux ( Lena Louarn), les co-présidents de Sked  ( Bernard Gestin et Pierre Fourel) ont tenu à remercier l’implication de chacun pour la défense et le développement de la langue bretonne sur le territoire du pays de Brest.

Le mot du président, Bernard Gestin :

« Ao Maer,
Itron eil-kuzulierez a’r Rannvro, Lena,
Ao dileuriad ar c’huzul departamant,
Aotrouien ha itronezed eil-maered,
Mignoned ker !

I Da gentañ e fell din hiziv lavarout trugarez :
Trugarez vras d’an Dinaz, d’an ti-Kêr, evit daou dra :

• Bezañ kinniget da SKED dont d’al lec’h nevez-mañ ha kellidet an
terkadurezh anezhañ a-zoare. Pell zo e c’hortozemp kaout ul ti nevez
brasoc’h hag azasaetoc’h da gas da benn hon obererezh !

• Bezañ embannet –e-kreizig-kreiz miz gouere- e vo fichet plakennoù-
straed divyezhek BZH/GLG e Kêr Vrest a-bezh a-feur ma vo digoret
straedoù nevez pe gemmet ar plakennoù kozh. Kement-se a veze
arc’het ganimp pell zo ivez. Ha setu bremañ : graet e vo !

Trugarez da Glen Dissaux, hor rener, evit e labour, e intrudu strujus hag
e verzh er c’henlabour a fiziañs kaset da bennvat gant servijoù Kêr-Vrest.
Trugarez d’hon c’hoskor, d’hor c’helennerien brezhoneg hag ivez da
Marie-Renée, bet o labourat gant Sked adal an deroù !

Trugarez da vBurev Sked, entanet ha atao startijenn gantañ o leviañ ar
vag a-douez ar froudoù hag an tonnoù, dre vulgulioù strizh ha mor drailhet
a-wechoù…

Trugarez ‘benn ar fin d’ar c’hevredigezhioù-ezel eus hon rouedad, atao
leun a vuhez en o labourioù ken liesseurt endro da yezh hag hevelebiezh ar
vro !

M le maire,
Madame la conseillère régionale,
M le représentant du conseil départemental
Mesdames et messieurs les conseillers municipaux et métropolitains,
Chers amis, chers camarades !

Aujourd’hui, je voudrais tout d’abord dire merci !
Merci à la Ville pour deux choses :

1) Pour avoir proposé à Sked de s’installer dans ces nouveaux locaux et pour avoir pris en charge les coûts afférents à ce transfert : cela faisait longtemps que nous souhaitions des installations plus modernes et plus adaptées …

2) Merci pour avoir décidé –courant juillet dernier- de poser partout à Brest les plaques de rue bilingues que nous appelions de nos vœux depuis très longtemps aussi. Voilà chose faite et nous nous en réjouissons profondément !

Merci à Glen Dissaux, notre directeur, pour son travail, son initiative fructueuse et la confiance réciproque qu’il a su instaurer dans son dialogue constructif avec les interlocuteurs municipaux.

Merci à nos salariés, à nos professeurs, à Marie-Renée, active à Sked depuis le début,

Merci à notre bureau, toujours enthousiaste et plein de startijenn, parfois même au milieu des vagues et des courants contraires d’une mer croisée !
Merci enfin à nos associations membres et fédérées au sein de Sked, aux activités si diverses et si nombreuses réunies toutes par l’amour de notre langue et de notre culture !

II D’an eil, ra vin aotreet da ezteurel amañ ar chañs a zo
gant Brest da gaout ac’hanomp, tud Sked :

Bez ‘zo ac’hanomp ur gevread kevredigezhioù digor hag a spered
keodedel.
Kavout a ra dimp e ranker gwareziñ ha diorren n’eo ket hepken ar
spesoù liesseurt a loened hag a blantoù met ivez liesegezh ar yezhoù hag ar
sevenadurioù denel !
Seurt emzalc’h zo yac’h ha salvus : nac’hañ mont da get en ur bed
kevanaozel, troc’het diouzh gwrizioù ar pobloù a ya d’en ober.
Hon hevelebiezh breizhek a zo pezh hon ziforc’h, pezh hon zigemm,
hon merk dibar war ar bed-mañ.
Atebegezh ha dlead pep hini ha pep stroll e rankje bezañ eta
kenerzhiñ ar Vreizhadelezh ha laouen omp-ni e ti Sked o labourat bemdez
gant ar pal-se.

