L214 demande l’interdiction immédiate de l’élevage de visons

Lundi 23 novembre 2020,

Hier, dimanche 22 novembre, le gouvernement a ordonné l’abattage de 1 000 visons dans un élevage de l’Eure-et-Loir, suite à la détection d’une contamination de ces mammifères à la Covid-19. L214 demande à ce que soit avancée l’interdiction des élevages de visons pour la fourrure, annoncée en septembre par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

Cette décision d’abattage massif n’est pas isolée en Europe et fait suite à celles des Pays-Bas, de l’Espagne, de la Grèce ou encore du Danemark, qui a commencé à tuer la totalité des visons d’élevage du pays, soit plus de 16 millions d’animaux.

Ces résolutions ont été prises suite à la découverte d’une mutation du nouveau coronavirus transmissible à l’homme chez ces mammifères, qui pourrait compromettre l’efficacité d’un futur vaccin humain.

Cette mutation n’a rien de surprenant quand on connaît la réalité des élevages intensifs : des cages exiguës, dans lesquelles sont entassés, dans une promiscuité absolue, des dizaines de milliers d’animaux génétiquement identiques. La proximité avec les humains constituant le terreau idéal pour les zoonoses, ces élevages sont des bombes sanitaires.

Le 29 septembre 2020, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, a annoncé qu’une fermeture progressive des élevages de visons allait débuter et serait obligatoire en 2025. Alors que 84 % des Français sont favorables à une interdiction (Yougov, 2018), qu’il ne reste plus que quatre élevages de visons sur notre territoire et que nos voisins européens les interdisent les uns après les autres, il est inconséquent que notre pays prévoie un tel délai d’application pour cette décision.

Le plan de sortie de l’élevage de visons annoncé par le gouvernement doit être immédiat : nous pourrons ainsi organiser cette sortie et éviter de nous retrouver, inéluctablement, dans la même position d’urgence que nos voisins, avec pour conséquence une crise sanitaire aggravée.

Il serait aussi aberrant de continuer à importer et commercialiser en France des fourrures étrangères, alors que nous sommes dans une situation de pandémie mondiale : encourager la production de fourrure dans d’autres pays ne supprimerait ni les risques, ni les conditions d’élevage désastreuses.

L’association L214 n’a jamais cessé de dénoncer dans ses enquêtes les dangers sanitaires de ces élevages et les conditions scandaleuses dans lesquelles sont élevés ces animaux semi-aquatiques : il est désormais temps que le gouvernement prenne ses responsabilités pour y remédier.

→ Voir notre enquête dans un élevage de visons (2018)

Pour Brigitte Gothière, cofondatrice de L214 : « L’interdiction immédiate des élevages de visons ne devrait plus faire aucun doute : les conditions d’élevage terribles pour les visons et les risques sanitaires avérés et bien présents sont sans appel. Il faut avancer la date d’interdiction proposée par Barbara Pompili.
Actuellement, il ne reste que les visons reproducteurs dans les élevages. Faire entrer en vigueur l’interdiction maintenant permettrait d’éviter de redémarrer un nouveau cycle d’élevage. Il ne manque plus que le courage politique ! »

 

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