François de Rugy : Le rassemblement autour de « Libérons les énergies en Bretagne » est encourageant

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La plateforme « Libérons les énergies en Bretagne » rassemble chaque jour plus de signataires. Alors que les sondages indiquent une cote de popularité en chute constante pour François Hollande et son exécutif, les Bretons demandent des comptes. Au premier jour, des élus locaux avaient signé l’appel. Désormais, le député vert François de Rugy (co-président du groupe EELV à l’assemblée nationale) se joint à l’appel. A chaud, il dit pourquoi à 7seizh.

7seizh : Pourquoi avoir signé l’appel « Libérons les énergies en Bretagne »?

François de Rugy : D’abord et avant tout par fidélité à des convictions bien ancrées : la réunification de la Bretagne est une bonne façon de répondre aux défis de notre territoire (rapprochement des Universités, changements de modèles agricole, organisation des transports, question du littoral, de la pêche, de l’activité portuaire et des chantiers navals, etc…). À cela s’ajoute l’idée que la décentralisation est une des façons de remettre notre pays en mouvement en s’appuyant sur les initiatives citoyennes locales et les entrepreneurs impliqués dans leur territoire. Enfin, à l’heure de l’accélération de la mondialisation, on aurait tort d’ignorer le besoin de repères et les questions d’identité. Si on ne veut pas se résigner à une sorte d’uniformisation culturelle, qui provoque en retour des réactions nationalistes, la réaffirmation de la diversité culturelle et linguistique est plus que jamais utile.

 

7seizh : Pourquoi maintenant ?

François de Rugy : Alors que la crise économique ne s’estompe pas, bien au contraire, le pouvoir politique, impopulaire, peut être tenté de différer les réformes de structure. Combien de fois entend-on « ce n’est pas la priorité du moment » ou « est-ce bien la peine de prendre le risque de diviser encore les Français » ? Ma conviction c’est justement que seuls les changements de structures politico-administratives et le renforcement des sentiments d’appartenance qui créent de la cohésion et de la solidarité face aux difficultés sont de nature à nous aider à sortir de la crise économique et sociale. Du point de vue écologique, c’est encore plus vrai : ce n’est pas l’organisation centralisée qui nous permettra de conduire les changements importants (lutte contre le changement climatique, organisation des transports, changement de modèle agricole, etc…). Si cet appel, qui s’adresse autant aux décideurs politiques qu’aux citoyens, contribue à contrecarrer la tentation de la pause dans les réformes, il aura été utile.

 

7seizh : Pourquoi s’adresser au Président de la République ?

François de Rugy : D’abord pour le rappeler à ses engagements, parmi lesquels il y avait la ratification de la charte des langues et cultures régionales. À nous parlementaires, on nous dit que le Conseil d’Etat aurait émis des objections. Celles-ci, qui ne sont pas nouvelles, ne sont pas insurmontables : si nécessaire, avec des collègues députés comme Jean-Jacques Urvoas (PS) et Paul Molac (apparenté UDB), nous travaillons à un amendement aux réformes constitutionnelles à venir sur ce point. Et puis par ailleurs, le referendum alsacien a abouti à un blocage absurde : les Alsaciens ont voté très majoritairement pour la collectivité unique mais les clauses très particulières de la loi actuelle amènent au résultat inverse. Cela montre que malheureusement, il faut une impulsion d’en haut et une grande détermination du gouvernement.

 

7seizh : Vous n’êtes pas découragé ?

François de Rugy : Non, car en politique, il faut toujours être persévérant… Et le fait que des organisations assez diverses se soient rassemblées autour de cet appel est encourageant.

 

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