Rouen : L’État nous doit la vérité et LUBRIZOL doit payer, manifestation mardi 8/10

Rouen, mardi 8 octobre 2019, L’État nous doit la vérité et LUBRIZOL doit payer !

Pour la transparence, la vérité et une expertise indépendante
Manifestation Mardi 8/10– 18h – Rouen – Palais de Justice

Mardi 1er octobre, 5000 personnes ont défilé dans les rues de Rouen. Une puissante mobilisation, exprimant dans ses mots d’ordre l’inquiétude et la colère : « Lubrizol coupable – Etat complice », « Lubrizol doit payer – On veut la vérité », « Durand nous ment – Comme le gouvernement » .
Personne ne peut se sentir rassuré par les propos du gouvernement depuis l’incendie… Bien au contraire !
Six ministres, dont le premier d’entre eux, Edouard Philippe sont venus à Rouen, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’entre les propos d’un Castaner qui déclarait quelques heures après l’incendie qu’il n’y avait pas «de dangerosité particulière » et ceux d’une Buzyn qui indiquait le même jour que la ville était « clairement polluée » on avait déjà de quoi s’inquiéter. Et alors que Blanquer a autorisé la réouverture des établissements scolaires, Guillaume a gelé la consommation de tous les produits agricoles sur 112 communes de l’agglo mais la pollution est sans doute plus large… Mais plus les jours passent, plus il devient difficile aux autorités publiques de nier qu’il s’est passé quelque chose de très grave pour l’ensemble des travailleurs, de la population et de l’environnement.

Alors pourquoi ne pas avoir écouté l’alerte lancée par les organisations syndicales dès le premier jour, les
associations environnementales et les collectifs de riverains?
 Pourquoi le principe de précaution de protection des travailleurs et de la population n’a pas été mis en
œuvre dès la connaissance d’un incendie majeur dans une usine SEVESO seuil haut notamment par
l’activation des sirènes d’alarme ?
 Pourquoi le préfet n’a-t-il pas daigné recevoir en personne la délégation constituée mardi soir à la fin de
la manifestation ?
 Pourquoi les autorités ne répondent pas à nos questions précises sur les analyses effectuées et les
risques de multiplication des cas de cancer à moyen terme liés aux différents cancérogènes dont les
(HAP, benzène, amiante) et aux dioxines ?
 Pourquoi aucune mesure claire de protection n’a-t-elle été lancée pour protéger les riverains depuis
une semaine ?
 Pourquoi des pressions inacceptables s’exercent-elles contre les salariés, du public comme du privé
qui exercent leur droit de retrait ?

Les autorités politiques veulent-elles étouffer une des plus grosses catastrophes sanitaires liées à la course aux profits des industriels ? Et ce n’est pas le numéro vert, que nous avons testé ce matin, qui permettra à la population d’avoir les réponses qui ne sont pas marquées sur les fiches à disposition des téléopérateurs d’un centre d’appel privé !

Si la liste des familles de produits chimiques a été publiée, l’information reste bien incomplète pour répondre à la transparence complète « voulue» par le 1er Ministre.
Nous exigeons notamment la publication sur le site de la préfecture :
 de la composition exacte des produits et donc la levée du secret de fabrication,
 de TOUS les résultats d’analyses (eau, sol, air, végétaux, lait…) avec les modes opératoires de
prélèvement (justification du choix des appareils, choix des polluants, périmètre…),
 de toutes les notes internes entre les différents services de l’État ( DREAL, inspection du travail,
DIRECCTE, SDIS, ARS, ANSES…) à destination des Ministères Santé, Intérieur, Travail, Écologie, 1er
Ministre…. et de la Préfecture de Région ainsi que les notes produites par les scientifiques soi-disant
consultés,
 de tous les documents détenus par les services de contrôle de l’État (DREAL, Inspections du
travail, ASN…) concernant les entreprise LUBRIZOL et Normandie Logistique en matière de santé au
travail et d’environnement, dont la liste des incidents, des manquements, des infractions constatées
depuis le nuage de Mercaptan en 2013,

