Élevage français : tout doit disparaître ?!

mercredi 27 novembre 2019,Le Parlement européen s’apprête à voter, jeudi 28 novembre, en faveur d’une augmentation du contingent accordé aux États-Unis dans le cadre de l’accord entre l’Union européenne et les USA dit « Panel Hormone ». Ce contingent, d’un volume de 45 000 tonnes au total (répartis entre les USA, l’Australie et les pays d’Amérique du Sud), se verrait progressivement attribué aux États-Unis qui pourraient à terme exporter 35 000 tonnes de viande bovine vers l’UE sans droit de douane, soit trois fois plus qu’à l’heure actuelle. En cette semaine de Black Friday, les eurodéputés vont-ils également brader l’élevage français et signer sa disparition ?

Des viandes élaborées en deçà des standards européens
Au-delà de l’aberration économique que représente un tel accord, c’est la santé des consommateurs européens qui est en jeu avec des risques sanitaires et environnementaux importants. Ces viandes garanties « sans hormones » n’en sont pas moins issues de feedlots contenant en moyenne 30 000 bovins, engraissés aux antibiotiques activateurs de croissance, pratique prohibée au sein de l’Union européenne. Les farines animales et les farines de non-ruminants font également partie des aliments distribués aux bovins, pratiques là encore strictement prohibées en UE.

Mangeons ce que l’on produit, produisons ce que l’on mange !
La Coordination Rurale déplore que la politique adoptée par la Commission européenne et les acteurs de la filière bovine française soit orientée vers une maximisation des échanges. Ils ne peuvent nier que vouloir exporter, c’est également accepter d’importer comme l’indique Alexandre Armel, responsable de la section Viande de la Coordination Rurale : « Dans un contexte où notre balance commerciale pour la viande bovine est légèrement déficitaire, rien ne justifie la pratique à outrance de l’import-export qui ne bénéficie même pas aux éleveurs ! ». Si les producteurs seront effectivement perdants, les consommateurs verront s’éloigner de leur assiette des produits de qualité (alimentation contrôlée, traçabilité, norme sur le bien-être animal…) et devront se contenter de produits d’importation, notamment en restauration collective.

Il est de plus fort probable que les autres pays accédant au « Panel Hormone » qui verront mathématiquement leurs contingents respectifs diminuer, demandent des compensations. Ce point nous apparaît crucial étant donné que des accords commerciaux sont toujours en négociation avec notamment les pays du Mercosur.

Il est primordial que le Parlement européen s’oppose à cet accord commercial avec les USA qui mettrait à terre les agriculteurs européens déjà au plus mal. Dans un contexte de sanctions commerciales sur le vin et les fromages français, rien de justifie cette offrande faite aux USA !

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