La Ve République, un régime antidémocratique qu’il est urgent de remplacer

Dimanche 8 novembre 2020, Le texte qui va suivre est une partie de l’introduction de notre livret L’Assemblée de Bretagne selon l’UDB, une réponse pertinente à la crise démocratique, écrit par Maxime Touzé, membre du bureau politique. Il nous a paru pertinent de publier une partie de celle-ci au moment où la critique du centralisme français n’a jamais été aussi forte. Nous sentons monter des « territoires » un vent de fronde contre l’État jacobin qui décide de tout sans concertation avec les élu·e·s de terrain. La prise de conscience est urgente.

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Souvent appelée « monarchie républicaine », la Ve République est marquée par son hyperprésidentialisme. Que l’homme (jamais une femme…) en poste l’incarne plus ou moins fortement, il est établi que la concentration des pouvoirs aux mains d’une seule personne et d’une petite caste autour d’elle fait du système politique français un des plus centralisés au monde. Et, de ce fait, peu, voire pas démocratique.

Le péché originel

En 1958, la IVe République est aux abois, les crises politiques à répétition (22 gouvernements en douze ans) inquiètent les Français pour la stabilité du pays. Mais, surtout, la situation se tend de plus en plus en Algérie. Les rumeurs courent. L’armée – ou tout du moins une partie – préparerait un coup d’État, pour en finir avec cette république vacillante qui pourrait abandonner l’Algérie française.

Les réseaux gaullistes, qui étaient en attente depuis des années, se réveillent et soufflent sur les braises. Ils font ressortir l’idée que seul un homme (toujours un homme !) providentiel pourrait sortir la France de ce marasme. Le Canard enchaîné retranscrivait l’état d’esprit de l’époque : « C’est lui ou les paras ! » Dans un contexte de pré-guerre civile, il est fait appel au général de Gaulle pour venir « sauver la France ». Ce dernier, qui attendait l’occasion depuis plus de dix ans, ne se fait pas prier. Mais impose ses conditions : un régime présidentiel, où l’exécutif prime sur le législatif, avec une constitution taillée sur mesure.

Cette constitution, celle de la Ve République, a été pensée par un homme pour un homme. Elle est adoptée par référendum le 28 septembre 1958. François Mitterrand évoquait « le coup d’État permanent » quand il parlait de la constitution de la Ve République. Il se drapera pourtant parfaitement dans les habits de cette république une fois au pouvoir. Le fait que plus de soixante ans après le même régime existe toujours dans un monde qui a tellement changé paraît totalement incongru et inadapté.

Le principe même de cette République est que le président en est la pierre angulaire et que son fonctionnement, strictement vertical, va toujours de haut en bas. L’élection présidentielle est donc vécue comme l’élection la plus importante de la vie politique française, puisque tout découle d’elle.

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« L’Assemblée de Bretagne selon l’UDB »

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