Post-Brexit : faute d’autonomie politique en Bretagne, l’Irlande ignore les ports bretons !

Vendredi 8 janvier 2021,

La Région Bretagne, bien que propriétaire des ports de commerce de Brest, Saint-Malo et Lorient depuis 13 ans, n’a toujours pas les moyens de bâtir sa propre politique maritime. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas le pouvoir politique (par conséquent aucun pouvoir réglementaire pour orienter le transport de marchandises vers les solutions maritimes et fluvio-maritimes) et surtout pas le pouvoir budgétaire pour agir à la hauteur des besoins du territoire breton et de ses entreprises (le budget de la Région ne pèse que 4 % du total des dépenses publiques réalisées sur le territoire de la Bretagne administrative). Et pourtant, avec le peu de moyens budgétaires dont elle dispose, depuis 13 ans la Région Bretagne a davantage investi dans les infrastructures des ports de Brest, Saint-Malo et Lorient que l’État lui-même au cours des 40 années précédentes ! Mais une politique maritime offensive suppose aussi une chaîne logistique opérationnelle, intégrant notamment des solutions de ferroutage (camions entiers chargés sur des trains) ou de transport de conteneurs sur rail.

Aujourd’hui comme hier, le déficit de pouvoir dont souffre la Région Bretagne se paie au prix fort ! C’est le cas par exemple quand, après l’entrée en vigueur du Brexit, l’Irlande cherche des ports de commerce sur le continent pour ne plus avoir à passer par les ports anglais. On aurait pu penser que les Irlandais regarderaient vers la Bretagne… d’autant plus que la Brittany Ferries assure, à partir de Roscoff, une ligne régulière avec l’Irlande (Cork) depuis plus de 40 ans. Eh bien non ! On constate que l’Irlande semble ignorer les ports bretons, qui sont pourtant les plus proches, et s’oriente vers des ports plus éloignés comme Dunkerque (cf la ligne Dunkerque-Rosslare ouverte par la compagnie danoise DFDS depuis le 3 janvier) ou Cherbourg (cf le doublement des liaisons Cherbourg-Rosslare par la compagnie suédoise Stenaline depuis le mois de décembre).

En outre, est-il besoin de rappeler que, sans autonomie politique et toujours privée de la Loire-Atlantique au plan administratif, la Bretagne ne peut toujours pas s’appuyer sur le port de commerce de Nantes – Saint-Nazaire, dont le trafic représente pourtant trois fois le trafic cumulé de Brest, Lorient et Saint-Malo ? Un port de Nantes – Saint-Nazaire qui est sous gestion de l’État central, ce qui ne l’empêche nullement d’être marginalisé par ce dernier au profit du Havre, l’avant-port de Paris !

L’autonomie pour la Bretagne ne relève pas de l’incantation, c’est un besoin vital ! Car sans autonomie politique de la Bretagne, sans Bretagne réunifiée, pas de politique maritime à la hauteur des enjeux. Et priver la Bretagne de la possibilité d’utiliser ses atouts maritimes comme le fait l’État français hypercentralisateur, c’est comme priver un oiseau de ses ailes.

Pierre-Emmanuel Marais, porte-parole de l’Union démocratique bretonne

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