Michel Delpech comme un air de rien, Jean-Louis Le Vallégant se souvient

Michel_Delpech_Cabourg_2012 CC BY-SA 3.0 Georges Biard
Michel_Delpech_Cabourg_2012 CC BY-SA 3.0 Georges Biard

Michel Delpech est décédé hier soir à 21 heures 30 à l’hôpital de Puteaux (Hauts-de-Seine), a annoncé son épouse juste après le décès du chanteur. Ce matin, les nécros prêtes depuis de longs mois défilent, unanimes. L’homme était aimé du métier et de son public, nous dit-on. Sur les réseaux sociaux, chacun s’agite et dit sa tristesse. Le métier s’associe à l’hommage et les témoignages fleurissent.

Jean-Louis Le Vallégant, musicien breton, se souvient d’un voyage en avion en 1994. Il raconte son voyage avec celui que tout le monde avait oublié.

 

« En 1994 Delpech est définitivement ringard.
Dans le hall de l’aéroport de Marseille, le cadran de la notoriété choisit Khaled. Le chanteur de Raï qu’il a été, est aujourd’hui alors que nous nous dirigeons sur Paris, encadré de son staff et d’une flopée d’aficionados.

L’embarquement : Devant moi un homme porte dans le dos une housse à costume. Les contrôles, puis l’accès à l’appareil : l’homme porte manteau prend place devant moi. Préalablement il a demandé à l’hôtesse de pouvoir ranger sa housse à vêtement dans le vestiaire de l’équipage. L’hôtesse poliment a rangé la housse et l’homme dégarni a pris place devant moi.

Son crâne dégarni au premier plan, à droite le couloir de l’Airbus, et Khaled embarque. Embrassades, autographes, sourire de diamant… comme si l’Airbus n’attendait que ce moment pour claquer la porte. Comme moi, l’homme de devant semble agacé, mais ne commente pas.

L’Airbus décolle puis une heure plus tard le haut parleur égraine température, merci d’usage, recommandation de ne pas se lever avant l’arrêt complet du manège. Comme s’il n’avait rien entendu, le porte manteau agacé se lève et pose sa grosse montre sur le dossier devant moi, un habitué. L’hôtesse gentille du vestiaire mute alors en sécuritaire Allien, intimant au porte manteau dégarni d’immédiatement s’asseoir. L’habitué s’exécute.
Il attendra, comme les autres il attendra que Khaled soit sorti de l’avion. Comme les autres, il s’agacera du temps que Khaled prendra pour son service après vente. Et à son tour, devant moi, l’homme sortira. Il récupèrera sans même un regard poli de l’hôtesse cerbère son vestiaire. Il sera encore devant moi sur la passerelle, alors que Khaled entouré bise tout ce qui bouge dans le couloir de verre qui succède aux portes automatiques. Je croiserai alors son regard de cocker dépité.

Michel Delpech ce jour là rentrait de gala.
Le cadran de la notoriété avait tourné.
Comme si un air de rien restera. »

 

BD 809 COULJean Louis LE VALLÉGANT // sonneur de saxophone

Autodidacte, musicien des croisements, talabarder, sonneur de saxophone, Jean Louis LE VALLÉGANT brasse fanfares, electro-world, samples d’ici et d’ailleurs, monde des jazz, virtuoses de village, sirènes musicales, bombardes et divas des quartiers. Il s’est fait d’abord remarqué en sonneur de gavotte  puis avec L’Intercommunal de François TUSQUES, ZAP Musique Piétonne, Le CHANT DES SIRENES / Mécanique Vivante. En 2008 il construit LES CONFIDENCES SONORES. Avec P’TIT GUS en 2015, il passe à la livraison de sa propre confidence dans un récit musical racontant sa quête artistique et personnelle.

Le 23 janvier à 17H00 Caudan médiathèque, présentation de l’itinéraire d’un gars du bourg : comment dire l’autre, comment se dire soi

Le 30 janvier à 15H00 Nantes Château des Ducs de Bretagne P’tit Gus : récit musical solo.

 

 

 

 

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