Journée mondiale de l’éolien : et si on mettait fin aux idées reçues ?

La journée mondiale de l’éolien se tiendra le 15 juin prochain : l’occasion pour France Nature Environnement de tordre le cou aux idées reçues sur cette énergie, incontournable pour la transition énergétique. Car si les anti-éoliens se font beaucoup entendre, la réalité est bien différente.

« Dangereux », « inefficace », « inesthétique », l’éolien ?
Malgré une visibilité accrue dans des médias, les opposants au développement de l’éolien ne sont pas aussi nombreux qu’ils veulent bien le laisser croire. D’après les sondages, le soutien à l’éolien se renforce même. En 2018, 73% des Français indiquaient en avoir une bonne image, 80% pour ce qui est des riverains d’un parc éolien (Harris Interactive). En 2019, ils étaient 77% selon OpinionWay : la tendance est donc plutôt à un regard positif. Pourtant, des idées reçues ont la vie dure.

Tour d’horizon :

Oui, les éoliennes font du bruit. C’est pour ça que leur implantation est interdite à moins de 500 m des zones d’habitation : à cette distance, ce bruit est peu perceptible, de l’ordre de 35 dB. Selon l’échelle du bruit de BruitParif, c’est l’équivalent d’une chambre à coucher. Et les progrès techniques ne cessent de réduire ce niveau.

Oui, les éoliennes modifient les paysages. Est-ce beau, ou moche ? La dimension paysagère doit être prise très en amont, par des modélisations photographiques rigoureuses. Elle peut même être intégrée à des schémas territoriaux. Après, à chacun d’en juger. Ces énergies nous libèrent d’une production d’électricité fossile et nucléaire, dont on a souvent tendance à oublier les impacts « moches » et réels, générés ici ou dans d’autres pays par leur utilisation, leur extraction et leur transport.

Oui, il peut y avoir un impact sur la biodiversité, comme toute activité humaine. C’est pourquoi leur implantation doit être réfléchie avec l’ensemble des acteurs locaux et des citoyens, planifiée, en premier lieu, pour éviter les impacts sur la biodiversité, notamment pour les espèces patrimoniales[1]. Une fois construits, les parcs doivent être suivis, modifiés si des impacts sont identifiés. Il est parfaitement possible d’avoir des parcs qui par leur emplacement et leur gestion génèreront des impacts réduits.

Par ailleurs, les composants des éoliennes sont recyclables à 90% et ce recyclage sera obligatoire d’ici à 2023. La réglementation prévoit déjà une provision pour le démantèlement de chaque éolienne.

L’éolien, un pilier incontournable de la transition énergétique
La prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit une multiplication par 2,3 de l’éolien terrestre d’ici à 2028, objectif ambitieux de plus de 30 GW, nécessaire pour assurer la transition énergétique. Pour cause : la France est bien pourvue en vent, elle possède le premier gisement d’éolien terrestre en Europe et a déjà installé plus de 16 GW. Energie inépuisable, fiable et prévisible, mature technologiquement, dont les coûts ont baissé jusqu’en dessous de ceux du nucléaire, vertueuse du point de vue environnemental (faible empreinte carbone, recyclabilité forte), l’éolien est considéré dans tous les travaux prospectifs de référence comme l’une des principales sources d’électricité renouvelable.

L’éolien ouvre en outre la voie à une dynamisation des territoires d’implantation, tant en termes d’emplois (18 000 emplois existent déjà sur l’ensemble de la filière) que de retombées économiques locales. En pleine crise sanitaire, l’éolien a de plus montré toute sa résilience en continuant de fournir une électricité renouvelable quand d’autres moyens de production d’origine fossiles ou nucléaire étaient à l’arrêt.

Éoloscope terrestre : un outil au service du développement de projets éoliens exemplaires
Compte tenu de ses objectifs de développement et de la part significative que l’éolien devra prendre dans le futur mix électrique, l’exemplarité doit être l’objectif de tous les projets de parcs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il est indispensable que les projets intègrent rigoureusement la prise en compte de l’environnement, de la biodiversité, de l’implication et de la participation des collectivités et des citoyens, et qu’ils soient planifiés à différentes échelles territoriales. Des exemples réussis existent déjà, c’est sur eux qu’il faut s’aligner !

