L’hôpital pour guérir, pas pour s’enrichir

Samedi 16 mai 2020, Une fois la crise du coronavirus passée, il y aura un « plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières » pour l’hôpital. C’est ce qu’avait promis Emmanuel Macron le mercredi 25 mars 2020 lors d’une visite à Mulhouse. A l’heure des déclarations sur le déconfinement, les mises en application de ces promesses risquent d’être encore attendues pendant longtemps par le personnel soignant…

En guise de remerciements pour tous ses sacrifices pour soigner les patient.e.s atteint.e.s du Covid-19 (heures supplémentaires travaillées sans compter, pas de respect des droits au repos et du code du travail…), ce ne sont pas des embauches et des conditions de travail dignes que l’état apporte à ce dernier, mais le retour à des politiques managériales où les tableaux Excel et les résultats d’activité mènent de nouveau la barque dans la gestion des hôpitaux. Encore une fois, le gouvernement nous montre à quel point les personnes ayant les postes les plus indispensables dans notre société sont celles qui sont traitées le moins dignement.

Car jusqu’à peu de temps avant la pandémie, le personnel soignant multipliait les manifestations depuis près d’un an (commençant par le service des urgences) pour attirer l’attention sur la nécessité de défendre expressément l’hôpital et le système de santé en leur donnant plus de moyens. Des cris de colère et de désespoir, auxquels le gouvernement a répondu par la matraque et les jets de gaz lacrymogènes. En effet, pour financer les moyens de répression, le manque d’argent publique n’existe jamais.

Comme dans de très nombreux autres secteurs, le gouvernement ne s’est pas montré à la hauteur du dévouement des travailleuses et travailleurs concerné.e.s : manque de personnel, pénurie de matériel de protection, saturation des services de réanimation… Ces dernier.e.s n’étaient pas du tout correctement préparé.e.s à la gestion de cette crise. Par contre, les exemples de dévouement du personnel soignant ne manquent pas : beaucoup de travailleuses et travailleurs en première ligne ont contracté le Covid-19 (au moins 1 174 salarié.e.s dans le domaine de la santé ont été contaminé.e.s en Bretagne administrative selon un article du Télégramme datant du 8 mai 2020), nombre d’entre elleux y ont succombé, même si les chiffres sont difficiles à estimer. Sans parler de l’impact profond sur la santé psychologique et la vie personnelle et familiale des soignant.e.s. Pour ce « surplus de travail », le gouvernement a décidé de verser à ces derniers une prime exceptionnelle entre 500 et 1500 euros. De quoi faire un beau plan de communication pour l’état, mais difficile d’imaginer que cela suffira à compenser toutes les souffrances endurées.

Les décisions concernant les hôpitaux ne devraient pas être prises par d’anciens banquiers, ne voyant les services publics que comme des gouffres budgétaires, mais par le personnel soignant lui-même, le seul véritablement capable de gérer et de diriger correctement les hôpitaux.

Une gestion locale et humaine de l’hôpital publique est indispensable pour être adaptée aux contraintes spécifiques de notre pays. C’est aux bretonnes et aux bretons de gérer les services publics de leurs pays. Un hôpital public en bonne santé est un hôpital libéré de l’état oppresseur.

Douar ha Frankiz – Pour une Bretagne Libre

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