Aéroport Notre-Dame-des-Landes : la justice se prononce aujourd’hui sur les expulsions

Une mobilisation grandissante malgré les interpellations

tgi nantes1Depuis samedi et la grande mobilisation contre les expulsions de 11 familles et 4 agriculteurs de la zone du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes, les actions de protestation n’ont pas cessé. Depuis lundi, des opérations escargot et des barrages filtrants sont mis en place afin de rappeler que les opposants ont interpellé François Hollande afin qu’il prenne une position officielle. Lundi soir, 3 agriculteurs avaient été interpellés pour avoir franchi un barrage de gendarmes alors qu’ils souhaitaient rentrer dans leurs exploitations à l’issue de la journée d’action. Leurs tracteurs ont été enlevés et placés en fourrière. Ils avaient été remis en liberté dans la nuit. Hier, 19 personnes ayant participé aux opérations escargot sur le périphérique ont subi le même sort. Leurs 19 véhicules aussi. Les opposants ont été relâchés vers 18h15 après s’être vu signifié leur convocation au tribunal le 24 février prochain. En attendant cette date, les véhicules resteront en fourrière.

Une audience décisive

Ce matin, la mobilisation devrait être forte devant le tribunal de Nantes pour la convocation des familles historiques de la lutte anti-aéroport. Des tracteurs, des vélos surement. Mais surtout de nombreux soutiens viendront s’installer dès 10h30 sur le quai François Mitterrand. Ils ont prévu de pique-niquer. Et même si le temps ne s’y prêtent pas, ils ont déjà démontré dans le passé que la pluie où la grêle ne sont pas un obstacle à leur détermination.

fresneauErwan Lemoigne, un des avocats des familles présentera plusieurs nouveaux éléments. Il espère tout d’abord obtenir la saisine du conseil constitutionnel, car selon lui les procédures d’expulsion ne garantissent pas en l’état « le droit au logement » de ses clients, « aucune solution de relogement, ni d’aménagement de délai n’ayant été proposée ». Il estime par ailleurs qu’en cas d’expulsion « le droit au travail » serait bafoué car « les exploitants agricoles se retrouvant dépossédés de leur outil de travail ». Enfin, il entend rappeler l’égalité des citoyens devant la loi. Il estime en effet qu’elle « ne serait pas non plus respectée » puisque ses clients ne bénéficieraient pas des mêmes droits que les personnes qui squattent un lieu et il rappelle « Toutes ces normes figurent dans la convention européenne des Droits de l’Homme et sont opposables au droit français ». L’irrecevabilité de la procédure sera aussi mis en avant : « En l’absence de dépôt de permis de construire, il n’y a aucune urgence dans ce dossier. On n’est pas du tout au pied du mur. Le retrait des procédures, en décembre dernier, le prouve parfaitement. » insiste Erwan Lemoigne.

Prêts à aller jusqu’au bout

tgi nantesCe matin sera donc un temps fort dans le combat contre la construction d’un aéroport toujours plus controversé. Les opposants se disent près à donner leur vie pour que cet aéroport ne s’installe jamais dans le bocage. En 2012, les hostilités entre les opposants et les forces de l’ordre avaient amené un retrait de celles-ci. Aujourd’hui la détermination est intacte et l’enjeu l’a même renforcée. Si le tribunal devait prononcer un départ définitif sous astreinte financière qui pourrait s’élever à plus de 1000 euros par jour d’occupation supplémentaire, le conflit devrait se durcir durablement. Les opposants et leurs soutiens sont désormais prêts à aller jusqu’au bout.

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