Encadrer les épandages pour limiter la propagation du coronavirus

Mardi 31 mars 2020, communiqué signé par Eau et Rivières de Bretagne, le Collectif de soutien aux victimes de pesticides, Nous voulons des coquelicots et l’Arbre indispensable.

Dans le contexte sanitaire lié à l’épidémie Covid-19 que nous traversons, nos associations demandent au Préfet de la Région Bretagne de limiter drastiquement les épandages agricoles afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus.

En effet, comme viennent de le déclarer les scientifiques de Air Santé Climat (1), en plus de fragiliser notre système
immunitaire et de nous rendre plus sensibles aux infections notamment virales, la pollution de l’air permet également une
meilleure diffusion et donc une meilleure transmission des agents pathogènes tels que le coronavirus.
Cela est connu depuis longtemps pour le SARS et les virus de la bronchiolite, mais a également été récemment démontré pour le coronavirus en Italie avec davantage de transmission et de propagation du virus en fonction des taux de particules fines. Les particules fines servent de vecteur au virus qui se déplace d’autant plus facilement lorsque l’air en est chargé. Elles peuvent voyager sur plusieurs kilomètres et donc transporter également le virus sur de longues distances !

Grâce au confinement actuel, celles issues du trafic routier et de l’activité industrielle sont très réduites. Par contre, en
Bretagne et dans la partie nord de la France (2), de mars à mai, les épandages agricoles sont grands pourvoyeurs de particules
fines et responsables de pics de pollution. En effet, lors des épandages, l’ammoniac (NH3) va, en passant dans l’atmosphère,
réagir avec les oxydes d’azote (NOx) pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium.

La gravité de la crise sanitaire que nous vivons va nous contraindre à relocaliser notre nourriture et à envisager la sortie
d’une agriculture industrielle au profit d’une agriculture paysanne, biologique. Sans prise de mesures drastiques à l’encontre des cultures et de l’élevage industriels qui facilitent la propagation des épidémies, on peut redouter une nouvelle crise sanitaire
chaque année.

Aujourd’hui, vu la gravité de la situation sanitaire actuelle et en vertu du principe de précaution, nous demandons que,
d’une part, les épandages de lisiers et fumiers soient soumis à des conditions drastiques (interdiction d’épandage au-delà d’une
température extérieure de 18 degrés, respect des pentes maximum autorisées, enfouissement immédiat) et, d’autre part, que
les épandages de pesticides de synthèse soient suspendus comme étant non essentiels et aggravant la détresse respiratoire des malades du coronavirus.

Bonjour, laissez ici votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.