COVID-19 : Pourquoi l’Alsace a-t-elle été sacrifiée. UNSER LAND demande une commission d’enquête parlementaire

Lundi 23 mars 2020,

« Nous sommes en guerre » a répété 6 fois le président Macron lors de son intervention télévisée du 16 mars.

 

Les conditions hors normes exigeant le recours à la solidarité nationale avec le transfert de malades alsaciens et en particulier haut-rhinois dans d’autres régions, ainsi que la mise en place d’un hôpital militaire de campagne à Mulhouse en soutien aux moyens locaux, afin de faire « face à l’afflux de patients et à la saturation des hôpitaux » et sachant « ce qu’ils [les alsaciens] vivent depuis des jours et des jours, nous sommes avec eux ».

Pourtant, lors de sa précédente intervention 4 jours plus tôt, le jeudi 12 mars, le président Macron certifiait que toutes les conditions étaient réunies pour que le 1er tour des élections municipales puisse se dérouler dans de bonnes conditions.

 

Ce revirement radical de posture de la présidence de la République, en quatre jours seulement, interpelle Unser Land.

 

Jean Rottner, président de région, est allé encore plus vite et plus fort dans le retournement. Il constatait sur son compte Twitter le 13 mars avec satisfaction que « la vie continue [à Mulhouse]. Que les terrasses se remplissent ». Avant de témoigner moins de 48h plus tard dans le Figaro : « C’est terrible », mettant en avant la saturation des moyens en Alsace. Egalement président du conseil de surveillance des hôpitaux de Mulhouse, il n’avait donc pas une vision au-delà de 48h avant l’afflux irrémédiable de nouveaux malades.

 

Volonté de cacher la vérité ? Incapacité à assumer le poste ? La posture de M. Rottner interpelle.

 

Pourtant tout démontre que la mécanique du drame était enclenchée depuis plusieurs jours. La progression des cas, en Alsace comme ailleurs, suivant tant que des mesures drastiques ne sont pas prises, des lois statistiques imparables. Voir graphique 1, le comparatif de l’évolution du nombre de cas par million d’habitant entre Haut-Rhin, Bas-Rhin et Lombardie.

 

Or la Lombardie a annoncé la saturation de ses moyens et la nécessaire mise en place de critères de tri des patients dès le 8 mars.

 

Avec un nombre italien de lits de soins intensifs par millier d’habitants à peine inférieur au chiffre français, il était donc logique de prévoir la congestion des hôpitaux pour un nombre de cas par million d’habitants environ équivalent.

 

Soit vu le décalage entre Lombardie et Haut-Rhin, 5 à 6 jours plus tard. Cela rendait la saturation des hôpitaux haut-rhinois aux alentours des 15 et 16 mars prévisible une semaine à l’avance.

 

Enfin, depuis le mardi 17 mars, et des chiffres déjà biaisés par la non affectation départementale de 210 cas avérés dans le Grand-Est, il n’y a plus de chiffres « alsaciens » de l’évolution de la maladie. Ce qui est pour le moins perturbant alors que le 15 mars, l’Alsace représentait 70% des cas confirmés du secteur.

 

Volonté délibérée de masquer les chiffres ? Incapacité pour l’ARS de gérer une trop grande région ? Unser Land pose la question.

Unser Land s’interroge sur les motivations profondes qui ont conduit les exécutifs national et local, en les personnes de MM. Macron et Rottner, à sciemment laisser la situation poursuivre sa dégradation, sans prendre dès la semaine du 12 mars les décisions pourtant évidentes qui s’imposaient immédiatement à l’Alsace : confinement immédiat des populations et ajournement des élections municipales.

 

Unser Land demande donc aux députés et sénateurs alsaciens de déposer une proposition de résolution visant à la création d’une commission d’enquête parlementaire qui visera, en connaissance des faits exposés ci-dessus, à examiner la gestion de la crise sanitaire en Alsace, tant par les services de l’Etat que par ceux de la Région Grand-Est, afin de comprendre pourquoi la décision a été prise de risquer la santé des Alsaciens.

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