Colères bretonnes : les autorités françaises sur les dents

Que s’est-il passé au Pont d’Elven hier ?

Peu de choses. Et pourtant. Rappel.
Début d’après-midi, cinq bonnets rouges se rendent sur le pont d’Elven, situé à proximité de leur domicile et sur lequel ils ont pris l’habitude de se rassembler depuis la fronde des bonnets rouges pour faire passer leurs revendications aux automobilistes. Au programme du jour, le soutien à Jo Baron, agriculteur condamné pour la destruction du portique Ecotaxe de Lanrodec et l’annonce de la grande manifestation pour la réunification le 27 septembre à Nantes. Comme moyen de communication directe, et ils le font depuis plusieurs mois, la banderole sur un pont au dessus d’une voie routière de grand passage. Avantage, une visibilité unique à très peu de frais.

Ordre du préfet !

Pourtant, alors que la nuit avait été agitée à Morlaix -des tonnes d’artichauts déposés devant la MSA et le centre des Impôts avant que les deux bâtiments soient incendiés- les autorités françaises semblaient fébriles et ont envoyé de nombreuses forces de l’ordre pour contenir les cinq militants sur le pont.

Les ordres du préfet étaient stricts : empêcher à tout prix que quiconque approche le portique Ecotaxe situé à une centaine de mètres du pont ! Une dizaine de véhicules de gendarmes sont donc rapidement positionnés autour des édifices. Les uns pour contraindre à ne pas se déplacer du pont, les autres pour surveiller le portique, et enfin les derniers pour attendre les renforts de Bonnets Rouges que les forces de l’ordre semblaient craindre. Les militants, eux, sont restés à cinq jusqu’à la fin de leur action et sont tranquillement rentrés chez eux en fin d’après-midi en prenant soin de saluer leurs gardiens.

A temps troublés, décisions troubles.

Le référendum écossais, la lourde décision de justice dans l’affaire des onze bonnets rouges à Rennes, une situation économique catastrophique et une quête désespérée de jours meilleurs, le cocktail est désormais explosif en Bretagne.

Ce matin, le parquet de Brest à ouvert une instruction dans le cadre des dégradations et incendies survenus à Morlaix dans la nuit du 19 au 20 septembre. Le commissariat de police de Morlaix et l’antenne de police judiciaire du Finistère sont chargés de l’enquête et ont lancé un appel à témoins. Aucune interpellation n’avait été fait au moment des faits et les autorités judiciaires comptent désormais sur la délation pour mettre la main sur les auteurs. Pas sur que les agriculteurs aient de la mémoire. L’enquête et les identifications devraient cependant être aidées par les nombreuses photos parues sur les réseaux sociaux et celles du Télégramme présent sur place depuis le début des opérations.

Le samedi 27 septembre, les revendications bretonnes à Nantes

A quelques jours de la grande manifestation pour la réunification de la Bretagne, les autorités redoutent désormais des actions d’éclat qui permettraient, une nouvelle fois, d’exprimer et de mettre en avant les nombreuses colères bretonnes.
Nantes, le 27 septembre à partir de 14 heures. place de la petite Hollande. La question sera… avec où sans choux et artichauts ?

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