En second lieu, je voudrais dire combien Brest a de la chance d’avoir une fédération d’associations comme Sked !

Nous sommes ici des gens ouverts et à l’esprit civique. Nous pensons que dans le monde actuel, il ne suffit pas de ne défendre et promouvoir que la biodiversité des espèces animales et végétales, encore faut-il y ajouter les peuples, les langues et les cultures !
Cette attitude est saine. Elle est même salutaire : c’est le refus de disparaître, digérés dans une globalisation de l’artificiel et du superficiel, coupée des racines et de la réalité des peuples.
Car notre identité bretonne –elle-même multiple et variée- c’est bien ce qui nous DISTINGUE, aux deux sens de ce mot : elle nous différencie et elle est aussi la marque de notre qualité humaine spécifique.
La promouvoir, c’est la responsabilité et le devoir collectif de tout responsable : à Sked en tous cas, nous sommes heureux d’y contribuer à notre échelle et avec nos moyens !

III Ober a rin bremañ evit echuiñ un nebeut Kinnigoù
d’an dilennidi ha d’an divizerien evit kas an traoù war-raok
pelloc’h c’hoazh :

• Gwarezit ha lakit muioc’h war wel hon anvioù-lec’h : int eo a zo hon
GLAD DIZANVEZEL dibar !
Ha kouskoulde, dre ziegi pe di-ouiziegezh e kendalc’h kumunioù zo
da zistrujañ anvioù parzhioù bet en o lec’h abaoe 1000 bloavezh a-
wechoù !

Ret groñs eo paouez gant se : distruj anvioù-lec’h milbloaziek zo
kevatal gant pulluc’hañ levraouegi ! Ha n’eo ket servijoù-kreiz ar Post
a zo atao e kaoz aze !

Kinnig a reomp amañ sevel e Brest ha tro-dro ur bodad arbennik ez-
dinazel da studiañ pizh ar c’hadastr, da aliañ hag ober kinnigoù
pleustrek d’an divizerien evit an anvioù-straed.

• Eilvet kinnig : divyezhekaat logoioù Kêr-vBrest, ar Meurgêr hag ar
frammoù tost hag ivez o fanellerezh diavaez ha diabarzh, karbedoù
hag all…

• Trede c’hoant erfin : harpañ kreskiñ muioc’h ha strewiñ dre-holl
niver ar skolioù ha magourioù brezhonek e kêr.

En dernier lieu, trois propositions concrètes pour faire un autre pas en avant :

1) Protégeons et rendons visibles chaque fois qu’on le peut nos NOMS DE LIEUX ! Il s’agit de notre patrimoine immatériel inégalable et
inaliénable. Des cas récents ont attiré l’attention sur la destruction de noms bretons de parcelles présents parfois depuis 1000 ans pour les remplacer par la rue des mimosas ou des myosotis : c’est inacceptable et les services centraux de la Poste ne sont pas les seuls à incriminer : on a affaire ici à de l’inculture et à de l’inconséquence coupable. Nul ne dispose du droit de détruire ainsi l’identité d’un peuple et d’un territoire, ce qui revient en fait à chaque fois à brûler une bibliothèque.

Nous proposons donc ici la création d’une commission extra-municipale sur les noms de rues (avec la participation d’Ofis ar Brezhoneg) ayant pour mission l’étude précise du Cadastre et la formulation de propositions pratiques aux responsables.

• Deuxième proposition : bilinguiser les logos et la signalétique externe comme interne de la Ville, de la Métropole et de leurs
structures annexes, véhicules y compris. Comme au Pays de Galles ou comme en Ecosse gaélique…

• Dernière demande enfin : accentuer l’aide à la création et au développement des crèches et des écoles en breton pour un maillage
plus général de notre territoire urbain et péri-urbain.

crédit photo Philippe Parisse

 

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