Corse, BZH : le scénario catalan

Dimanche 3 janvier 2021, La fin d’année politique est mouvementée en Corse. Depuis la victoire historique des nationalistes en 2015, l’Etat français ne laisse pas le choix démocratique de l’île s’appliquer comme il le devrait.

Les deux dirigeants nationalistes, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, sont montés d’un ton en cette fin d’année. Un énervement qui a deux raisons principales : l’arrogance et l’obstruction de l’Etat français face aux institutions corses.
Dernièrement, le Conseil d’Etat s’est permit de faire sauter la demande de moratoire votée par l’Assemblée Corse concernant la mise en place de la 5G dans l’île.

Le 29 décembre 2020, Gilles Simeoni a haussé le ton sur les réseaux sociaux, à propos de l’attitude insultante du préfet de Corse lors de sa visite surprise à l’aérport de Bastia, dont la collectivité a la gestion.
Dans son discours d’ouverture de séance à l’assemblée Corse du 21 décembre 2020, Jean-Guy Talamoni a clairement appelé à « la rupture avec un système politique stérile qui cantonne notre majorité à une activité de pure gestion, une gestion au surplus entravée à chaque pas, par la préfecture. »
Pour ce faire, il propose une mobilisation pour un changement de stratégie des nationalistes, indépendantistes comme autonomistes, des partis comme de la société civile, pour répondre aux atteintes permanentes de l’Etat français aux nouvelles libertés corses.
Il semble donc que la Corse commence déjà à vivre ce qu’ont pu vivre les Catalan·e·s : une autonomie bafouée par l’Etat central, qui pousse les mouvements politiques et l’opinion publique vers l’idée d’indépendance.
En Bretagne, alors que la création d’une autonomie sur le modèle corse sera plus que jamais à l’ordre du jour des élections régionales à venir, nous pensons à Douar ha Frankiz que seule l’organisation claire vers l’indépendance nous permettra de construire de réels outils institutionnels et démocratiques bretons, sans entrave de la préfecture ou du Conseil d’Etat. Pour aller vers une société écologiste, féministe et démocratique, il est indispensable d’être libre de son organisation et de ses choix politiques.
Le président de région actuel, le socialiste Loig Chesnais-Girard, nous donne d’ailleurs raison. Dans le numéro de janvier 2021 du magazine « Bretons », il déclare à propos de l’Etat central : « Ils nous prennent pour des amateurs. » ; « Paris ne croit pas les élus locaux matures. » ; « Actuellement, je perçois un retour en arrière. Un raidissement. Une angoisse par rapport aux territoires. »; « La « province » est perçue comme incapable de gérer et d’assurer ses responsabilités. »

En Corse comme en Bretagne le constat est le même, mais la solution est bien différente selon les majorités. En Bretagne, régionalisme et soumission ; en Corse, une réponse claire et un désir de s’organiser pour que cesse la toute puissance de l’Etat central.
Comme les autonomistes et les indépendantistes Corses, nous appelons donc à la rupture avec le modèle politique français, en faisant monter les partis bretons et en visant la construction d’une Bretagne indépendante, définitivement libérée.

Douar ha Frankiz, pour une Bretagne libre !
douar-ha-frankiz@protonmail.com

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