Le ras-le bol des consommateurs contre Daddy

Vendredi 30 octobre 2020, Le ras-le bol des consommateurs contre Daddy

Alors comme ça, « le sucre est une plante » ? La marque Daddy a cru bon de nous rappeler (béotiens que nous sommes) d’où venait le sucre et prétend ne pas voir le problème, affirme-t-elle dans sa réponse à l’ONG foodwatch. Remontée contre cette campagne publicitaire foncièrement malhonnête, l’organisation de défense des consommateurs foodwatch a demandé au fabricant de la retirer car elle joue sans scrupules sur les amalgames, en dépit de l’impact de l’excès de sucre sur la santé et en plein retour des néonicotinoïdes dans les champs de betteraves à sucre. Trois grosses boulettes dans cette communication font monter le ras-le-bol des gens, qui en ont assez d’être pris pour des idiots. Daddy, gênée aux entournures, s’attèle à effacer les centaines de messages postés sur les réseaux sociaux depuis la semaine dernière tandis que la pétition foodwatch  lancée hier a récolté plus de 7500 signatures en 24h et cela grimpe d’heure en heure…

C’est une pluie de messages de gens choqués qui a déclenché l’action de foodwatch avec une nouvelle pétition visant Daddy. Le géant du sucre est allé vraiment trop loin avec sa dernière campagne de publicité qui met en avant le côté végétal de la betterave pour détourner l’attention sur les potentiels ravages de la consommation de sucre. Le tout dans un contexte où Daddy et les lobbies du sucre et des pesticides ont poussé pour revenir sur l’interdiction des néonicotinoïdes, ces insecticides « tueurs d’abeilles », autorisés mardi dernier par le Sénat pour la culture des betteraves à sucre.

Il n’en fallait pas plus à l’organisation pour lancer rapidement une mobilisation afin de dire à Daddy que, franchement, cette campagne de pub qui joue sur les raccourcis est déplacée. Plus de 1 800 mails et des centaines de messages ont été postés depuis le jeudi 22 novembre sur les réseaux sociaux de Daddy : une réaction massive et unanime de ras-le bol, embarrassante pour le géant du sucre qui s’est empressé de faire le ménage sur sa page Facebook mais dont foodwatch a conservé les traces

Cristal Union, maison-mère de Daddy, s’est fendue le soir-même d’une réponse inadmissible, selon foodwatch : loin de remettre en cause ses publicités et leurs amalgames, elle feint d’ignorer les problèmes et ose même invoquer l’humour pour défendre ses slogans.

« Le sucre n’est pas une plante mais issu d’une plante, une nuance qui a son importance ! C’est comme si Daddy cherchait à faire croire que la consommation de sucre est aussi bonne pour la santé par exemple qu’un légume. Il y en a marre de ces publicités qui nous prennent pour des idiots. », souligne Camille Dorioz, responsable de campagnes chez foodwatch.

Le fabricant ne recule devant rien : « Au commencement, Daddy est végétal », clament les affiches. Le sucre peut, au final, surtout être redoutable. L’agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) est claire sur ce point : « L’excès de sucre peut entraîner surpoids, obésité et maladies qui y sont associées, comme le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et certains cancers ». Un enfant sur six en France est en surpoids ou obèse.

« Les gens ne sont pas bêtes, ils comprennent bien la tentative de manipulation derrière cette pub. Daddy se moque ouvertement du monde en tentant de détourner l’attention du vrai sujet : l’impact réel du sucre sur la santé et l’environnement. Nous ne l’acceptons pas ; c’est ce qui explique la mobilisation forte depuis hier. On ne lâchera rien », conclut Camille Dorioz.

Informations complémentaires :

  • Echange de lettres foodwatch et Daddy
  • RAPPELL’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande pour protéger sa santé de ne pas consommer plus de 50g de sucre libre voire de descendre jusqu’à 25g par jour. Ces recommandations de l’OMS ne concernent pas les sucres naturellement présents dans les fruits et les légumes frais, ni ceux naturellement présents dans le lait. Elles portent sur les « sucres libres » (glucose, fructose, et saccharose ou sucre de table) ajoutés aux produits et boissons transformés mais aussi les sucres naturellement présents dans le miel, les sirops, les jus de fruits et les jus de fruits à base de concentré.
  • Sucres dans l’alimentation, ANSES, 21/02/2018
  • Néonicotinoïdes : le vrai du faux 

 

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