« Rue Youenn Drezen » débaptisée à Pont-L’Abbé : Le Parti Breton demande de la cohérence.

Le 27 novembre 2019, M. Le Doaré, maire de Pont-L’Abbé, a confirmé qu’il allait débaptiser la rue Youenn Drezen, du nom de ce grand écrivain de langue bretonne du XXème siècle. Il a donc «annoncé» la décision du prochain conseil municipal du 3 décembre.

Sur la forme, le Parti Breton s’étonne que cette décision se fasse sans véritable concertation et contre l’avis de la population concernée. Cela aurait évité les remous actuels. A trois mois des élections municipales, c’est un mauvais signe pour la démocratie locale.

Sur le fond, les activités journalistiques de Youenn Drezen pendant la Seconde Guerre Mondiale ont fait l’objet d’une enquête à la Libération, classée sans suite, notamment grâce au soutien du résistant René-Yves Creston et du directeur de l’Humanité Marcel Cachin. On peut ajouter qu’en 1979 lors de l’inauguration par Per Jakez Hélias en présence des élus et de représentants syndicaux communistes de la CGT personne ne trouvait rien à redire. Cela dit, les travaux d’historiens peuvent être utiles pour établir son degré d’implication. Le débat doit rester ouvert et serein.

Mais M. Le Doaré n’est pas historien, il est maire. A ce titre, il doit être juste et cohérent. Il est établi qu’un nombre très important d’hommes de lettres et de journalistes français de l’époque ont ouvertement collaboré, et beaucoup d’entre eux ont leur rue dans les communes de France. Qu’en pense-t-il ? Allons plus loin : à Pont-L’Abbé, pourquoi ne débaptise-t-il pas la rue Voltaire, écrivain raciste et antisémite et homme d’affaires esclavagiste ? S’il assume sa décision, il doit être cohérent jusqu’au bout.

Mais M. Le Doaré ne s’arrête pas aux écrivains. Pour justifier sa décision, il compare Youenn Drezen à Pierre Laval et Maurice Papon. Le premier est un ministre et président du conseil fusillé en 1945, le second un préfet et ministre reconnu coupable de complicité de Crime contre l’Humanité en 1998. Bigre ! Cette comparaison est-elle raisonnable ? Youenn Drezen n’était pas un homme politique mais un écrivain, et il n’a tué personne. Le Parti Breton rappelle que la déportation, le génocide et l’esclavage sont des Crimes contre l’Humanité reconnus par la Cour Pénale Internationale. Dans cette logique, en 2017, Emmanuel Macron a qualifié le colonialisme de Crime contre l’Humanité. Si M. Le Doaré veut dénoncer cela, nous lui proposons de débaptiser la rue Jules Ferry et la place Gambetta, du nom de deux hommes politiques colonialistes. Encore une fois, M. le maire doit être cohérent jusqu’au bout !

Le Parti Breton appelle donc M. Le Doaré et l’ensemble des conseillers municipaux à reconsidérer cette décision lors du conseil municipal du mardi 3 décembre. Il propose de les rencontrer afin d’échanger sur la question et trouver une solution.

Le bureau du Parti Breton

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