Pour être bilingue, l’Alsace doit d’abord reconnaître la réalité de son histoire !

Vendredi 8 janvier 2021,

Dans une longue lettre adressée le 4 janvier 2021 au président de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA), Unsri Gschìcht demande à Frédéric Bierry comment il espère amener les jeunes générations à se réapproprier notre langue régionale, alors qu’une histoire frelatée depuis 100 ans a progressivement installé un antibochisme ordinaire en Alsace.

L’attrait du bilinguisme peut-il se développer sur des bases germanophobes ?
« Parmi les attributions de notre nouvelle collectivité figure la politique de renforcement du bilinguisme dont vous ne manquez jamais de souligner l’impérieuse nécessité pour notre région. […] En effet, nous faisons tous le terrible constat de la disparition de l’allemand dialectal au sein des plus jeunes générations ». C’est par ces mots que le Dr Eric Ettwiller, président d’Unsri Gschìcht commence sa lettre, après avoir félicité Frédéric Bierry pour son élection à la présidence de la CeA. Avant de poursuivre : « Pour Unsri Gschìcht, l’explication [de cette déliquescence] se trouve dans la falsification de l’histoire de l’Alsace par un ensemble d’acteurs depuis 1918. L’objectif de cette politique délibérée et assumée est de nier le caractère germanique de notre culture. »

Un antibochisme ordinaire
Le dénigrement de la culture et de la langue allemandes, entamé au lendemain de la défaite française de 1870, a provoqué des conséquences aussi graves que durables dans l’inconscient collectif. Il a trouvé son paroxysme lorsque les Alsaciens furent, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, fortement invités à cesser de parler leur langue de plouc – tant il était « chic de parler français » – tandis qu’était diffusée l’ignoble équation « Alsacien = Allemand = nazi », jusqu’à instaurer en Alsace, un « antibochisme ordinaire » qui fait désormais partie du folklore contemporain de l’Alsace dégermanisée.
« Qui, monsieur le président, peut avoir envie d’apprendre l’allemand, quand Hansi le présente comme l’idiome barbare d’envahisseurs aussi mesquins que stupides ? Qui peut avoir envie d’apprendre l’allemand, quand le Mémorial d’Alsace-Moselle associe notre culture germanique multiséculaire à la « germanisation » par Hitler ? » interroge alors le président d’Unsri Gschìcht.

Des canulars en pagaille !
Pour étayer son propos, le docteur en histoire cite de nombreux exemples qui, n’étaient les conséquences dramatiques pour notre culture, feraient d’excellents canulars. La formule « L’Allemagne annexe, la France libère » – ou les méchants Allemands contre les gentils Français – résume à elle seule les fondements biaisés de notre histoire racontée par l’Education nationale, reprise en boucle par les grands médias, jusqu’à rendre honteuse leur culture – parce que germanique – dans l’âme et le cœur des Alsaciens eux-mêmes. Jusqu’à avoir honte de leur drapeau Rot un Wiss.

Histoire et bilinguisme, même combat
Eric Ettwiller de conclure : seul « un changement radical de discours, fondé sur la reconnaissance du caractère germanique de notre culture et désignant l’allemand comme notre langue régionale – et non celle du voisin – apparaît comme l’indispensable préalable pour refaire de l’Alsace une région authentiquement bilingue ». Et de solliciter un entretien auprès de Frédéric Bierry. La proposition, quasi immédiate, de Caroline Kellner,  conseillère spéciale Europe, transfrontalier et bilinguisme auprès du président de la CeA, de recevoir Eric Ettwiller est-elle de bonne augure ? Le président d’Unsri Gschìcht se plaît à le croire…

Lire la lettre d’Unsri Gschìcht au président Bierry

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