 

DÉCOUVRIR L’EOLOSCOPE TERRESTRE

Pour apporter des éléments de réponse et faciliter la mise en place des meilleures pratiques, France Nature Environnement a créé en début d’année l’Eoloscope terrestre. A la fois outil de dialogue territorial, d’aide à l’évaluation à destination des associations, mais aussi des porteurs de projets éoliens et des collectivités qui souhaitent mieux intégrer les enjeux environnementaux dans leurs démarches, l’Eoloscope terrestre répond de manière concrète à la question : que faire lorsqu’un projet émerge sur son territoire ?

En créant cet outil, France Nature Environnement entend favoriser l’implication de tous les acteurs pour un développement responsable et exemplaire de la filière, bâti sur le dialogue, ainsi qu’un processus d’amélioration continue des pratiques et des connaissances. La réussite de la transition énergétique est de la responsabilité de toutes et tous.

Pour aller plus loin


[1] Espèces protégées, menacées, rares.

 

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2 COMMENTS

  1. Bonjour,
    Qu’une association de défense de l’environnement reprenne et diffuse pour « argent comptant » les arguments commerciaux de l’industrie éolienne ne peut que heurter des militants confrontés depuis plus d’une décennie à une agression systématique par cette industrie des milieux naturels d’Occitanie, parmi les plus riches en biodiversité et en qualité paysagère (le paysage étant précisément l’expression visuelle des écosystèmes). A cela s’ajoute des comportements arrogants, méprisant les réalités sociales locales, voire même dans certains cas, les règles élémentaires de la démocratie. Nous avons lu et relu le fameux « éoloscope » dont vous faites la promotion. Nul doute qu’il a été co-rédigé avec un industriel (Boralex), ce qui revient, selon l’expression à « faire appel au renard pour être conseillé en aménagement de poulaillers ». Ne vous méprenez pas sur nos convictions. Nous ne sommes ni des maniaques des petites bêtes, ni des gardiens jaloux de nos jolis coins de nature. Si nous nous nous portons à la défense de la biodiversité c’est pour notre bien, notre vie, et même notre survie collective. C’est parce que le vivant est indivisible que nous prenons position et parole pour défendre la moindre zone humide, le moindre bout de forêt, la moindre lande, la plus petite haie, que l’on prétend détruire au nom de la transition énergétique. Ignorez-vous les stratagèmes cyniques mis au service de l’industrie : les dérogations à la destruction d’espèces protégées ? Nous sommes confrontés mensuellement à cette terrible réalité où, malgré l’avis circonstancié du Conseil national de protection de la nature, les préfets délivrent une dérogation. Le dernier arrêté en date (projet éolien à Arnac sur Dourdou en Aveyron) autorise la destruction de 60 espèces d’oiseaux et de 17 espèces de chiroptères ! Ce droit à détruire est inacceptable en raison du caractère catastrophique de la perte de biodiversité. Face à de graves atteintes aux écosystèmes des espaces naturels des Corbières, du Haut Languedoc, des Grands Causses, de la Margeride, du Piémont du Canigou, etc, les « bonnes pratiques » et « points de vigilance » de l’éoloscope apparaissent comme de bien tristes concessions à une industrie que a su se passer des services des environnementalistes pour obtenir toutes les dérogations nécessaires à son expansion avant tout économique. Nous ne désespérons pas d’être entendus pour ce que nous pensons être : des lanceurs d’alerte. Cordiales salutations
    Emmanuel Forichon, administrateur de l’association locale CALELH et de FNE Midi-Pyrénées

  2. Cet article est une véritable escroquerie intellectuelle ! Et je sais de quoi je parle, je vis à un peu plus d’un kilomètre d’une centrale de 26 éoliennes. Outre la faible productivité (facteur de charge de 20 à 25 %) de l’argent public gaspillé au profit de multinationales financières, de la destruction des paysages, l’éolien est un mode de production non écologique (chiroptères, rapaces espèces protégées détruits ), polluant (terres rares, recyclage impossible ou presque des pales et des socles en béton), et j’en passe…

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