Hàlt jetz mit’m Chirac !

Dimanche 13 octobre 2019, Unser Land s’élève contre les projets de plusieurs élus alsaciens de donner à des places et rues le nom de Jacques Chirac.

La période de deuil suite au décès de Jacques Chirac pouvant être désormais considérée comme close, il est temps que l’histoire reprenne ses droits sur les panégyriques et qu’on range la pommade. Unser Land rappelle au bon souvenir des élus jacobins pressés d’honorer leur défunt mentor quelques faits historiques. Nous nous limiterons à deux dates, celles de deux drames provoqués par Jacques Chirac dans le Pacifique français. À eux seuls, ces faits justifient qu’on laisse ledit Chirac descendre discrètement aux oubliettes de l’histoire :

En 1988, le défenseur des « peuples premiers », alors locataire de Matignon, ordonnait l’assaut de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, qui se conclura par la mort de 19 Kanaks et de 2 parachutistes. Le massacre de la grotte d’Ouvéa s’inscrivait dans la politique de répression du peuple kanak menée par Jacques Chirac.

En 1995, tout juste élu président de la République, celui qui déplorera qu’on détourne notre regard de l’incendie de « notre maison » — la Terre — lançait une campagne d’essais nucléaires en Polynésie. Inutile d’insister sur les conséquences terribles de cette démonstration de force pour les populations locales et leur environnement.

Alors, certes, Jacques Chirac aimait venir en Alsace honorer la gastronomie alsacienne, mais cela ne suffit pas à justifier un nom de rue ! Nombre d’autres personnalités pourraient prétendre à la même reconnaissance selon ce critère. Helmut Kohl, par exemple, originaire du Palatinat voisin, se rendait fréquemment en Alsace : lui aussi était un bon vivant. De surcroît il a marqué positivement l’histoire européenne en réussissant la réunification des deux Allemagne. Son bilan est bien plus reluisant que celui du « roi fainéant » qui présida la France entre 1995 et 2007. À quand une place Helmut Kohl en Alsace ?

Unser Land invite donc les élus alsaciens a un peu de discernement : même si un sondage réalisé à la va-vite pendant l’exposition de son cercueil place très momentanément Jacques Chirac à égalité avec De Gaulle comme « meilleur » président de la Ve République, ils ne doivent pas céder à l’émotion, ni à la pression médiatique, ni à l’opportunisme électoraliste. Rien ne justifie de couvrir notre région de plaques de rue au nom d’un président qui n’a jamais rien fait pour l’Alsace. Il a notamment refusé la ratification par la France de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, autrement dit : il porte une lourde responsabilité dans l’absence de statut officiel pour notre langue régionale et a sa part de culpabilité face à la disparition programmée du caractère naturellement bilingue de l’Alsace.

Er ruhe in Friede.

Andrée Munchenbach
Secrétaire fédérale d’Unser Land

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