Droit de retrait à Notre-Dame-des-Landes : pour Gilles Denigot « Avoir ou pas le courage du refus ! »

Avoir ou pas le courage du refus !

©Gilles Denigot
©Gilles Denigot

Le tribunal de Nantes vient de dire un verdict (presque)  sans surprise.  Les expulsions des habitants sont possibles dans deux mois, celles des animaux de suite. Chacun campé dans son intérêt particulier attend le feu vert de François Hollande.

L’instrumentalisation bat son plein. Retailleau sort du bois des habitants  propriétaires d’une maison en bordure de la zone du projet d’aéroport qui espèrent une bonne transaction  après avoir été début 70 expropriés par le projet du centre pénitentiaire de Nantes. Retailleau et bien d’autres accusent  de vandalisme des  habitants de la ZAD    bafouant ainsi toute cette présomption d’innocence accordée   partout et surtout aux élus politiques visés par des affaires.  Ou est l’enquête, qui peut affirmer qu’une manipulation est impossible ?  

Le PS local (et national) les yeux vissés sur 2017  emboîte le pas aux discours idéologiques « Vallsien »  sortant les muscles de l’autorité de l’Etat et du tout sécuritaire totalement inadapté aux réalités de NDDL. Une course s’est installée entre  Valss et la droite de Retailleau… sans souci de la pertinence du projet.

Mobilisation nationale

Les paysans et les citoyens vont se battre, la mobilisation va grandir et s’étendre partout dans le pays. Le pouvoir voit-il que jamais un conflit n’a autant mobilisé  sur la durée, que c’est un cas unique en France et que politiquement il conviendrait d’en tirer les enseignements.

C’est d’abord à Madame la Ministre de l’environnement de dire  comment elle peut mettre en place un « Plan B » qui est la seule source d’apaisement possible face aux risques pesant sur un projet illégitime.

Les recours juridiques ne sont pas épuisés , sauf à nier la continuité du droit  et seul le président Hollande peut le dire et ne pas créer une situation irréversible ou l’on détruit au risque d’être mis à mal par les directives environnementales européennes.

Le courage politique, c’est le droit de retrait dans les alliances avec le PS !

Enfin dans cette lutte, les élus opposés au projet sont nombreux. Mais que  font-ils, qu’attendent-ils pour  aller au bout de leur conviction ?

Comment peuvent-ils encore siéger  dans des alliances de majorité ou d’opposition pendant ces deux mois cruciaux accordés aux paysans ?

Si j’étais encore élu, je ferais valoir un droit de retrait  d’alliance pour un moratoire immédiat. Il est temps que la raison s’invite enfin et que soit étudié collectivement un Plan B pour les besoins en infrastructures aéroportuaires à l’ouest de la France. 

En politique j’aime bien que la cohérence soit aussi un critère…chacun se souvient de cette jolie phrase «  cette main là ne signera rien avec le PS si NDDL, etc… » C’était juste avant de devenir ministre !

 

Gilles Denigot
Ex élu municipal et conseiller général de St Nazaire
Gréviste de la faim en 2012
26 janvier 2016

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