Les mensonges de l’État concernant le nuage de Tchernobyl ou plus récemment la contamination au plomb autour de Notre Dame de Paris nécessite la mise en œuvre d’une expertise scientifique indépendante, chercheurs et universitaires, de l’État et du lobby industriel sur les aspects suivants :
 Risques pour les travailleurs lors du sinistre (salariés de Lubrizol et la zone – pompiers publics et
privés – policiers….), lors des opérations de nettoyage, pompage en cours dans le cadre de
l’exigence d’une dépollution complète du site
 Risques pour les autres travailleurs privés et publics comprenant notamment le nettoyage des
locaux, des cours et voiries…et les expositions passives
 Risques pour les riverains, pour l’ensemble de la population touchée, sur les effets à court – moyen
et long termes (périmètre géographique et des pathologies à déterminer par les experts
indépendants dans cadre débat public…)
 Risques pour l’environnement (air – eaux – sols…)
 Risques sanitaires avec mise en œuvre d’un registre dédié
 Préconisations sur le suivi des populations exposées, la mise en œuvre des registres de cancers, la
reconstitution des expositions que l’on soit d’ici ou d’ailleurs, nomades ou sédentaires, en situation
de grande précarité
 Mesures de prévention à mettre en place pour empêcher de nouveaux accidents type
AZF/LUBRIZOL :
 moyens humains, juridiques et indépendance des corps de contrôle (Inspection travail,
installations classées, ARS, vétérinaires….), des organes délivrant des autorisations d’exploiter,
de stockages…
 recommandations sur le fait de laisser ou non des secteurs de production (Chimie, Nucléaire,
laboratoire pharmaceutiques…) ayant des effets majeurs sur la santé des travailleurs et des
populations entre les mains d’entreprises privées ou publiques dans un environnement de
concurrence mondialisée – Formulé autrement, la course aux profits et la concurrence sont-elles
compatibles avec la protection de notre santé ?!

Nous exigeons :
 La protection des lanceurs d’alerte, des salariés, des syndicalistes, des riverains qui doivent pouvoir
témoigner sans crainte et opérer des prélèvements de polluants sans risque de sanction disciplinaire,
 Une campagne de communication du gouvernement sur le droit des salariés d’utiliser le droit de retrait
en cas de « motif raisonnable de penser (que la situation) présente un danger grave et imminent pour
sa vie ou sa santé … », disposition du code du travail qui s’applique aussi pour des risques de cancer à
long terme. L’interdiction de retraits de salaires pour les salariés privés / publics en absence de
décision judiciaire compte-tenu des abus en cours,
 L’abrogation des mesures d’assouplissement de la réglementation (code de l’environnement – code du
travail) sur les aspects santé au travail – environnement et le rétablissement immédiat des CHSCT
supprimés par Macron avec droit d’arrêt des productions / droit de veto et droits d’expertise renforcés,
 La prise en compte des fibres courtes dans le comptage de la concentration d’amiantes demandés par
l’ANSES en 2012, l’obligation de désamianter les sites industrielles concernés par le risque incendie,
 La simplification du droit d’indemnisation par LUBRIZOL pour les victimes, dont le préjudice d’anxiété et
prise en charge des frais d’avocats et d’expertise judiciaire,
 La mise sous contrôle permanente du site sous tutelle d’un juge d’instruction pour éviter tous risques de
« modification volontaire » de la scène de l’accident, la tenue du procès pénal à Rouen,
 L’impunité Zéro contre la délinquance en « col blanc » en matière de santé au travail et d’atteinte à
l’environnement,
 La prise en charge par LUBRIZOL selon le principe « pollueurs-payeurs » de tous les coûts directs et
indirects dont les analyses, les actions de dépollutions, restaurations des sols et des végétaux,
l’expertise indépendante exigée, les frais de justice, le chômage partiel, les pertes d’exploitations des
paysans, les frais médicaux et les arrêts de travail,
 Une enquête indépendante sur la responsabilité des industriels et de l’État,

Si le gouvernement et le préfet ne s’engagent pas par écrit à répondre positivement à nos exigences à l’issue de la manifestation de mardi prochain, nous appelons à unedeuxième manifestation Samedi 12 octobre à 15h Palais de Justice.

Premiers signataires : CGT – Solidaires – FO – FSU- Confédération paysanne – Syndicat des avocats
de France – Le collectif des riverains LUBRIZOL – Gilets Jaunes Rouen – Front Social – France Nature
Environnement – Association Henri PEZERAT – Syndicat de la Médecine Générale – ATTAC –
Alternatiba (coalition climat) – CREAL 76 –ASTI Pt Quevilly- PCF- LFI – EELV- SAGV- GR- UCL- NPA.

Bonjour, laissez ici votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.