La situation des pêcheurs à pied inquiète la Confédération Paysanne

Les pêcheurs à pied professionnels ramassent les crustacés et fruits de mer comestibles sur les côtes bretonnes. Or ces derniers connaissent actuellement une situation administrative ubuesque

En octobre 2012, l’association Labour Ar Mor qui regroupe des pêcheurs à pied morbihannais a interpellé l’administration par voie de presse. Ils dénonçait les refus de la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) d’accorder des permis de pêche. Refus non motivés : le demandeur reçoit une réponse type.

Un comité de soutien a ensuite été crée, dont font partie l’association Ingalan* et la Confédération Paysanne.

En mars, et grâce à l’intervention du député Philippe Le Ray, l’association obtiennait un rendez-vous avec le service des permis de pêche à pied. Mais toujours pas de réponses aux multiples questions posées.

« Les décisions sont prises de façon arbitraire » s’insurge Jean-Marie Le Gal, président de Labour Ar Mor. Et de poursuivre : « sur quoi se base-t-on pour refuser un permis ? Il n’y a aucune justification socio-économique ! L’administration ne veut pas de nous ! On préfère privilégier le tourisme ! » . Ils sont près de 500 en Bretagne, dont 350 dans le Morbihan.

En 2012, la Confédération Paysanne a ouvert ses statuts aux « paysans de la mer » : « Nous voulons combattre la précarité des Pêcheurs à pied : quand on doit renouveller un permis de pêche tous les ans, ont ne peut pas s’installer durablement ! » explique Dominique Raulo, paysan à Muzillac et administrateur du syndicat : « Et puis, nous avons des problématiques communes : l’urbanisation du littoral, les problèmes de pollutions… ».

Et M. Le Gal de renchérir : « L’insalubrité des zones de pêches est un vrai problème ! La rivière de Noyalo a été déclassée car polluée. Principe de précaution : on constate, mais aucune mesure n’est prise pour y remédier. Le grand public sait-il qu’il pêche sur des zones qui sont peu salubres voire insalubres ? »

Sans permis depuis 1998, Jean Marie Le Gal braconne. Suite à un contrôle en février, il est convoqué au Tribunal et compte bien utiliser cette tribune pour poser les questions qui fâchent !

En mai, une visite sur site est organisée par Labour Ar Mor pour continuer à sensibiliser l’opinion sur leur combat.

« Nous prendrons le temps nécessaire pour étudier, d’un point de vue juridique, les incohérences et faire valoir nos droits ». Tenaces, les pêcheurs à pieds ?

*soutien au commerce équitable international et local 

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