Choucas des tours* : la cohabitation est possible !

Lundi 9 mars 2020, Quatre associations de protection de la nature proposent des solutions au monde agricole et aux villes

Depuis une dizaine d’années, l’expansion du Choucas des tours est une source de nuisances pour le monde agricole (destruction de semis, perçage de bâches, consommation d’ensilage), et aussi dans les villes, où il a élu domicile. Il existe des solutions, les associations de protection de la nature que sont Bretagne Vivante, LPO Bretagne, Viv’Armor Nature, GEOCA proposent de les appliquer au monde agricole et dans les villes.

Le Choucas des tours en Bretagne Comme semble l’attester le nombre élevé de jeunes Choucas à l’envol en Bretagne, ce petit corvidé
opportuniste a su tirer parti d’une nourriture abondante en toutes saisons : tout laisse à penser que cette espèce semble avoir profité en particulier du développement de la maïsiculture sur des espaces autrefois occupés par des prairies permanentes.

Des actions inefficaces à ce jour
Malgré l’augmentation constante des quotas de destruction accordés par la Préfecture** les dégâts occasionnés aux semis se renouvellent d’année en année et les plaintes des agriculteurs comme celles des riverains ne cessent de croître. Il est urgent d’aider le
monde paysan breton à adapter ses méthodes de production dans le respect du vivant.
Les associations environnementales, quant à elles, restent opposées à une politique de destruction aveugle d’une espèce protégée qui est inefficace. Il est aujourd’hui important d’identifier et de traiter les causes de leur prolifération.

Lancement d’une étude scientifique
Une étude scientifique vient d’être lancée en Bretagne par la DREAL : elle a pour objectif d’étudier la dynamique de population du Choucas des tours.
Cette étude portera sur 3 axes :
1. L’évaluation de la répartition de la population reproductrice du Choucas des tours,
2. L’étude de son comportement et de son utilisation de l’habitat,
3. La connaissance de son régime alimentaire.  »

Cette étude vient d’être lancée en Bretagne. En attendant les résultats, les associations de protection de la nature (Bretagne Vivante, LPO Bretagne, Viv’Armor Nature, GEOCA) sont prêtes à accompagner les élus (et les particuliers) ainsi que le monde agricole vers
un changement de regard, voire une transition agroécologique, en expérimentant avec eux des alternatives déjà existantes, simples à mettre en place et peu onéreuses (obturation des cheminées, accès limité aux sources de nourriture…).

*Le choucas est une espèce protégée au niveau national
** De 5000 en 2017 et 2018, on est passé à 12 000 en 2019, dont 3 000 sur la seule communauté de communes de
Quimperlé),

Des solutions pour accompagner les populations

Les agriculteurs
Enjeu → limiter l’accès à la nourriture par tous les moyens appropriés, en particulier dans les bâtiments d’élevage où l’ensilage de maïs destiné aux bovins concentre une quantité de volatiles pendant la période hivernale, et aussi sur les chaumes après la récolte du maïs grain.

-La Fauconnerie : dispersion des dortoirs avant la période de nidification
o L’effarouchement des colonies par diffusion de sons (sur des espaces relativement restreints) : dès fin février et sur quelques semaines.
o Plantation d’arbres dans les zones périphériques non problématiques (commerciales, industrielles…) pour fournir des zones de report aux oiseaux.
o La mise en place de perchoirs à rapaces.
o La réalisation de semis « propres » : pas de grains ou semences à la surface des champs + maïs planté plus profondément.
o Les bâtiments et équipements : filets, volets roulants pour fermer les hangars, système de protection des auges…
→ Mais seul un changement du modèle et des productions agricoles dominantes permet d’envisager un équilibre « naturel » pérenne dans le temps !

Les élus et les particuliers
Enjeu → réduire sensiblement les sites de reproduction.
o Obturation des cheminées (= 84 % des lieux de nidification en milieu urbain) : grilles, chapeaux… en laissant l’accès aux cavités aux
chiroptères et petits passereaux cavernicoles
o Mesure compensatoire pour les rapaces nocturnes (pour lesquels conduits = pièges mortels), installation de nichoirs adaptés… dans les bâtiments agricoles.

Le Choucas des tours
Coloeus (anciennement corvus) monedula
Il se distingue facilement par une plage gris clair à l’arrière de la tête
Le choucas des tours est sédentaire dans l’ouest de l’Europe
Taille / envergure : 33-34 cm / 67-74 cm
Poids: 220-270g
Habitat : Niche dans un trou d’arbre ou de bâtiment, un nichoir
Alimentation : graines, bourgeons, petits invertébrés, baies
Reproduction : 4 à 6 œufs, d’avril à juillet

 

Le saviez-vous ?
Les destructions :
– entraînent le maintien, voire l’augmentation des populations, qui sont toujours aussi nombreuses.
– sont jugées inefficaces sur le moyen et long terme, tant que les conditions d’accueil de l’espèce (ressources en nourriture et possibilités de nidification) resteront optimales.
– incitent à des reproductions plus élevées pour compenser les pertes, notamment lorsqu’elles sont opérées sur les jeunes

Position du ministère de la Transition Ecologique et Solidaire
(Journal Officiel du Sénat, 27 juin 2019, p. 3408)
Afin de limiter ces dégâts, des dérogations à l’interdiction de destruction de l’espèce sont accordées dans le Finistère depuis 2007, et dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan, plus récemment. (…) Mais cette situation n’est pas pérenne. Il faut comprendre en effet pourquoi certaines espèces d’oiseaux désertent nos campagnes alors que d’autres plus opportunistes profitent au contraire de l’augmentation des ressources alimentaires disponibles issues des nouvelles productions agricoles. Une maîtrise à long terme des populations de choucas des tours implique des méthodes raisonnées de prévention et de lutte, et devra nécessairement passer, entre autres, par la réduction de l’accès à ces ressources alimentaires à l’échelle des exploitations agricoles. »

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