Pour le Conseil de l’Europe : « le PKK n’est plus une organisation terroriste »

Nous reproduisons ici un article du site actukurde.fr, avec qui 7Seizh a un accord de partenariat. L’aspect cocasse de cette « dédiabolisation du PKK » est qu’elle est initiée par le groupe socialiste à l’assemblée parlementaire du conseil de l’Europe alors même que le gouvernement socialiste en France continue, par l’intermédiaire du ministre de l’Intérieur Manuel Valls, à criminaliser les militants kurdes installés sur le sol hexagonal.

L’observateur averti remarquera également que les organisations irlandaises, basques et corses  équivalentes du PKK et considérées par « terroristes » par le conseil de l’Europe n’ont pas été « déclassifiées ». Un oubli sans doute.

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a adopté une approche « neutre » sur la question kurde, selon laquelle le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) n’est pas une organisation « terroriste ».

Cette nouvelle approche est confirmée dans une résolution adoptée mardi 23 avril sur la base d’un rapport de Josette Durrieu(France, SOC), rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Les amendements du groupe de la gauche pour une approche neutre et équitable sur la définition du « terrorisme », visant le mouvement kurde, ont été approuvés avec 150 voix sur 161.

Le rapporteur a proposé notamment les termes « activistes du PKK » pour designer les membres du PKK et « le leader du PKK Abdullah Ocalan » pour designer le leader kurde emprisonné sur l’Ile d’Imrali depuis 1999, qui mène acculement des négociations directes avec le gouvernement turc pour une solution passifique à la question kurde.

Dans sa première évaluation de la Turquie depuis cinq ans, l’APCE a conclu que le processus de réformes législatives et d’évolution institutionnelle en Turquie est «en cours mais reste inachevé».

L’Assemblée salue « la reprise officielle des pourparlers initiés en décembre 2012 par les autorités turques avec le leader du PKK. Elle se félicite aussi du processus de recherche d’une solution, qu’elle considère à l’évidence comme la voie vers l’arrêt des violences et l’instauration d’un cadre pacifié pour le règlement de la question kurde. L’Assemblée sait que ce processus est fragile et devrait s’accompagner du retrait des activistes du PKK de Turquie. Un «comité des sages» de 63 personnes a été créé. L’Assemblée souhaite qu’il soit représentatif de tous les acteurs de la société et des différentes forces politiques pour soutenir l’aboutissement de cette initiative. »

Les kurdes demandent depuis longtemps à l’Union européenne la suppression du PKK de la liste des organisations « terroristes ».  Le politique « anti-kurde » des pays européens, notamment celle de la France, sous prétexte de lutter contre le terrorisme est l’un des principaux obstacles devant une solution pacifique.

En conclusion, l’Assemblée rappelle que la Turquie est actuellement dans une phase d’évolution politique et que le contexte géopolitique est particulièrement délicat. Dans sa resolution, l’Assemblée parlementaire constate cependant que ce processus de réformes législatives et d’évolution institutionnelle est en cours mais reste inachevé.

« Ce processus pourrait également conduire à la rédaction d’une nouvelle constitution et à la définition d’un nouveau régime politique, que l’Assemblée appréciera le moment venu. Au demeurant, elle assure à la Turquie tout son soutien dans l’approfondissement de ces réformes démocratiques. »

Article d’origine : http://actukurde.fr/actualites/467/le-pkk-n-est-plus-une-organisation-terroriste-pour-l-apce.html

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