André Lavanant : « Economie – culture : même combat ou utopie ? »

Economie – culture : ce thème abordé de temps à autre, suscite toujours de l’intérêt dans nos organisations culturelles.

O combien souhaiterions nous être mieux compris par le monde de l’ entreprise, être bien reçu lorsque nous sollicitons des actions de
partenariat ou de sponsoring et resserrer les liens entre ces deux mondes différents !

Nous pouvons espérer que la plupart d’entre-nous travaille et se trouve donc employé, salarié, d’une entreprise, d’un service public, d’une association.

Quand l’entreprise faillit – le 1er maillon de la chaîne économique – toute la chaîne est fragilisée*. Services publics et collectivités resserrent les
boulons, nos associations culturelles, sportives, et de toute nature constatent ou sont sous la menace d’une baisse des subventions. C’est bien
le cas d’ailleurs depuis 2 à 3 ans.

La société bretonne est touchée, la blessure s’élargit. Doux, Gad, Alcatel, PSA…sont dans les médias. Et leurs sous-traitants qui comptent 5, 10, 20
salariés seront-ils présents dans ces mêmes médias quand leur tour arrivera ?

Un salarié touché, c’est une famille déstabilisée et quand les deux conjoints sont concernés, imaginez !

Des licenciements en masse ! c’est la vie associative, sociétale, communale qui est impactée.

Combien de nos amis militants dans nos associations culturelles seront touchés ? Peut-on penser qu’ils auront le cœur à  continuer à donner leur
temps bénévolement ? Le pourront-ils d’ailleurs ?

Nous qui participons à la construction d’une identité vivante en Bretagne (langue, musique, danse, théâtre, audiovisuel, patrimoine, animations
diverses…), allons nous rester EN DEHORS des préoccupations qui s’installent lourdement dans le paysage sous prétexte que nous nous occupons de culture ?
Allons-nous ignorer le danger de la perte du lien qu’on dit souvent breton ? Allons nous fermer les yeux sur les failles qui se creusent dans la société
bretonne sans exprimer notre solidarité ?

L’écotaxe vient alourdir encore ce tableau. Elle cristallise une partie de tous ces problèmes. Nous ne dirions rien ?

Des routes payantes aujourd’hui pour les poids lourds (mais que le consommateur paiera) et demain pour tous ?

Avons-nous des moyens de transport alternatifs à la route répartis sur le territoire breton ?

Savons-nous que cette nouvelle taxe sera détournée au profit des régions fluviales ou/et dotées déjà de transports ferroviaires sans parler du Grand
Paris ?

La Bretagne mérite t’elle moins que la Corse qui a une écotaxe à zéro € ?

Nos associations et fédérations culturelles doivent réagir. Elles ne peuvent rester coupées, étrangères à leur environnement.

Le tissus est solide lorsqu’il est bien maillé, le maillage c’est la solidarité entre les fibres et de la solidarité se dégage la force. Le monde
de la culture doit faire savoir qu’il comprend, qu’il partage.

Les maux sont les-mêmes. Nous nous battons pour une vraie décentralisation (acte 3 en cours d’échec, télévision bretonne, enseignement bilingue,
réunification…), pour « libérons les énergies en Bretagne », plateforme récente fédérant de nombreuses associations culturelles, syndicales et
politiques.

Alors !

Rester dans sa bulle culturelle ou plonger dans l’espace ouvert de la société bretonne et partager des idées et des projets avec ses compatriotes ?

Rester juges ou devenir acteurs ?

Alors, solidaires ?

André Lavanant

affiche-vivre-BZH (2)

* « Les Périples d’un consultant », Liam Fauchard, éditeur : D’autres
Univers.

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2 COMMENTS

  1. André Lavavant est assez intelligent pour ne pas connaître les réponses aux questions qu’il pose.
    Le mouvement culturel franco-breton se trouve face à une situation à laquelle il ne s’attendait pas : une lutte nationale s’est amorcée. Cette lutte est nationale car elle regroupe différents corps de métiers (cf le communiqué de Christian Troadec) de Bretagne. Lutte nationale ne veut pas, pour l’instant, dire lutte nationaliste. Et la nation bretonne, comme toutes les autres nations du monde, n’est ni de droite, ni de gauche, elle est ce que le peuple breton en fait.
    D’où le malaise parmi les bonnes âmes, qui n’y voient quasiment qu’un sursaut poujadiste.
    Le mouvement culturel franco-breton est antinationaliste, à peine est-il régionaliste, il ne peut donc pas comprendre la situation.
    Il est par ailleurs totalement inféodé au parti politique actuellement au pouvoir dans l’Hexagone, et n’ose se positionner contre lui (subventions et amitiés personnelles, voila une partie de l’explication), autre malaise. Et ceux qui ne font pas allégeance à ce parti sont rentrés dans la doxa écolo-bobo-décroissante-citoyenne du monde parisianiste.
    Le mouvement cuturel franco-breton ne fait pas société, il n’est même pas une société à lui tout seul. Il est hors-sol. Il n’est pas crédible. Il ne l’a jamais été.
    Ceux qui, à la fin des années 1960, créèrent Skol an Emsav en réaction à la génération précédente trustent aujourd’hui les postes depuis trop longtemps. Leur bilan est accablant. Il est globalement négatif.
    Une autre génération doit se lever.
    Nous avons soif de victoires.

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