ZAD-NDDL : inique verdict, F. maintenu en détention et Greg libéré mais sous contrôle judiciaire

Vendredi 8 février 2019, communiqué après le verdict de la cour d’appel de Rennes rendu ce matin :

Alors qu’un an après l’abandon de l’aéroport, Édouard Philippe est à Nantes pour faire le point sur la situation, le verdict de la cour d’appel de Rennes a été rendu ce matin : F. est maintenu en détention et Greg est libéré sous contrôle judiciaire. Nous sommes consternés et en colère face à cette décision inique. Si nous sommes soulagés que Greg ne soit plus en prison (ce qui est la moindre des choses), nous ne pouvons comprendre que F. et Ben y soient encore. Et ces privations de liberté sont d’autant plus incompréhensibles que le dossier se fonde sur les allégations d’un plaignant dont on peut se permettre de douter du fondement ; rappelons qu’il a assené des coups de hache à Greg, qu’il a menacé à l’arme blanche plusieurs personnes et qu’il se promenait depuis des semaines à la zad armé de cette même hache et d’un bouclier, effrayant pas mal d’entre nous.

C’est pourtant ce récit uniquement à charge du parquet qui a été répété point par point par la cour d’appel, prenant pour argent comptant des témoignages sous X relayant principalement des rumeurs. Nous le redisons alors : ce qui s’est passé le 5 octobre n’a rien de « l’éviction d’un radical indésirable ». Un homme s’est montré extrêmement dangereux, a fait peur à de nombreuses personnes, qui ont dû réagir sans attendre pour ne pas que d’autres coups potentiellement mortels ne soient donnés. Aujourd’hui, la justice voudrait dépeindre nos cinq amis comme des monstres, alors qu’ironie du sort, il se trouve justement parmi eux des gens qui depuis des années étaient très impliqués dans la médiation, le soin et l’écoute, qui recueillaient chez eux des personnes allant mal pour les accompagner. Qui à de nombreuses reprises ont organisé le suivi quotidien de certains habitants qui avaient besoin d’aide. Ce dont nous sommes punis aujourd’hui, c’est clairement du fait « d’avoir voulu se passer de l’état », c’est-à-dire en l’occurrence de n’avoir pas livré le plaignant à la police, laquelle n’a pourtant pas cette habitude de pratiquer le soin et l’écoute lorsqu’elle a affaire à des gens en peine, souffrant d’addictions ou de problèmes psychologiques.

Ceux qui sont punis depuis le 22 janvier, ce sont donc aussi les personnes de la zad que les inculpés aidaient et accueillaient. Ce verdict punit également leurs proches, leurs amis, leurs enfants. Il punit les mères qui devront s’occuper seules d’enfants privés de pères. Il punit leurs animaux, laissés aux bons soins des voisins qui s’organisent tant bien que mal pour qu’ils aient le nécessaire. Il punit toutes celles et ceux qui ont pris part au projet commun, désormais fragilisé par l’emprisonnement de compagnons qui venaient pourtant d’obtenir une stabilisation de leurs conventions d’occupation. Il punit un mouvement de lutte qui a eu l’audace de ne pas baisser la tête. Et qui ne la baisse toujours pas : le comité de soutien se réunit dès ce soir et va continuer à se battre pour que les vies de nos compagnons ne soient pas brisées.

 

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