Nantes : Qui dégrade les biens publics, Société Générale ou les militant.e.s climat?

Nantes, samedi 8 février 2020,18 militant·es de Attac44, GIGNV et XR-Nantes ont recouvert de produit nettoyant les vitrines de l’agence Société Générale place Royale. Par cette action, ils entendent dénoncer les pratiques de la banque qui dégrade les biens publics tels que le climat et les hôpitaux. Cette action vient en soutien aux citoyen·nes de Nice et de Saint-Nazaire qui sont poursuivi·es pour avoir mené le même type d’action.

Ce matin à 11h, 18 militant·es ont repeint en noir les vitrines de l’agence Société Générale de place Royale avec du blanc de meudon, produit nettoyant et non dégradant. Avec cette action, ils entendent montrer qui dégrade réellement les biens publics.
En effet, le 11 février prochain, 9 citoyens de Nice passeront en procès pour avoir mené la même action le 26 octobre 2019, à l’issue de laquelle ils ont passé 48 heures en garde à vue. À Saint-Nazaire, un militant passera en procès le 25 mars prochain. Ils sont poursuivis pour « dégradation de biens publics et privés en réunion ». La Société Générale demande 12 500 € de dommages et intérêts pour le nettoyage de ses vitrines. Pourtant, pour les activistes, c’est bien Société Générale et son directeur, Frédéric Oudéa qui devraient passer en procès pour dégradation volontaire des biens publics.

Théo, d’Extinction Rebellion Nantes, souligne « la disproportion entre les dommages et intérêts demandés par la banque et les conséquences de l’activité de cette banque. Le blanc de meudon est un produit nettoyant qui se nettoie à sec, alors que les activités de la banque nuisent gravement à nos services publics et au climat. Qui est légitime pour continuer à mener ces activités ? »

Premièrement, cette banque dégrade le climat en investissant dans les énergies les plus sales (gaz de schiste, sable bitumineux, forage en eaux très profonde, forage en arctique…).  Dans leur dernier rapport, les Amis de la terre et Oxfam montrent que Société Générale est la banque française dont les activités ont la pire intensité carbone *. Son activité émet 390 grammes d’équivalent CO² par euro, contre 383 grammes pour la BNP Paribas et 183 grammes pour BPCE.
De plus, elle est aussi la première banque mondiale à soutenir le développement des terminaux d’exportation des gaz de schiste nord-américains.
Philippe, porte-parole du GIGNV, précise : « Cela fait presque deux ans que nous pressons Société Générale pour qu’elle se retire du secteur des gaz de schiste, notamment en arrêtant son rôle de conseiller financier pour le terminal Rio Grande LNG, qui émettra autant de CO² que 44 centrales à charbon, ceci au mépris des populations autochtones. »

Deuxièmement, cette banque est impliquée dans de nombreux scandales financiers : manipulation du taux interbancaire Libor, versement de commissions illicites à un intermédiaire proche du régime de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi, perte de 5 milliards d’euros par Jérôme Kerviel, Panama Papers…

« L’évasion fiscale, domaine où la Société Générale est passée maître, nous coûte chaque année 80 milliards d’euros. Ce qui est plus que le déficit public de la France. À l’heure de la réforme des retraites et alors que le personnel hospitalier tire la sonnette d’alarme, il est scandaleux que les responsables du pillage des ressources publiques ne soient pas poursuivis », a déclaré Benjamin, porte-parole d’Attac 44.

 

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