HAMON MARTIN QUINTET -CLAMEURS- folk francophone

Vendredi 29 novembre 2019, Coop Breizh Musik conclut en beauté 2019 :

Porté par la voix tellurique de Mathieu Hamon, le Hamon Martin Quintet propose avec Clameurs (son 7è album) sa définition d’un folk
francophone d’aujourd’hui. Une expression chantée collective et populaire, contestataire et sociale, amoureuse et révoltée. Un mélange
sans étiquette de chansons traditionnelles, de chansons d’auteurs classiques et d’œuvres contemporaines. Une culture musicale partagée que le marché aurait délaissée mais dont la mémoire collective se serait emparée. Le groupe renoue en cela avec le message porté dans les années soixante par les fondateurs du mouvement folk, Woodie Guthrie et autre Pete Seeger.

Dans Clameurs, le Hamon Martin Quintet reprend quelques grandes complaintes traditionnelles comme « La blanche biche » ou « La
perdrix blanche », ainsi que des chansons de Glenmor, Vigneault, Couté, Brassens, Trenet ou Brigitte Fontaine. Il met également en musique des textes spécialement écrits pour l’occasion par Sylvain GirO.
Le Hamon Martin Quintet investit dans cette nouvelle aventure vingt ans de vie musicale commune, entre musique à danser de Haute Bretagne et influences musicales fructueuses (jazz, musique arabe du Proche-Orient avec Kharoub, chanson…). Au centre, la voix ample et habitée de Mathieu Hamon, sur les côtés les envolées virtuoses et inspirées de Janick Martin (accordéon diatonique) et Erwan Hamon (bombarde, flûte traversière en bois). En soutien, la rythmique implacable et les harmonies audacieuses de Ronan Pellen (cistre) et Erwan Volant (basse). Le son du Hamon Martin Quintet se caractérise par cette élégance et cette musicalité mêlées à une énergie et un groove acquis lors des festoù-noz (bals bretons). Dans cet album, il s’adjoint le concours de Rosemary Standley (Moriarty, Birds on a Wire) qui apporte un timbre folk plus typiquement anglo-américain, de Julien Padovani (Ciac Boum, Thierry Balasse La Face cachée de la lune, Dominique Pifarély…) à la direction artistique et aux claviers qui élargissent le spectre sonore du quintet et Raphaël Chevé (Out of Nola) à la batterie.

Avec Clameurs, le Hamon Martin Quintet se réinvente et porte haut le chant du peuple…
Mathieu Hamon : chant / Erwan Hamon : bombarde, flûte traversière en bois / Janick Martin : accordéon diatonique
Ronan Pellen : cistre, violoncelle / Erwan Volant : basse

Invités :
Rosemary Standley : chant / Julien Padovani : claviers / Raphaël Chevé : batterie

De la musique bretonne à danser au folk francophone ; de Notre Dame des Landes à Clameurs…
Groupe emblématique de la musique à danser de Haute-Bretagne (partie orientale et francophone de la Bretagne), le Hamon Martin
Quintet s’est forgé en bientôt vingt ans d’expérience un langage musical singulier. D’une nature fonctionnelle au départ (musique à danser), son répertoire de textes est passé du fonds ancien aux compositions contemporaines, des chansons traditionnelles collectées dans le territoire de la francophonie – du Québec à la Réunion – à la chanson française actuelle en passant par les musiques du monde (en particulier l’exploration de la musique arabe du Proche Orient avec les frères Basel et Yousef Zayed dans Kharoub).
Depuis « Notre Dame des Oiseaux de Fer » en 2010 composé pour le quintet par Sylvain GirO et devenu la protest song contre le projet d’aéroport de NDDL, le Hamon Martin Quintet n’a cessé au fil de ses albums de déployer son engagement militant à travers des chansons poétiques et politiques (poélitique dirait Bernard Lubat) revendiquant ici la richesse de la terre, l’égalité des hommes, l’héritage de nos pères et mères ; dénonçant là les pouvoirs usurpés, la spoliation des terres par les colons et les intérêts financiers.
Avec Clameurs, c’est un choix délibéré de poursuivre cette voie vers la chanson en tant que vecteur d’une émotion collective. Ce faisant, le quintet épouse les contours des débuts du mouvement folk plaçant dans un même creuset chanson traditionnelle et chanson française, et affiche sensiblement son amour pour les Ferré, Brassens, Magny, ou encore l’épopée Saravah.

Le répertoire
Ce disque s’articule autour des trois types de chansons : le fonds ancien, le chant de révolte et la chanson populaire française. Tissés au moyen de chansons contemporaines écrites spécialement pour l’occasion pour parler des racines, des luttes et des espérances du monde d’aujourd’hui, ces trois pôles de textes présents dans le patrimoine francophone forment le socle commun d’un folk sans cesse renouvelé.
Dans un premier temps, il replace les textes anciens collectés sur le territoire de Haute-Bretagne dans l’ensemble plus vaste de ce que l’on appelait « la vieille chanson » avant que le folk-revival ne choisisse le terme traditionnel. Ainsi, des textes comme « La blanche biche » trouvent naturellement leur place aux côtés de « La perdrix blanche » et « M’en revenant des noces », collectées et chantées par Catherine Perrier.
Puis vient un temps où la chanson contestataire, portant les espérances populaires, rejoint le corpus d’un héritage commun, parfois de
paroliers anonymes comme dans la célèbre « Chanson de Craonne » ou encore chez Gaston Couté dans « Nos vingt ans » ou dans « La
complainte du partisan » d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie
Ces deux types de textes entrent en résonance, dans leur structure ou dans leurs thèmes avec ceux de grands chanteurs comme Gilles
Vigneault, Brigitte Fontaine, Georges Brassens, Charles Trenet. « Renaud, Renaud » fait écho au roi des vieilles chansons, « J’ai planté un chêne » et « le brin d’herbe » semblent se battre avec désespoir contre le bulldozer du progrès.
Enfin, des textes écrits pour cet album par Mathieu Hamon et Sylvain GirO croisent sujets poétiques et politiques, formes de chansons
classiques ou traditionnelles pour raconter la vie, les combats et les rêves d’un monde pris entre le désarroi et l’espoir à l’instar de « La
vénéneuse », « L’amertume », « Sous le vent de la Palestine » et bien évidemment « Cerises d’amour », qui se fait l’écho de célèbres chants de lutte.

Avec Clameurs, le Hamon Martin Quintet se réinvente, bousculant ses habitudes prises dans la musique à danser. De cette expérience du bal, il tire une énergie, un sens du collectif et du commun pour porter haut le chant du peuple et nous amener à nous réemparer d’une chanson populaire, libérée de l’influence du marché.

 

Bonjour, laissez ici votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.